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 [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]

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MessageSujet: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Mer 20 Jan - 2:23


    Reste ainsi, ne bouge pas...
    Tu est un bon garçon, n'est-ce pas...
    Il ne faut pas avoir peur...



    L'avantage d'être fan des Oiran et donc d'être fasciné par le Japon depuis tout petit, c'était de faire au fur et à mesure des découvertes. Que l'on soit à Tôkyô, Nagoya, ou même un minable trou paumé, il semblait que tout était possible. Alors qu'à Londres, c'était autre chose. En même temps, en ayant pour réputation de pouvoir profiter aisément de tout le monde, il était clair qu'il connaissait chaque quartier de la capitale d'Angleterre. Tôkyô avait presque été rayée de la Carte Nevaeh, également. Il fallait partir en reconnaissance de cette ville-là, maintenant. Trop facile. Repérage des lieux. Repérage des proies. Les victimes, celles qui seront souillées avant même d'avoir pu jouir. Esquissant un sourire carnassier, il gambadait presque, un air envoûtant implanté dans le crâne, juste l'instant d'une chanson ambiguë. Même si les paroles étaient encore vagues. Il connaissait leur signification, mais il avait parfois du mal à les retenir. Bah, il pourrait se rattraper aisément dans un karaoké, à chanter les classiques anglais assez bien pour être le Roi de la soirée (et accessoirement se taper tous ses invités).

    Les rues étaient bondées, mais au fil de ses pas la population s'effaçait doucement, comme si elle était gommée d'un tableau, bien trop désagréable à regarder. La chanson dans sa tête prit fin, et il glissa ses doigts fins dans ses cheveux de feu, qui faisaient sa fierté. Ce jour-là, Nev' avait un but bien précis. Voir si le pays du Soleil Levant était vraiment le créateur et plus gros profiteur du bondage. Interesting. Omoshiroi, comme diraient les japonais. Après tout, c'était forcé qu'il y ait un genre de quartier, éloigné, où toutes les boutiques de plaisirs se juxtaposaient ou presque ! Merde, quoi ! Le métisse jura dans sa langue maternelle entre ses dents. Et au passage, il se retourna sur le passage d'un couple hétérosexuel, se demandant si un plan à trois ne les tenterai pas, à ces deux jeunes.

    Hell, 'faut se ressaisir !
    , pensait-il, secouant presque sa tête comme dans les dessins d'animations. Il fallait croire que ce chamboulement soudain dans son crâne explosé à coups d'amour propre l'avait mené au Paradis de Dieu. Une large rue s'étendait devant lui, lui crachant son plaisir en pleine gueule, lui proposant une ribambelle de portes. Sex-shops, clubs privés, love hotels, backrooms... Chacun avait de quoi faire. Les soft et les moins softs. Mais le British était davantage intéressé par la coutume japonaise au niveau sexuel. Il s'engagea dans un Sex-shop, le premier qui lui vint à vrai dire, n'adressa pas un regard au vendeur et partit d'office reluquer les articles.

    Cinq minutes de silence, pour les pauvres petites âmes en peine, s'il vous plaît. Aaaamen. Et le gros lourdeau qui servait de vendeur/caissier/pervers/troisième main lui beugla vulgairement un truc sans même bouger son gros cul de son tabouret bien trop petit pour le supporter. Peut-être un "J'peux vous aider ?" ou alors un "Dégage, tu fais fuir ma clientèle", au choix. En tout cas, Nevaeh haussa délibérément les épaules, remontant alors son Haori qui glissait de son épaule, quand l'autre insista, proférant alors des insultes que cette fois il comprit. Il lâcha les quatre articles qu'il tenait en main, les laissant s'écraser vulgairement au sol et fit volte-face, marchant d'un pas résolu vers ce troll mal rasé.

    « FUCK ! Tu veux quoi toi ? La ferme ! Je suis le Roi ! Et j'te viole quand je veux. Tu vas pisser dans ton froc quand je t'enfoncerai le plus gros gode de ta boutique entre tes fesses dégueulasses ! »

    Ce fut par un gros claquement sur le comptoir que toute la boutique fut mise au courant de la scène du pauvre Anglais. Les mains soudées au bois qui semblait louche, Nevaeh détourna le regard un instant, vers un coin de la boutique en retrait, qu'il n'avait pas remarqué en entrant. A dire vrai, c'était plus la silhouette qui s'y tenait qui le fit sourire. Parfait, voilà qui était satisfaisant. Il abandonna le gros tas à son triste sort, ignorant totalement ses rappels et croisa les bras, à un mètre de la personne qui serait sa proie. Une proie programmée de longue date.

