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 Loving Angels? [PV]

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MessageSujet: Loving Angels? [PV]   Sam 7 Nov - 0:39

Ses lèvres se décollèrent lentement, il était si près que les fils dorés de ses cheveux touchèrent la peau de son vis-à-vis allongé. Le sol était froid. Ses doigts pâlirent et le quittèrent pour se poser sur le visage d’éther qui le considérait. Il devait avoir froid. Mais il resterait quand même sur lui, parce qu’il aimait l’être. Et il plongea ses yeux dans ce regard d’un bleu de glace. Un grand regard enflammé par un halo rebelle de caprices et de faux principes. Il y voyait le tumulte de la vie. Et il aimait ce regard. Il retint son souffle. Pour ne pas souiller le silence. Suspendons cet instant du temps. Figeons-le. Immortalisons-le. Ce bref instant de pure contemplation. Il ne l’aurait partagé avec personne d’autre.

Comment cela avait-il commencé ? « Je te déclare l’amour. ». A peu près. Il était juste tombé amoureux. Ca arrive n’est-ce pas ? Rarement, souvent. Qu’importait. Il avait « aimé » tant et tant d’autres mais Il ne souvenait pas avoir aimé quelqu’un avant lui. Lui. Cet enfant qui était resté figé devant la porte de la salle, le fixant inlassablement sans rien dire, rien faire. Juste son souffle et sa présence. Cela suffisait. C’est ce qu’il pensa. Puis il se rapprocha. Tendit la main, et d’un geste bref, presque brusque, il avait fermé la porte derrière eux. Et il avait déclaré l’amour.

Il y avait beaucoup de fenêtres, beaucoup de lumière, et un soleil rouge qui les écrasait. Et il y avait juste eux. Juste eux. Et qu’importent le soleil prétentieux et le sol glacé.

Tout se passa calmement. Lentement et sans hâte. Il s’était approché de lui comme on approche le feu, l’avait saisit par le poignet comme on saisit du cristal et il avait sourit. Non ce sourire large qui « mettait en confiance. » Il n’en avait pas besoin. Mais juste un sourire vague qui apaisait ses traits, parce qu’il en avait envie.

Et maintenant cet enfant était juste à quelques millimètres de lui. Et il le dévorait des yeux, comme on contemple quelque chose de précieux, quelque chose à nous. Il avait volé cet enfant à la vie, et il en était éperdument amoureux. Ses doigts bougèrent lentement, puis il se pencha.

Et il attrapa ses lèvres.

Et il oublia. Il oublia cette paperasse de cours et de devoirs rendus, il oublia tous les visages qu’il connaissait.

Et il se décolla de nouveau.

Et deux mots se posèrent sur ses lèvres serrées. Deux mots en retard, deux mots oubliés.


-Salut toi.


Dernière édition par Kioku Yagami le Lun 4 Jan - 19:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Sam 7 Nov - 18:57

You know…

It’s

a mad

day !


    Ça n’avait rien à voir. Rien du tout, songea Jude en appuyant pensivement ses doigts contre la porte vitrée de la salle de classe. Il devinait sans le voir le contour d’un corps, le visage penché sur le bureau, attentif, concentré, et déjà ses doigts tremblaient et il n’y avait plus aucun sens ni dans ses pensées, ni dans ses réactions. Ce n’était pas neuf, à proprement parler. Il y avait eu un début, même si Jude se répugnait à l’avouer. Un début. Rien que le mot le désespérait. A tout début, une fin. L’éternité n’existe pas, n’est-ce pas. Juste des simulacres, des enfants de la nuit qui croient à la mort et la conjurent vers eux. Oh, oui, la mort est immortelle. Et sans doute le sont-ils un peu aussi. Mais Judicaël Bates n’était pas de ceux là. Non, définitivement, Jude n’était qu’un enfant de l’instant, un papillon éphémère qui s’enflammait, qui s’essoufflait. Il voletait de droite à gauche et puis mourrait dans l’indifférence. Ca aurait pu arriver. Mais il parait que le Destin joue parfois des tours étranges. Comme cette porte qu’il avait ouverte un jour de grand désespoir. Un cour comme un autre. Apparemment. Et puis le refuge inespéré qu’on lui avait offert le reconstituait doucement. On. Lui. Et avec la protection arrivait la peur. Peur de tout perdre. Peur de se perdre et de le perdre. Il avait l’habitude. Comment disait sa mère, lorsqu’elle maquillait de rouge ses lèvres et que les grands yeux de Judicaël la foudroyaient du regard ? Ah oui. « Le serpent qui se mord la queue. » Il poussa du bout des doigts la porte, rattachant d’un air ailleurs une des barrettes qui maintenaient sa frange plaquée contre son crâne. Ah. Oui. Ne pas avoir l’air trop concerné, évidemment. Rester détaché au possible et même quand ce n’était plus possible. Parce que sous ses lèvres, parce qu’à cause de ses mains et de ses yeux qui le rendaient malade de désir, Jude ne pouvait pas « juste » baiser et laisser tomber. Non. Alors il se pressa contre lui, lui rendit son baiser comme si c’était la dernière fois qu’il se voyait, laissant naitre un sourire sur ses lèvres avec toute la simplicité du monde. Et puis voilà. Ça ne s’expliquait pas. Et il n’avait pas envie de l’expliquer, de toute façon.

    Ses doigts se nouèrent autour de la nuque de l’homme alors qu’il le sermonnait du regard. Une sorte de « Prend garde à toi, le vieux. » Une sorte.

    « Pas « toi ». Jude. Judicaël. Bates, si tu veux. Mais pas toi., chuchota-t-il en nichant son nez dans le cou de l’homme. »


    Ce n’était pas grand-chose. Juste une caresse à la dérobée, un sourire ancré au creux d’une fossette alors qu’il frottait son nez contre l’autre avec malice. Il s’écarta de lui, fit trois pas dans la salle, s’assit sur une des tables avec un bond souple, fouillant doucement dans son sac en bandoulière. Ah ! Ses doigts effleurèrent le paquet cadeau et un éclair alluma ses yeux alors qu’il le posait sur la table.

    « Joyeux non-anniversaire, Kio ! »


    Oh, évidemment, ce n’était pas grand-chose. Évidemment, aussi, ce n’était absolument pas une référence à Alice au pays des merveilles, non. Ou peut-être un peu. Il n’empêchait qu’il avait pensé au professeur lorsqu’il avait vu la gourmette dans la vitrine de la bijouterie du centre commercial. Alors pourquoi pas, hein ? Qui l’en empêchera ? Et puis il avait les joues un peu roses de faire ça. Et puis il n’avait plus l’air très sûr de lui, en fait. Après tout, c’était tout nouveau ça. Ca faisait belle lurette que Jude n’offrait plus rien. Et là… C’était venu spontanément. Comme un rayon de soleil entre les nuages noirs. Et ça lui serrait le cœur. Et ça lui faisait un peu plaisir, un peu peur. Et sa voix se brisa légèrement alors qu’il murmurait :

    « J’espère que ça te plaira. »
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Sam 14 Nov - 21:22

Judicaël. A chaque fois qu’il l’entendait, son cœur se serrait un peu, il devait se l’avouer. A chaque fois qu’il l’entendait, il ne pouvait s’empêcher de se retourner, et parfois ça l’énervait. Souvent même. Mais il ne pouvait justement pas s’en empêcher. Comme pour l’amour. Ça va et ça vient, et on ne peut rien y faire. C’était illogique, mais ça ne marchait pas avec de la logique. S’il y a bien quelque chose que la « science » ou la « logique » ne peuvent expliquer, c’est bien ça, en partie. Et c’est parce qu’il ne pouvait justement pas s’empêcher de penser logiquement, ça l’énervait. Judicaël. A chaque fois qu’il le prononçait il avait juste envie de le voir. De le revoir. Et à chaque fois qu’il le prononçait ça l’énervait, parce qu’il ne pouvait pas l’expliquer.

Bates, c’était trop formel. Trop Professeur/élève. Il n’aimait pas appeler les élèves par leurs noms, ça lui donnait l’impression d’être trop vieux. Alors de là à l’appeler, Lui, par son nom de famille. Hors de question. Jude. C’était court. Simple. Et il n’arrivait pas à le prononcer parfaitement, déjà. Sa mère avait été autant Anglaise que ce gamin mais elle ne lui avait transmis de ces origines que sa blondeur. Rien de plus.

Et alors ça l’embarrassait un peu, à vrai dire. De l’appeler, peut-être. C’était stupide. Incroyablement. Judicaël. Ce prénom devenait une obsession. Douloureuse. Alors il n’en pouvait plus. Juste l’appeler. Toujours l’appeler pour qu’il soit là. Qu’importe comment. Toi, Judicaël, ou Jude, même s’il le prononçait comme un idiot. Il n’en pouvait plus. Et il avait fallu que ce gamin lui déposât avec un air bizarre, tout chose, ce paquet enveloppé. Et il avait fallu que ce gamin lance en l’air avec autant de joie qu’il pouvait se permettre. « Joyeux non-anniversaire. » et puis quand il avait prononcé l’abréviation de son prénom, aussi. Et il sentit qu’il allait juste craquer.

Comment un cœur adulte pouvait-il battre autant comme s’il venait à peine de commencer à vivre ? Comme s’il était assoiffé de vie. Adulte. Avec lui il ne l’était plus, et il sentait qu’il ne l’avait jamais été. A être si…heureux de recevoir un cadeau. C’était enfantin, mais venant de Lui c’était tout à fait ordinaire.

"J'espère que ça te plaira". Évidemment que ça lui plaisait. Même s'il n'y avait jeté qu'un bref coup d'œil, même s'il avait regardé ce présent fixement, la gorge un peu serrée. Même s'il ne pouvait pas savoir ce que c'était tellement ça lui voilait les yeux, tellement ça lui pressait le cœur, même si c'était un peu douloureux, et un peu grisant aussi... C'est de toi, évidemment que ça me plait...

Lui aussi, il avait quelque chose pour lui. Deux cadeaux, à vrai dire. Le premier était tout simple, il ne pensait pas le lui donner aussi rapidement mais cet enfant ne lui en laissait pas le choix. Et il gardait le second, un peu plus…inattendu, ou peut-être attendu, pour plus tard. « Quand le feu serait dévorant. ».

-Moi aussi j’ai quelque chose pour toi. Un « merci » assez spécial.

Il se rapprocha de lui, lentement, sûrement, un peu tremblant. Ca le rendait un peu adolescent à vrai dire, mais il s’en moquait. Sans l’effleurer, il chuchota.

-Savais-tu qu’on pouvait dire « merci » autrement à certaines personnes ? C’est un peu plus long mais beaucoup plus beau.


Certaines personnes. Il voulait dire Lui. Toi. Judicaël. Et alors il murmura, un peu trop bas, et ça le faisait un peu rougir à vrai dire.

-Je t’aime.

Il allait le garder pour plus tard mais il avait craqué. Il se mordit la lèvre et ajouta, comme pour empêcher le silence de régner après ça, et parce qu’il était assez embarrassé.

-J’ai aussi autre chose… mais je laisserai ça pour plus tard.


Dernière édition par Kioku Yagami le Lun 4 Jan - 19:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Ven 25 Déc - 22:23

    Je t’aime. Je t’aime.J.e.t.’.a.i.m.e. Je t’aime ? Jude papillonna des yeux. Surprise. Ses bras glissèrent tout doucement du cou de Kioku. Ce n’était pas vraiment un rejet. Et encore moins un rejet de Jude envers Kio. Oh non. Loin de là. Mais le cœur de l’enfant suffoquait de ce sentiment, comme plongée dans une eau tellement brûlante que l’on en gèle. Il ne s’y attendait pas. Pas vraiment. Et ses yeux s’écarquillaient doucement, ne dissimulaient ni sa panique, ni son angoisse. Et il cacha ses mains tremblantes sous ses cuisses. Et son visage se cacha dans les replis du pull du professeur. Hey, toi, le crois-tu ? Ca n’avait aucun sens, qu’on l’aime, lui. Aucun. Il alla chercher les mains de l’homme, les serra très fort dans les siennes. Il n’en doutait même pas. C’était le pire. Il avait une confiance aveugle en l’autre. Et même sa mauvaise foi ne saurait le nier. Les paupières s’abaissèrent doucement. Comme un regret. Lui ne pouvait lui dire cela. Impossible. Ca se bloquait dans sa gorge, ça rampait. Ca l’étouffait. Et Jude se nichait plus étroitement contre lui. Sans mot dire, écoutant juste. Patiemment, attentivement. Tu sais, Kio… J’aimerai tellement pouvoir te le dire. Parce que Jude l’aimait. C’était indéniable. C’était indicible. Parce que le dire, c’était matérialiser ses peurs. C’était donner son cœur sans qu’on le lui arrache. Et l’adolescent le savait. Alors il se contentait de se nicher contre l’autre en murmurant des choses sans importance. Mais l’essentiel n’était pas là. L’important – et Jude l’ignorait – résidait dans ses actes. Il n’y a rien de plus expressif que le corps d’un enfant amoureux. Rien.

    « C’est un joli merci », déclara-t-il, les lèvres pressées contre son oreille.

    Il ne dirait rien d’autre, sans doute l’autre s’en doutait-il. Il embrassa les lèvres, sourit doucement, tendit les bras et puis s’abandonna. Comme toujours, rebelote. Et puis il s’écarta, posa les pieds au sol et glissa jusqu’à la porte. L’enfant eut un instant d’hésitation et sa main pâle tourna la clef. Porte verrouillée. Comme ton cœur, avant, Jude. Comme ton cœur. Il fit volte face pour coller ses lèvres aux autres, coller son corps contre l’autre. C’était souvent comme ça ; comme des retrouvailles. Comme s’ils ne s’étaient pas vu depuis des lustres, comme si un vide dévorant les aspirait.