    « Well, look at this. It seems there is a fuckin' stalker in Nagoya, that's a shame. »

    Il replaça correctement une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille et s'éclaircit la voix, ravi.

    « You pervert. Kitten. »


Dernière édition par Nevaeh E. Skyless le Mar 19 Avr - 20:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Mer 20 Jan - 15:29

Will you escape again ?
I’m not sure that’s a good solution.


    Kitten observait avec une attention redoublé la vitrine de la boutique à laquelle il faisait face. Pas qu’il n’en eut pas vu tonnes de semblables, seulement que celle-ci comportait un élément des plus particulier. Des corsets. De toutes sortes. De toutes formes. De toutes couleurs. Pour femme, bien sûr, mais, malgré son manque de poitrine, Kitten n’avait rien à leur envier. Il ferma un œil, concentré. Il n’avait pas une thune devant lui et malgré l’attrait qu’il avait pour les dits corsets, il se demandait si c’était vraiment une bonne solution de tout claquer maintenant et de ne plus rien avoir pour s’acheter du LSD à son revendeur officiel – qui ne lui ferait pas de prix, c’était certain : « Prêter à un drogué, c’est comme mettre du chocolat sous le nez d’un sugar addict, on ne le revoit jamais. », disait-il. Aussi, Kit n’avait-il aucun espoir. M’enfin bon. Restait plus qu’à choisir, Kittou, hein, ta came ou de quoi remplacer ton haut tellement troué qu’on dirait que t’as cousu quatre serviettes en papier entre elles. Alors ? Alors Kitten ne savait pas. Pas trop. Parce que quand même, le LSD, ça faisait un petit moment, hein. Et puis il en avait pas en avance. Pas du tout. ‘faut dire, aussi, qu’on prévoyait pas grand-chose à l’avance quand on cohabitait avec un carton plein de chatons, un parapluie troué et une poubelle dont le contenu était en train de pourrir, au fin fond d’une impasse sans lumière. Ouais bon ça faisait over cliché, là, mais fuck, hein, Kitten il kiffait les clichés, c’était over pratique pour effrayer les gens. Surtout un des élève, là, qui l’avait vu sortir tout merdeux de son impasse et qui l’avait retrouvé, totalement flamboyant, sur la scène de la salle de spectacles du lycée. Le gamin ça l’avait perturbé, il avait pas pu aligner trois mots. Du coup Kit avec ses yeux bien explosés comme il faut, ben ça l’avait un peu saoulé et il avait attaché le mioche à un siège par les cheveux. A son premier cours de l’année. Autant dire que ça lui avait taillé la réputation directement.

    Ce qui décida enfin Kitten à entrer dans la boutique ne fut ni un appel divin à la désintoxication ni même une brusque envie de respectabilité vestimentaire, non non, loin de là. Ce fut juste un éclat rouge écarlate qu’il capta du coin de l’œil, de derrière son rempart de mèches décolorées, presque blanches. Méconnaissable, presque. Rien à voir avec l’époque où… Il sourit en coin, parcourut du bout des doigts son tatouage, à moitié masqué par les lambeaux de son pull. Poussant un long soupir désabusé, il se pinça l’arrête du nez et poussa la porte de la boutique, les yeux mi-clos. Il ne savait pas trop s’il avait envie de revoir cet être nébuleux sorti de nulle part. Enfin de nulle part… De Tôkyô. Oui, de Tôkyô. Ce type qui avait disparu comme une fleur. Kitten haussa les épaules doucement. Bah… Sans importance, vraiment. Il se faufila entre deux étagères, pouffant de rire dans le creux de sa main en entendant le vendeur pester, rit encore plus fort en entendant l’homme lui répondre, lui balancer tout et n’importe quoi dans les dents. « Je suis le Roi ». Et moi le Pape, Bitch ? Redescend sur terre, abruti. Et puis non, finalement, ne redescend pas, ne viens pas vers moi. Vire de là, abruti. VIRE.DE.LA. Christopher serra les dents et croisa les bras, un pli soucieux lui barrant à présent le front.

    « Who is a pervert Mr Run-away-without-a-word ? I mean, “Oh, fuck, Nev’, what a surprise to see you here !” », murmura-t-il avec une ironie mordante.

    Ca pour une surprise… Oui c’en était une. Mais soit. Il esquissa un sourire hautain en croisant les bras, un haussement de sourcil malicieux sur le visage. Oh, certes, ce n’était que façade à son désappointement. Mais peu lui importait, après tout. Il claqua des doigts devant les yeux de Nevaeh, abhorra son plus beau sourire machiavélique et retourna à la contemplation béate des corsets. Vraiment, vraiment… Tous plus beaux les uns que les autres. Dur choix. Terrible, même et la présence de l’autre dans son dos ne faisait rien pour l’arranger. C’était stressant de retrouver quelqu’un qu’on pensait ne plus revoir. Terriblement stressant. Surtout lorsqu’on avait déjà l’air tendu en permanence. Surtout, oui. Il soupira.

    « Sois utile, tiens. Je prends lequel ? »

    Il pointa du doigt la rangée des corsets les plus petits, l’air vaguement fatigue. Ben oui, hein, ne nous leurrons pas, c’était terriblement épuisant de choisir. Et l’air absorbé de Kit ne laissait aucun doute à ce sujet alors qu’il laissait ses doigts glisser sur le tissu de l’un d’eux.

    « Ah. Au fait ! Did you follow me ? »

    Il secoua la tête d’un air faussement terrifié, manquant d’éclater de rire au passage.

    « You are a fuckin’ pervert Nevaeh. Don’t forget that. »
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 21 Jan - 21:40

I fought my way here to get you.
... So this is where you were hiding.


    Ah, tiens, revoilà l'air qui se pointait bien au fond de son crâne. Et passé en boucle ; le même air de musique, encore et encore. Comme une fuckin' réminiscence, un petit coucou du connard qu'était au-dessus des nuages. Nevaeh adressa un sourire espiègle à l'extorqueur américain de Tôkyô. C'était bien la réponse qu'il espérait entendre de la gueule un peu trop grande ouverte de Kitten. Quelque chose empreint de sarcasme, à peine masqué. Bien sûr que ça lui plaisait, tu m'étonnes ! C'était bien ce qu'il lui plaisait. Quelqu'un qui semblait si inaccessible. Nev' était fatigué des proies faciles. Exténué, même. Oh, il rêverait d'un challenge, d'un truc qui vous injecte de l'adrénaline direct dans le cœur. A la Pulp Fiction. Sauf que là il n'était pas question d'un roman de gare. Et puis d'abord, là, c'était un Sex-shop. Merde. Mauvais contexte. Et puis ça faisait pas trop roman à l'eau de rose, aussi. Juste un truc de série B, tellement malsain que c'en est merdique. La Belle et la Bête (de sexe). L'anglais perverti haussa les épaules, levant doucement les mains au ciel, feignant un air enfantin type « C'pas ma faute ». Parce que techniquement... Non, oui, ça l'était. IL avait pactisé avec le Diable, IL s'était fait prendre et virer. IL avait décidé de partir sans demander son reste. La honte pour un chasseur d'abandonner sa proie. La honte de ne pas avoir sa tête de félin hurlant clouée au mur de sa chambre. S'il avait été japonais, il aurait déjà été déshonoré. Rien à foutre, mec. Life is life.

    Dévisageant le petit bleuet devenu grand, il réprima un vilain rire. Comme s'il pouvait montrer tous ses vices à ce gars. This fuckingbloodyguy. Ouais, il se sentait bien de le séduire en étant naturel. Ou du moins, faux ET vrai, en même temps. Pour le perdre. Qu'il soit totalement largué. Trop facile. Ou pas ? Il lança un regard désinvolte vers les corsets, ne relevant pas le fait que même les plus petits d'entre eux avaient à être REMPLIS au niveau de la poitrine.