    « Je veux tout de suite ma surprise, murmura-t-il contre les lèvres de Kio. Vraiment. Tout de suite. »

    Oh, bien sûr, c’était un caprice, un moyen de détourner la conversation. Mais ce n’était pas important, après tout. Pas tant que ça, si ? Et puis l’enfant disait « Je veux. » Je veux toi, ton âme, tes pleurs et tes peurs. Tout et rien à la fois. Il finit par lui déposer un baiser dans le cou, effleurant des lèvres la marque violette qu’il y avait laissé quelques jours auparavant. Parce que Jude était un petit flippé de première. Et un jaloux. Fondamentalement. C’était d’ailleurs plus ou moins par jalousie qu’il avait filé ici sans perdre de temps. Parce que son prof de français avait brièvement évoqué « Monsieur Yagami », que la pionne la plus belle du bahut trainait souvent par là et que – ah oui…

    « Elle est pas là, au fait, l’élève à qui tu donnes des cours de soutien ? »

    La question était pleine de détachement feint. « Je l’aime pas, cette fille. » avait manqué d’ajouter catégoriquement le jeune homme. Être jaloux, ok. Le montrer, hors de question. Trop compliqué à assumer. Trop compliqué même à gérer par la suite. Et pourtant. Pourtant, le nez plongé vers ses chaussures, il murmura :

    « Je l’aime pas trop, cette fille…, ses joues rougirent. Elle a trop de poitrine. »

    Jude ayant un complexe d’infériorité ? Noooon.
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Lun 4 Jan - 19:42

Avez-vous déjà vu un enfant vous dévorer du regard, en verrouillant le seul accès entre vous et le monde qui vous entoure, en vous emprisonnant avec hésitation et cette sorte d’envie capricieuse de possession et d’attention, alors que le soleil caressait le profond de son regard insistant ? Non ? Et bien dans ce cas vous ne pouvez pas imaginer le sourire qu’il esquissa en cet instant, oui, juste « esquisser », parce que c’était bref, flou et léger, et qu’en cet instant il se sentit un peu flotter. Il avait aussi brièvement répondu à son baiser, les pensées éparpillées un peu ailleurs. Un peu partout. Beaucoup trop « partout » pour un adulte, peut-être.

Il l’avait dite tellement de fois. Il l’avait aussi pensée tellement de fois. Cette phrase qui régit le monde, les humains. Cette phrase qui comprend tous les mots de l’univers. Et qui les résume en trois. Et pourtant. Pourtant cette fois encore c’était comme s’il la murmurait pour la première fois. Cette fois encore il savait. Ne dis jamais Je t’aime. Mais comment ? Quand ça brûle, quand ça te prend aux tripes et que ça te noue le ventre comme un creux qui se remplit. Quand tu les craches, ces trois mots, avec la douleur d’un quelque chose qui se brise juste au fond. Tu n’y peux rien. Absolument rien. Alors il l’avait dite, cette phrase. Tellement et tellement de fois, mais il l’avait dite pour la première et énième fois. Sans attendre une quelconque réaction. Sans espérer. Après tout, cet enfant ne lui avait-il pas appris, même indirectement, à ne jamais espérer ?

Espoir ? Oui. Peut-être. Depuis le début. Le premier regard. Le premier baiser. Il avait pensé que cet enfant était comme une plume, tu l’attrapes, elle s’envole, ne laissant sur ta peau que le souvenir d’une douce caresse. Et la brise la fait revenir à nouveau, cette plume. Continuellement. Oui, Judicaël était comme ça. Comme un souvenir flou qui nous revient en tête sans trop savoir comment, ni pourquoi, et qui s’envole tout aussitôt. Comme un mot coincé qui danse indéfiniment d’une lèvre à une autre, et qui ne veut ni sortir ni être avalé. Ou du moins, c’est ce qu’il pensait. Inaccessible, mais juste un peu. Alors il s’était appris à ne pas espérer. Ce serait plus facile, se disait-il. Et juste au moment où ça commençait à prendre effet, Judicaël brisa tout en tombant amoureux.

Souvenirs. Il s’était perdu dedans, quelle stupidité, manqua-t-il de murmurer. Judicaël avait parlé de la surprise, mais il n’avait pas vraiment entendu ce qu’il disait. Ah. Oui. La surprise. Non, il n’allait pas la lui donner « tout de suite », et il savait que ce n’était juste qu’un caprice. Il pensa que s’il la lui donnait là, maintenant, il risquait de dire des mots « pas dans leur temps ». Alors il se tut. De toute manière Jude avait déjà oublié son caprice et effleurait à présent son cou. Kio ferma les yeux.

Et il les rouvrit tout aussitôt à la question de l’adolescent. L’élève ? Quelle élève ? Des cours de soutien ? Ah. C’est vrai. Il prit un certain temps à réagir. Après tout, en disant cela, Jude avait en quelque sort déverrouillé la porte, laissant le temps fuir à travers son entrouverture. Il se rappela du« dehors », et de cette fille.

Jalousie… ? Judicaël était jaloux. Il écarquilla légèrement les yeux. Et se retira. Non pas qu’il se doutait de ça, non. Juste qu’il était un brin surpris. Il se colla contre le mur, le fixant toujours, et puis ses lèvres s’étirèrent en un sourire qu’il croyait « rassurant ». Elle n’est pas là, non. Elle n’a jamais été , Judicaël. Personne ne pourra l’être plus que toi, Judicaël. Mais il ne dit rien de tout ça.

-Tu vois bien qu’il n’y a personne à part toi.

Et il n’y en aura jamais.

Un enfant jaloux, c’est vaguement irrésistible, surtout si l’on en est amoureux.

Mais toi… ? Tu te permets d’être jaloux mais te rends-tu compte de l’amertume qui rendait chacun de tes baisers si précieux et empoisonné ? Evidemment, plus maintenant, mais avant, lorsque, aussi inaccessible que le va-et-vient d’une plume au vent, tu te donnais à d’autres, tu m’obligeais à partager alors que je n’avais jamais appris à le faire. Le corps ça se partage. Mais lui, et il ne l’aurait jamais avoué à l’époque, voulait plus que ça. Et rebelote. Encore des souvenirs. Il avait de toute manière toujours pensé que son prénom lui allait à ravir. Et alors, le sourire toujours aux lèvres, il détourna son regard et se perdit. S’oublia. Mais ne l’oublia pas, lui. Et il murmura, tout simplement.

-Moi non plus, je ne les aimais pas trop, tous ces garçons
que je ne connaissais pas et qui venaient te chercher à la sortie du lycée.


Pourquoi remuait-il à nouveau tout ça ? Il se sentait juste un peu obligé de renvoyer la balle.

Oh et puis qu’importe.
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Mar 9 Fév - 18:47

    Et Jude se prit de plein fouet la phrase. Comme un coup de poing en plein ventre. Un hoquet douloureux perça ses lèvres alors que ses doigts cherchaient prise vaine sur la table de bois et de plastique. Il aurait savoir qu’on ne pardonnait pas comme ça. Que ses frasques n’avaient pas disparu. Il lança un regard farouche à Kio. Malgré les larmes qui dévoraient les pupilles bleus, ce lac au milieu d’un visage empli d’une sorte de fierté, empli de défi. Des yeux qui sombraient et une bouche qui murmurait : « Allez, vas-y, piétine-moi. » Essuie-toi les pieds sur mes sentiments, mon amour. Quelle importance après tout ? Ce ne serait qu’un simple retour de chose. Et Jude comprenait. Tout du moins, plus ou moins. Ca n’empêchait pas d’avoir mal. Ca n’empêchait pas de vouloir se rouler en boule dans un coin, d’exploser sa cage thoracique pour faire sortir ce cœur qui meurt à chaque blessure. Mais Jude n’en dira rien. Mouvement sec de la tête, les larmes qui coulent, qu’il efface d’un geste vif. Il saute, s’assoit, tourbillonne plus loin, finit par s’asseoir sur une chaise, par le toiser d’un air absent, d’un air insolent, presque. Il soupire. Il s’affale sur la table, ses doigts passant dans ses cheveux comme un geste rassurant. Sauf que ça ne le rassure pas. Pas vraiment. Il releva lentement les yeux vers le professeur, balança un instant les pieds et puis ferma les yeux.

    C’était tellement dur d’être courageux, lorsque l’on s’appelait Judicaël Bates que le jeune homme n’arrivait plus à se souvenir de la dernière fois qu’il l’avait été. Alors tu tends l’autre joue avec l’insolence des adultes à corps d’enfants, tu t’enfermes dans un jeu, tu t’enroules le cœur de barbelés. Et tu saignes, tu saignes, tu saignes. Ca entache tes doigts, tes joues, tes pleurs. Ca s’écoule de ton cœur et ça suinte. Parce que tu es toujours à vif, Jude. Ecorché vif. Comme le corps en plastique dont se sert ton prof’ de sciences naturelles. Ce corps dont chaque muscle peint en rouge semble crier à l’agonie. Et les mots te déchirent. Et tu braves un sourire, tu te redresses, tu glisses une mèche de cheveux derrière ton oreille pour faire « comme si ». Comme si les larmes qui coulent sur tes joues étaient tout à fait normales. Comme si ton mutisme était tout à fait normal. Comme si ce sourire forcé l’était aussi.

    « Je crois que je vais te laisser… »

    Ses pas qui vacillent. Les doigts qui hésitèrent sur la clef et le sanglot qui étouffa sa gorge alors qu’il essuie d’un geste machinal. Il les sentait à peine ses larmes, aussi ouvrit-il grand les yeux en les sentant contre ses doigts. Nouveau hoquet, Jude qui fit volte face, le regard fixé sur ses doigts.

    « Oh… »

    Et il se sent ridicule, il se sent mal. Et puis il s’écroule contre la porte, roulé en boule, secoué d’incontrôlables sanglots. Comme un enfant. Comme ce jour-là. Il était rentré chez lui, avait sourit, avait feint. « Mais oui tout va bien ». Mon œil, oui. Et puis il s’était roulé en boule contre la porte de sa chambre et avait pleuré tant qu’il le pouvait. Et tout recommençait. Parce qu’il en avait mal à en crever de ce passé qu’il ne pouvait ni changer, ni modifier. « Si j’avais su ». Oui. S’il avait su. S’il avait su qu’il l’aimerait à ce point, s’il avait su qu’on l’aimerait autant, s’il avait su qu’il avait le droit d’être en paix. S’il avait su qu’il n’était pas destiné à n’être que la pute du coin de la rue. Alors peut-être qu’il se serait senti mieux. Peut-être qu’il aurait fait les bons choix. Peut-être qu’il aurait moins mal là. Peut-être qu’il pourrait avouer à Kio ce qui le bouffait de l’intérieur. Sentiments, passé, souvenirs. Toutes ces choses-là. Mais il n’avait pas su. On ne sait jamais ce qu’on devrait savoir. C’est tellement dommage. Tellement.

    Les ongles de Jude se plantèrent dans sa cheville alors qu’il tentait de ravaler ses sanglots. Alors qu’il tentait d’être digne. Alors qu’il tentait de ne plus céder. Mais c’était trop et il n’en pouvait plus. Alors il balbutiait des « Pardon » au milieu de ses sanglots quasi hystériques, des « Excuse-moi » terriblement sincères. Il aurait voulu lui dire « Je t’aime ». Il aurait voulu le lui dire. Le couvrir de ses sentiments. Mais il n’en avait pas vraiment le droit, si ? C’aurait été lui imposer son être entier à la place de son corps, cet être par trop souillé et dégoutant. Et il ne voulait pas. Sa gorge se serra à nouveau dangereusement alors qu’il évitait soigneusement son regard, alors qu’il menaçait de craquer encore plus, irréversiblement. C’était possible. Et Jude préférait l’éviter. Parce que ça allait être douloureux de se voir repousser. De se voir foutre à la porte, s’il avouait tout, s’il racontait. S’il recommençait à y mettre du sien. Et il poussa un gémissement de douleur. Yeux rouges, gonflés. Magnifique fin d’après-midi. Magnifique.

    « Je suis tellement désolé, tu sais… Tellement… », gémit-il en dernier recours. « T’aurais dû me laisser tomber à l’époque… T’aurais dû… »

    Oh, oui, Kio aurait dû. Et Jude pleura de plus belle à l’idée, les poumons incandescents.
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Dim 14 Fév - 15:57

Et parce qu’il pleura, Kio détourna les yeux. Il ne s’était vraiment pas attendu à ça. Il avait peut-être pensé que l’enfant essayerai de se « défendre ». Il avait peut-être cru que Judicaël lui dirait tout. Mais non. Quel adulte à cœur d’enfant. Grandis. Grandis. Et arrête de lui faire mal. Et tout ce temps, il n’avait rien fait. Il se contentait de le regarder sans le regarder. Voilà, c’est les conséquences de ta jalousie. De tes mots
trop directs. Alors le mot revient, toujours le même. Enfant. Possessif. Enfant qui ne pouvait pas oublier. Ca l’avait pris par surprise, cette réaction. Alors il se noya dans toutes les pensées qu’il chassait obstinément lorsque Judicaël lui souriait, sans vraiment le quitter des yeux, sans vraiment feindre de ne pas y penser. Il était un peu bloqué. Entre Jude qui souriait, Jude qui était à lui, Jude qui faisait l’enfant.
Entre Jude qui était enfant. Et Jude qui pleurait, à cet instant, en le
regardant, en le fuyant, en l’aimant. Trop. Trop mal. Quel maladroit. Alors il ne fit rien, et il avait mal. A son tour.


S’il avait dit ne pleure pas, il aurait paru vraiment immature. Confus. C’est à cause de toi, alors ne dis rien. Il ne dit rien, de peur de lui faire mal. Encore plus mal. Et alors il leva les yeux vers lui, et le fixa. Intensément. Désespérément. Regarde-le pleurer. A cause de toi. Et il avait mal, encore plus mal. Oui. Vas-y. N’arrête pas. Pleure encore. Punis-moi, mon amour. Fais-moi mal. Je le mérite.