    « Long time no see, motherfucker. Maybe a few weeks ? »

    Mais ouiiiii c'était bon de jouer sur les mots ! Enfonce ton couteau ♥ Remue-le !

    « You don't have boobs. Sorry to break your dreams. But that one is the sexiest. Without hesitation. »

    Il empoigna un corset presque uniquement de dentelle, rouge, comme ses cheveux. Quelle ouverture d'esprit, pas vrai ? Quelle obsession, quel culot ! Malgré la diversité des corsets, ce sex-shop ne cassait pas des briques. Et vu la lubricité de certains clients, plus le gérant, bah ça ressemblait plus à un trou puant. Au moins il y avait trouvé un chat mal baisé, Hellyeah. Il le lui colla presque sous le nez et le détailla un peu mieux, posant ses mains sur ses hanches, dubitatif.

    « Mais je suppose que tu n'as pas les thunes pour l'acheter. Will ya steal it ? Tu n'aurais donc pas changé. Que fous-tu à Nagoya ? Tu m'as suivi pour m'assassiner ? Pour te venger ? C'est vrai que j'ai été un goujat de partir comme ça, vilain Nevaeh, vilain ! »

    A ces mots, Nev' se tapa volontairement la main, faisant ressortir sa lèvre inférieur, ouais, comme pour afficher un air coupable, genre comme les gamines, là.

    « Et comme je suis un pervers imbu de moi-même, je pourrais me taper le gérant pour que tu aies ton corset... Ou pas. J'accepterai de payer pour toi à une condition. Devine-la. »

    'Cause I'm a bitch and I want ya since months and months. Il était sa pièce maîtresse. Un chat errant ricain qui savait manier le cutter, ça ne se croisait pas à tous les coins de rue. Et en plus, il pouvait donner aisément des coups de griffe. Que du bonheur.


Dernière édition par Nevaeh E. Skyless le Jeu 11 Fév - 18:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Sam 23 Jan - 14:23

Dark butterfly on sweet skin,
Like a smile on your devil face.


    Kitten ricana intérieurement, haussant un sourcil des plus sceptique. Ce gars, là, cet abruti de première tenterait-il, par le plus grand des hasards de l’énerver ? Rien que d’y penser, il en gloussa, l’air un peu macabre, un peu hilare, ce corset rouge vif entre les doigts, dressés de toute sa taille face à un type se baladant perpétuellement en peignoir. Ridicules tant ils ressemblaient presque à des caricatures, catin et punk, regards entre deux et sourires cyniques. On prend les mêmes et on recommence, après tout, la vie n’était-elle pas un cycle, hm ? Tôkyô, cependant, était un bon souvenir. Dans l’ensemble. Il ignora d’un mouvement de tête absent la remarque à propos de sa poitrine parce que ça n’avait aucune importance. De toute façon, rendu là où il était, même se balader avec un corset baillant sur le devant ne lui importait guère. Il claqua de la langue, puis des doigts avant de lui faire signe de se pencher un peu – pas que Kit en ait eu besoin : il le dominait d’un bon centimètre, mais c’était toujours agréable de faire ployer quelqu’un devant soit, non ? – et lui susurra à l’oreille d’un air moqueur :

    « If you think I’m so desperate, you’re false, ya know ? I don’t need you, Bitch. Et tu peux te mettre ta condition au cul. »

    Il ponctua sa phrase de ce genre d’œillade emplie de défi qu’il maitrisait à la perfection. Au fond, ce n’était qu’un jeu. Oui, il n’avait pas besoin de lui et encore moins de sa thune – quoi que, mais Kit n’aimait pas la charité et encore moins être redevable à quiconque par la suite – mais il n’était pas mécontent de retrouver un visage connu dans la ville qu’il trouvait des plus mornes. Entre les élèves, les cours et ses poubelles, il n’avait pas vraiment eu le temps de sortir. A part pour détrousser une grand-mère, arnaquer le père d’un de ses élèves lors d’un rendez-vous parents-professeurs et… Ca devait être à peu près tout : son dealer venait lui vendre sa came à domicile. Ah les avantages d’être SDF… Il s’étira de tout son long, fit tourner l’étiquette du prix du corset entre ses doigts avec un air absorbé et finit par sourire en coin : nickel. Il avait pile assez ou à pas grand-chose près.