Et s’il l’avait « laissé », à ce moment-là, il ne l’en aurait pas empêché. Et cette pensée lui fit mordre la lèvre. Il le voyait osciller, comme la plume qu’il ne pouvait pas attraper, vers la porte, dos tourné, et il ne l’aurait pas retenu. Et si tu ne reviens pas, je le mérite. Alors sa lèvre
saigna. Et il ne la lâchait pas, il ne la sentait pas. Retourne-toi. N’ouvre pas cette porte. Il ne l’aurait jamais dit à voix haute, et ça le déchirait. Et l’enfant se retourna. Et l’enfant s’écroula. Fondit comme ses larmes. Et Kioku le voyait peut-être, ce sentiment qui débordait. Des « pardons » dans l’air, qu’il ne comprenait pas. Et Jude perdait ses plumes, ses ailes trempées de larmes et de douleur, et les souvenirs qui les arrachaient. Alors Kio les rassemblait. Les rattrapait. Il n’avait pas besoin d’être pardonné. Peut-être pas. Kio lui en voulait. Oui, douloureusement. Mais ce n’était pas le fait qu’il avait fait ça qui le faisait souffrir. Mais juste cette vérité perçante qu’il savait depuis tellement longtemps. Qu’ils savaient tous les deux. Kio l’avait aimé dès le premier baiser, et Jude le sut. Et pourtant. Pourtant il lui faisait subir ça. Tellement contradictoire. Alors, es-tu coupable ou victime, Kioku ? Peut-être les deux. Peut-être aucun des deux. L’amour était peut-être cette guerre mortelle où aucun des deux camps n’est vainqueur. Aimer était peut-être un crime où les deux sont coupables, où les deux sont victimes. Il n’en savait rien.

Et brusquement, il fit un pas. Il s’approcha. L’enfant ne le voyait toujours pas. L’enfant ne le voyait peut-être pas. Kioku était peut-être
fier, mais c’était le genre de personne à perdre tout orgueil en amour. Voilà pourquoi il ne pensait pas à sourire, voilà pourquoi il ne s’essuyait pas le sang qui trempait sa lèvre. Voilà pourquoi il s’arrêta, au moment où Jude le lui dit. Et voilà pourquoi il l’empoigna lorsqu’il se noya dans ses sanglots.

Et il ne l’avait pas embrassé. Il était tellement près qu’il aurait pu le faire. Mais c’aurait été dérisoire. Inutile. Contradictoire. Je te fais pleurer et je t’embrasse. Non. Je te regarde. Je te fixe. Je te toise, peut-être. Quelle connerie.

« Tais-toi. »

Comment peux-tu dire ça ? J’aurais du ? Il aurait bien voulu le faire taire en l’étouffant de baisers. Mais ce n’était pas ses mots qu’ils voulaient arrêter. Alors il se pencha sur lui, et de ses lèvres en sang il cueillit ses larmes. Une à une. Et le goût du sang se mélangea à celui de la douleur de celui qu’il aimait. C’était sucré. C’était amer. Le douloureux poison de tes regrets, mon amour. Laisse-moi m’enivrer
avec, me tuer avec. Et puis une phrase lui étouffa la gorge, comme un sanglot.

« Te rends-tu seulement compte… »

Ne le dis pas. Abruti. Maladroit. Sa voix se brisa. Sa phrase avec elle. Alors il porta sa main à la poche de son pantalon. C’était peut-être le bon moment. C’était peut-être le plus mauvais. Il s’en foutait. Parce que ça l’avait traversé comme la seule réalité qui puisse exister à cet
instant là. La seule vraie. Et il savait qu’il se ferait peut-être rejeter. Il
avait le don de blesser, mais il ne savait pas consoler. Alors peut-être que cette réalité là allait dire à Judicaël tout ce que Kioku ne pouvait pas dire. Tout ce qu’il n’avait pas pu faire. Peut-être allait-elle arrêter ses larmes. Ou les réanimer davantage.

Et sa main lui présenta le petit trésor qu’ils avaient choisi ensemble.

« Tu n’as même pas besoin d’être pardonné, mon amour. Ni par moi. Ni par personne. »

Et c’était sincère. Et il le pensait. Plus de doutes. Plus de maladresse. Il restait peut-être cet adulte qui n’avait jamais grandi, mais à cet instant là il crut à quelque chose. Tellement fort. Et il ouvrit le petit coffre, lui prit la main, et glissa l’anneau à son doigt. Dans cette salle de classe tout à fait banale, il l’avait embrassé, blessé, lié à jamais. Comme si ça faisait taire tous les mots qui les rongeaient. « Tu es à moi à présent »
Plus de regrets. On est lié. A la vie. A la mort. Pour toujours. Et tout le
reste ne compte pas. Ni les excuses. Ni les souvenirs. Il n’y avait que cette réalité-là. En espérant que tu oublies, mon amour.

Il n y avait que ses larmes, son regard, et sa main dans la sienne. Alors il lui donna le deuxième anneau. Il lui donna son doigt. Il lui donna son cœur, sa vie, ses douleurs et ses bonheurs. Et comme il ne savait pas trop quoi ressentir, à ce moment-là, il ne dit rien. Et ses larmes coulèrent à leur tour.

Tu es tellement enfant.
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Dim 25 Avr - 15:25

    Et il se retrouvait là. Comme ça, d’un coup. Et sa gorge se serra tellement fort qu’il fut persuadé que plus jamais il ne pourrait parler. Ses doigts allèrent se blottir sur sa nuque, rampèrent, s’agrippèrent. Partir ? Non. Non. Non. Il aurait pu hurler. Qu’il était bête. Où aurait-il pu partir ? Qui pouvait seulement croire qu’il en serait capable ? Même pas lui. Un hoquet le pris. C’était toujours tellement compliqué, avec lui. Toujours. Depuis le début, Kioku avait tout encaissé sans un mot. Et Jude crevait de ce qu’il avait fait parce que c’était mal. Parce qu’il avait joué à pile ou face avec les sentiments de l’homme. Qu’il en avait rit. Et qu’il s’y était brûlé les ailes comme il ne l’avait fait que peu de fois. C’était fou de tomber comme ça. De tomber dans le piège, de tomber amoureux. Éperdument. Il en avait tout oublié. Ca lui avait lavé le cerveau, blanchit le cœur. Et puis il avait dégringolé son escalier d’insensibilité pour se retrouver projeté aux pieds de son amant. Il releva les yeux. Il essuya les larmes qui maculaient ses joues. D’un geste vif. Il effaçait les larmes. Il essuyait la peine. Tout doucement. Très lentement. Et ses yeux s’écarquillèrent doucement, bleus écarlate après l’orage.

    Un anneau.

    Ses joues rougirent doucement. Un anneau. Et je te fais mien. A l’infini, définitivement. Il effleura doucement l’anneau qu’on lui déposa entre les doigts. Un sanglot remonta dans sa gorge et ses bras passèrent autour du cou de Kio, le serrant avec force contre lui. Tout irait bien. Il n’y avait plus à avoir peur. Il n’y avait plus à pleurer de peine ou d’amertume et les larmes qui affleuraient ses pupilles n’était que le résultat d’un surplus de brusque bonheur et de tranquillité. Oui, Judicaël était heureux. Et Dieu seul sait à quel point cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas été ainsi. Il tâtonna à l’aveugle sur les mains de Kio, l’attrapa, embrassa ses phalanges et fit glisser doucement l’anneau le long de son doigt, l’air absorbé. Il se moquait bien de l’anneau en lui-même tant le symbole lui perça le cœur. Plus personne. Juste toi. Juste toi. Juste toi. Alors il essuya ses yeux air plus assuré, d’un air presque apaisé. Et ses doigts appuyèrent sur la nuque de Kio lorsqu’il alla coller ses lèvres contre les siennes en tremblant doucement. Plop. Comme un bouchon qui saute. Les yeux de Jude qui tanguent.

    Il ne s’interdisait rien, il ne s’interdisait pas grand-chose. Et dire « Je t’aime » à Kio l’avait toujours effrayé. S’il l’aimait, il ne fallait plus qu’il le touche, il ne fallait plus qu’il le souille. Et il savait pertinemment qu’il ne pourrait pas. Parce qu’il avait besoin de lui, de ses bras, de sa chaleur et de ce corps qui se serrait contre le sien, les nuits où il peinait à dormir, les monstres de trois heures du matin qui lui susurrait des horreurs, horribles cauchemars. Et là, il n’en pouvait plus. Il rougit, balbutia, s’interrompit et pencha la tête sur le côté, avant de lui murmurer d’un air un peu contrit, un peu absent et désolé :

    « J’aurai aimé être parfait… », souffla-t-il en se mordillant nerveusement le pouce : « Je t’aime tellement… »

    Et cela fut si fugace qu’il craint un instant de ne pas l’avoir dit. Alors son visage prit l’air douloureux de celui qui ne sait plus et il cacha son visage dans ses mains, tremblant de plus belle, avant de se laisser glisser contre la porte lorsqu’il sentit ses jambes le lâcher. Non non non. Ne dit rien, Kio. Il a juste peur, il est juste terrifié. Que finalement tu ne l’aimes plus, que cela ait été un jeu. Ou que tu penses qu’il prostitue son amour, un anneau contre des sentiments. Contre ses sentiments. Alors il se recroqueville sur lui-même, il attend le couperet et il courbe la nuque. Pourtant, il sait que le professeur n’est pas comme ça. Il l’a toujours su. Depuis le commencement, au premier baiser, au premier mot. Il l’a toujours su. Et c’est ce qui le rend si méprisable. Ses doigts se crispèrent tout doucement sur son visage et il garda la tête basse, le regard posé sur l’éclat qui brillait à son doigt. Ca ne partira jamais, n’est-ce pas ? Tout est là. Je suis à toi. Je veux l’être. Pour toujours, le seul, je vous en prie. Ses bras se tendirent vers Kio, il le tira vers le bas, enfouit son visage contre sa gorge en fermant fort les yeux :

    « Je t’aime, je t’aime, je t’aime, Kio… »

    Et sa voix hoquetait, et son corps tremblait. Et son cœur battait un peu plus vite alors qu’il se perdait contre lui, fou amoureux, fou tout court. Et les mots lui paraissaient tellement futiles face à ce qu’il ressentait que les larmes lui remontaient aux yeux. Frustration, frustration, frustration. Les mots n’avouaient pas le dixième de ses sentiments. Ses propres mots le trahissaient. Alors il ferma fort les yeux pour l’oublier, profitant de sa position pour oublier. Oublier les ennuis qu’ils pourraient avoir. Oublier le passé. Oublier les autres. Ses doigts serrèrent fort la main de Kioku alors qu’il lui déposait un baiser fugace sur les lèvres :

    « Désolé de n’être qu’un gamin souillé… »

    Désolé de n’être que moi.
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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Mar 29 Juin - 1:20

On avait déjà déroulé ces instants sans nous en rendre compte. Comme si on avait brûlé la vie. Comme si on avait couru trop vite, trop fort, sans jamais s’essouffler. C’est comme si au final il n y avait jamais eu que nous. Que tout ce que nous aurions connu n’était qu’un prélude, n’était que le background, que toutes les couleurs que nous aurions vues, avant les nôtres, n’étaient que le compte à rebours d’un chronomètre que ton regard aurait lancé. Combien de temps maintenant ? Il ne les comptait pas. Il ne les avait jamais comptés, les minutes, les instants, les secondes de souffle où on respire. Et le regard de Judicaël était à cet instant-là le même, le même qu’à chaque fois, le même que toujours. Celui qui pleure en ayant raison. Celui qui pleure parce qu’il ne sait que pleurer. Le regard qui pleure à défaut de pouvoir mourir. Et il avait tout brûlé. Plus fort qu’à chaque fois, plus fort que toujours. Il avait tout traversé, en un instant, tout traversé. Les instants qu’il ne comptait pas. Les instants qu’il gardait douloureusement. Judicaël les avait traversés. Judicaël avait dit Je t’aime.

Judicaël avait dit Je t’aime. C’était une pause, le temps s’arrêtait de couler. Et pendant un instant était-ce de la peur ? Maintenant qu’il l’avait dit, est-ce qu’il ne le pensera plus ? Voudra-t-il le dire encore ? Le dira-t-il encore ? Hey, Jude, ne gâche pas tout. N’empire pas les choses. Ne soulève plus ces questions. Enfant gâché, bousillé, imparfait, tellement faux, arrête de tout saboter, je t’aime. Et les Je t’aime de Judicaël qui pleuvent à n’en plus finir. Et tout du moins c’était tellement flou que ça semblait ne jamais finir. Il l’entendait encore. Il l’entendait encore alors que ses doigts se pressaient un peu plus contre sa peau. Et pendant un instant ça s’était tellement amplifié que chaque caresse était une douleur, que chaque mot qu’il croyait entendre en imprimait un autre sur son cœur et toutes ses veines. Et il s’excusait encore. Jusque là il n’avait rien dit. Il n’avait rien dit. Il s’était juste contenté de crever encore plus, à chaque fois, chaque mot. L’enfant se perdait contre lui, en lui, pour lui. L’enfant se perdait dans ses mots. L’enfant pleurait, pleurait, pleurait comme au premier jour, comme aux moments où il pensait avoir tout gâché, où il gâchait tout, mais il ne lui reprochait jamais rien. Alors pourquoi s’excuser ? Pourquoi s’excuser alors qu’il ne voyait que lui. Premièrement Je t’aime, déjà. Aussi mauvais pouvait-il être. Et de tous les visages qu’il connaissait il avait pointé le doigt vers le sien pour murmurer à n’en plus finir, à s’en étouffer, Ce sera lui, lui, lui, lui, et personne d’autre, alors pourquoi s’excuser ? Ce sera toi, Judicaël, que tu t’excuses, que tu t’en désoles, que tu te haïsses et que tu m’en haïsses en conséquence, ce sera toi, malgré toi, tant pis pour toi, tant mieux pour toi, et deuxièmement Je t’aime.

Et troisièmement Je t’aime. Quatrièmement, cinquièmement, Je t’aime. Toute une vie et ce ne serait même pas suffisant. Un corps humain n’est pas suffisant, les mots humains le sont encore moins. Insignifiant petit enfant perdu qui ne sait que pleurer. Il l’avait embrassé, encore une fois, le même baiser, le même qu’à chaque fois, le même que toujours. Encore et encore. A un moment l’homme avait cru tomber. A un moment il aurait voulu qu’il se taise. Pour qu’il réalise. Pour qu’il le touche. Pour qu’il comprenne que ce n’était pas que de la peur. Que ce n’était pas seulement des larmes mais que les mots agressifs, insuffisants, qu’il venait de balancer étaient aussi brutalement tendres qu’un Je t’aime insensé. Il avait fait un pas en arrière. Ce n’était pas un rejet. Ce n’était pas de la peur. Il cherchait les mots. L’enfant avait dit Je t’aime. L’enfant s’était excusé. L’enfant s’était perdu et maintenant il devait le retrouver. Et il n y avait pas de mots. Ou alors était-il trop maladroit pour les trouver, les avoir, ces mots il ne les avait jamais eus. Comment lui faire comprendre qu’il n’avait plus à avoir peur ? Je t’aime avait été dit tellement de fois que c’était devenu trop, maintenant. Qu’il craignait que ça n’aie plus de sens. Que Judicaël ne le croit plus, ne l’entende plus, et qu’il ne le dise plus jamais.

« Tais-toi. Gamin souillé. Imparfait. Je t’aime plus que tout. »

Saccadés comme les mots lui venaient syllabe par syllabe. Allait-il encore pleurer ? A les entendre on aurait dit un dialogue de sourds. Chacun parlait à en vider ses mots, mais c’était des mots à voix coupée, c’était le silence qui parlait. Et parfois ça s’échappait de leurs lèvres. Avait-il le regard d’un enfant ? Il le voyait dans les pupilles bleues qu’il croyait posséder, celles de Jude, celles qui pleuraient. Ses doigts s’étaient perdus et il ne voyait plus que ce visage, encore. Et puis il avait pensé que l’enfant se retrouverait encore seul, face à lui, avec lui, seul. Son corps fugitif et frivole qui le serrait quelques secondes auparavant, sans repères, sans rempart, perdu devant la porte grise, brisé d’erreurs et de mots brutalement recrachés. Il s’était approché. Et il avait rassemblé toutes ses peurs dans ses bras. Comme on tient un oiseau dont les ailes seraient brûlées. Ce n’était plus la plume, mais l’oiseau. Et il le serra tellement fort à l’en étrangler. Il était déjà brisé. Et puis, le visage contre son cou, il respirait ses cheveux, la même odeur, la même, toujours.

« On rentre ? »

Sous-entendu. Je t’aime plus que tout, on rentre ? C’était clair. Et il l’avait embrassé, sur le cou, sur la joue, sur les lèvres, partout sur ton visage, mon amour, les yeux fermés, sur tes paupières, et ça cille, ça tremble légèrement. Et puis un murmure contre sa peau. « Et si on restait ? » Ici. Dans une salle de classe à la fin des cours. Le soleil se couchait. Lentement. Aussi lentement qu’un baiser qui coule le long de son cou.

« Tu es à moi. »

Possessif petit enfant.

De vous deux, tu es le plus souillé.

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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Sam 31 Juil - 22:15

    Et il s’abandonnait à ses bras, tendait le visage sous ses baisers, gémissait d’être à lui, d’être enfin possédé. Et c’était clair, cette fois, c’était dit, il n’y avait plus de porte de sortie, plus d’échappatoire. Plus d’envols, plus de disparitions. Personne d’autre. A jamais. Ils étaient là. Ils étaient là, dans cette salle obscure, en plein milieu du lycée, sous le regard du soleil tombant. Ils étaient là, au milieu de la poussière, de l’odeur de craie, des bruissements des élèves qui s’échappent. Ils étaient là. Pour toujours. Ensemble. Tous les deux. Et pour rien au monde Judicaël n’aurait cédé sa place. Et pour rien au monde, il n’aurait laissé quelqu’un d’autre pénétrer ici, crever leur bulle de douleur et de rêve, de douceur et de fêlures. Alors il n’y avait plus rien à dire ? Alors, ça y était, tout était craché, tout était dévoilé ? Et il ne put que sourire, que s’enfouir contre l’autre avec joie. Gamin souillé. Au moins le reconnaît-il. Au moins est-il enfin lui. Ni angélique, ni démoniaque. Trop humain et imparfait pour être digne d’aimer. Trop humain et imparfait pour se résigner à la solitude. Et maintenant, toute résignation était impossible. Parce que tout résonnait dans sa tête, vrillait ses oreilles, aliénait son cerveau. Il y avait les « Je t’aime » illusoire, ces mots dérisoires. C’était tellement plus que ça. Tellement plus que ces lettres, que ces sens que l’on donne à des sons insensés. Trop relatif. Trop incernables. Et moi je. Je. Et moi je t’absolue ! Je t’aime comme ça, tu vois. Ce n’est pas relatif. Ce n’est rien de tout ça. C’est vrai, c’est unique, c’est entier. Il n’y a plus de conquête, il n’y a plus besoin, c’est tout entier qu’il choit dans ses bras. Parce que Judicaël était un enfant qui ne faisait jamais les choses à moitié. Qui aimait à en crever, de toute son âme, de tout son être. Parce que c’est un enfant de l’amour, de ceux qui ne peuvent aimer qu’absolument et qui ne peuvent se résoudre à haïr totalement. Alors il se blottit contre Kioku, appuya ses lèvres contre les siennes, glissa ses doigts dans ses cheveux, les yeux grands ouverts. Il le contemplait, n’en perdait plus une miette. Et à travers les dernières larmes, et malgré les yeux rouges et douloureux, il souriait à s’en crever le cœur, il souriait comme jamais.

    Judicaël n’avait jamais été de ces enfants tristes, comme peint en noir, qui ne sont que des ombres qui glissent au sol, visage mélancolique tourné vers le ciel. Judicaël n’était pas de ceux dont on voit les douleurs. Judicaël avait été dépravé, Judicaël avait été une catin, Judicaël avait été furieux, Judicaël avait été souriant, Judicaël avait été reconnaissant, Judicaël avait été beaucoup de chose. Mais, à première vue, Judicaël n’avait pas été heureux. Judicaël n’avait pas été triste. Et pourtant. Et pourtant. Ce n’était pas parce que ça ne se voyait pas, que ça n’existait pas. C’était terrible de penser ainsi, de condamner l’enfant à la frivolité par l’incapacité des autres à comprendre quoi que ce soit. Et pourtant. Et pourtant. Et pourtant voir sourire Jude ainsi était rare, précieux. C’était ce sourire d’enfant, ce sourire qui se perd comme les dents de lait qu’on abandonne sous l’oreiller, attendant une récompense de la petite souris. Mais la récompense ne vint jamais pour son sourire. Et Judicaël avait fini par l’oublier. Alors, maintenant qu’il traçait du bout du doigt le visage fin du professeur, il se demandait doucement si ce n’était pas ça, au fond, la récompense de l’enfance perdue. Et il rit doucement, à mi-voix, le visage planqué contre lui. Ridicule. Il s’en moquait. Ridicule. Il s’en foutait. Ridicule. Et alors ?

    Et alors Judicaël noua ses bras autour du cou de Kio. Et alors Judicaël s’humecta les lèvres, l’air pensif. Ici. Ou ailleurs. Chez nous. Là-bas. Quelle importance. Il haussa doucement les épaules pour toute réponse avant de, tout simplement, chuchoter au creux de l’oreille du professeur, les mains glissées dans l’encolure de son pull avec une certaine malice :

    « Ici ou ailleurs, je m’en fous. Reste avec moi. »

    Il ne réclamait rien d’autre, ne souhaitait rien d’autre, se foutait éperdument du reste. Reste avec moi et le reste, qu’il aille au diable. Reste avec moi, égoïstement, et partons loin. On s’en moque, des gens, des regards, des pensées. On s’en fout. Alors prend ma main, fuyons. Ici ou ailleurs, ça ne change rien. Partons. Ou restons là. Les doigts de Jude avaient migré sur le ventre de Kio alors qu’il ne pouvait détacher son regard de lui. Et, la gorge serrée, c’est plus pour lui que pour le professeur qu’il ajouta, tout, tout, tout bas :

    « Le lieu, aucune importance. Tant que l’on est ensemble… », il releva le visage, s’éclaircit la voix, parla plus fort : « Tu le sais ? Tu le sais, hein ? »

    Supplique. Le sais-tu, alors, Kio ?

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MessageSujet: Re: Loving Angels? [PV]   Sam 11 Sep - 20:36

Et s’il y avait des limites ils les avaient déjà franchies. Ils avaient encore une fois déterminées, brisées, traversées sans aucune hésitation, sans aucun bruit, juste la douleur d’aimer et de se savoir un peu heureux, d’un bonheur à la limite du danger. Mais c’était là les frontières de l’amour qu’ils avaient fait tomber loin, aussi loin que les rêves s’étendent, là où le les sens se confondent à la crainte, à la perte. C’était les bordures d’un terrain qu’ils croyaient exploré. Tout s’était concrétisé. Les mots avaient été dits. Et pourtant il ressassait, au fond, à l’intérieur, il répétait. A la recherche d’une certitude dont l’élan ne dépasserait pas un gouffre de neuf années d’existence. Neuf années qui ne seraient jamais assez grandes, assez lointaines pour créer une différence. C’était simplement les instants qui s’étaient suicidé sans lui, et ils ne remplaceraient jamais une quelconque maturité. Et ils ne pourraient jamais remplacer le regard aux abysses tempétueux de cet enfant de la vie, son enfant à lui, arraché à l’amour, victime consentante d’un vol sans punitions. « Et puis vole-moi. Envole-moi un peu ailleurs, un peu trop loin. Que je touche le ciel que tu as érigé pour nous. » Et c’était les espoirs un peu infondés, un peu timide d’être avoués. Une limite abolie. Et c’était la mort au-delà de leur ciel fabriqué. Parce que la mort est la dernière frontière. Parce que l’amour s’arrête à son bord et se suicide dans le vide de ses douleurs recrachées, de ses passions à court de mots.
Et parce que lui, l’enfant frivole qui n’aimait que trop, avait défié cette mort d’une maladresse. « Et même après la mort. » Et même après la mort nous n’aurons pas de cadavre. Pas de nom gravé sur une tombe. Aucune trace de pas sur la peau de la vie. Simplement un amour doux et ravageur, au dessus de tout. D’un Dieu arrogant s’il eut existé. Au dessus de l’aube et de ses nuances. Des ailes qu’il aurait inconsciemment accrochées aux doigts de leurs envols.

Et c’était certainement l’amour un peu fou, l’amour un peu niais. Celui des hommes et des petites prostituées qui croient en l’éternité.

Mais Kioku ne croyait pas en l’éternité. Non plus en l’amour, si on lui posait la question. Mais il te dira simplement qu’il est amoureux, que c’est un fait, une évidence, un absolu. Que le mot « croire » n’y changerait rien. Il te dira « Je l’aime » comme un point barre à la fin de la phrase. Quelque chose qui voudrait tout dire. Simple et bref résumé. Une conclusion pour l’enfant de déchirure, pour les lèvres faites pour l’amour.
Et son baiser ressembla à une déclinaison.
Tu es un ange déchu, tu ne le sais simplement pas. Judicaël. Le prénom qu’il graverait sur ses os le jour où vous franchirez la dernière frontière ensemble.
Hey, Judicaël. Sais-tu simplement ce que c’est qu’aimer un ange ?

Mais il avait un peu peur que son cœur ne soit trop étroit pour les ailes d’un ange. Parce que derrière les définitions on oublie ce qui compte surtout. Deux enfants un peu fous qui défient la mort et qui parlent trop souvent de l’amour. Un tableau sans originalité, sans caractère. Un drame amoureux et un peu romanesque. La vie qui se lit sur les regards étonnés. Dans un sourire un peu perdu entre les passions qui ravagent ses traits. C’était le sourire d’un ange. Un sourire oublié qu’on retrouve trop tard. Un sourire qui aurait chuté avec lui, tombé de l’Eden, exilé, renvoyé. Et alors la moindre de ses caresses s’envola avec ses plumes, ce n’était pas une perte. Et il ne fit rien, rien que l’écouter. Ce n’était pas un rejet. Le savais-tu, toi ? Ici ou ailleurs. Mais avec toi c’est toujours ailleurs, toujours le ciel, toujours en haut, envolés, sans métaphore, sans comparaison. Ici est ailleurs. Et il restera. Il restera là, debout, un peu comme un trop, un peu comme un tableau fixe. Il restera là envers et contre tout, avec lui, sans lui, et si l’autre est là il l’aimera, et s’il ne l’est plus il l’attendra. C’est un peu simple. C’est trop simple. C’est un peu un soulagement, une tendre réponse muette qui n’a pas besoin d’être donnée.

Et l’enfant défia encore une fois toutes les lois. Il ne le faisait pas exprès, certainement pas. C’était simplement le désir de dire ce qui nous pèse sur la conscience, de poser les questions qui effleurent l’esprit et qui s’échappent doucement des lèvres avec une fluidité sans permission.

Et toi tu le sais. Tu le sais, n’est-ce pas ? Demande sa petite voix déjà si lointaine. Et il le sait, oui. Il sait un peu tout, un peu rien. Il sait qu’il restera ici, qu’il sera ailleurs si tu le demandais. Que toi personne ne pourrait t’aimer plus que lui, plus fort, plus mal, avec autant de conviction. Et il le sait, qu’un amour comme ça ne pourrait être que rendu, qu’aimer Judicaël comme il le faisait, c’était aimer comme jamais. Cet amour là qui a commencé avec la pluie, qui a peut-être commencé avec son regard au détour d’un couloir.
Et pour seule réponse un seul mot qui pourrait être un murmure. Un baiser sur son front.
Encore une déclinaison.

« Oui. »

Il le sait.

Alors reste avec lui. Toutes les frontières sont déjà abolies.

___
Clos.
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