    « Regarde faire les pros, looser, et admire. »

    Clin d’œil à Nevaeh, son sac en bandoulière qui heurte fortuitement l’étagère des lubrifiants et la main agile de Kit qui en attrape un au vol pour le fourrer dans son sac. Au nez et à la barbe du vendeur qui se met à crier comme un cochon qui égorge alors que Kit s’agite dans tous les sens, le visage un peu blême et l’air le plus parfaitement désolé du monde alors qu’il réempile les tubes pour « se faire pardonner », en profitant pour en subtiliser un second. Kitten aurait pu, Kitten aurait du, se tourner vers la magie. Les mains blanches volètent apparaissent, subtilisent et disparaissent avec un naturel insouciant qui ne le trompe jamais. Et ses cheveux blond, et sa peau pâle et son sourire qu’il s’efforce de rendre le plus enfantin et innocent possible le classèrent directement dans la case : « étranger maladroit qui ne capte rien à rien. » alors qu’il faisait semblant de peiner à comprendre ce que le vendeur lui hurlait en japonais. Il était énervant mais pas dangereux. Ou du moins le vendeur le crut. Parce qu’après, Kitten se lança dans une négociation assez serrée du prix du corset, faisant sans doute mine de ne pas avoir bien lu comme par hasard. Résultat des courses, il finit par l’obtenir pour une bonne centaine de yens en moins – il n’y a pas de petite victoire et, avouons-le, la lame du cutter pressée sur la gorge du vendeur avait bien aidé bien que, pingre comme il l’était, il avait refusé de lui refiler gratuitement.

    Fourrant d’un geste machinal le corset dans son sac, il finit par retourner vers Nev’ en sifflotant, l’air un peu absent. Il repensait un peu – un peu beaucoup – aux quelques phrases prononcées plus tôt et son sourire se fit mauvais comme rarement il l’avait été en sa présence :

    « Ce que je fais à Nagoya, au fait ? Mais ça fait plus de six mois que j’avais prévu d’atterrir ici, figure toi. Tu te confères trop d’importance, bastard. Le jeu est fini. », il haussa un sourcil. Alors oui, le jeu ne faisait que commencer, en fait, mais le but était de déstabiliser l’adversaire, non ? « J’ai un poste de prof’ ici. J’enseigne à des abrutis comment faire semblant d’être un acteur talentueux. » Il agita sa main dans le vide avant de gratter son avant-bras recouvert de bracelets multicolores : « Et toi ? Tu fais quoi ? Tu te prostitues ? T’es dev’nu mac’ ? »

    Il ne put s’empêcher de ricaner à cette pensée avant de pousser du bout des doigts la porte du sex shop, inspirant une grande bouffée d’air frais et de faire quelques pas dehors. Hm… Suivra, suivra pas ? Kitten haussa les épaules : Sans importance. Ou du moins s’en convaincrait-il si Nev’ disparaissait à nouveau.


Dernière édition par Kitten F. Marlowe le Ven 5 Fév - 16:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Sam 23 Jan - 18:45

Ah, at long last I've found you !
My darling, beloved slave.
Now come and stand before me
And let me see your face.


    Oh non, bien sûr. Il aurait presque oublié ce tic quasi dérangeant chez ce type. Voir ça le fit même sourire, levant les yeux au ciel. Une bête de foire, voilà à quoi il ressemblait ! Ouais bon, lui aussi, mais lui se soignait. Hell, guys, with sex, what else ? Il n'en attendait pas moins de ce type tellement désespéré à Tôkyo qu'il en menaçait les vieux pervers avec un cutter. Si Nevaeh n'avait pas été addicted au sexe, peut-être aurait-il fait pareil. Mais c'était tellement bon de se taper des gens. Il lança un regard en biais vers le gros dégueulasse. Ouais, en fait nan. Autant regarder plutôt la technique de Kitten, parce que même pour tous les corsets du monde, il n'aurait pas osé se taper un truc de la sorte. Mais il ne se pencha nullement, il croisa juste les bras en ricanant, ignorant sa remarque au sujet de sa condition. Forcément, ç'aurait été trop facile. C'était mille fois plus fun de jouer au jeu du je t'aime, moi non plus -fuck!-, pas vrai ? Et une fois qu'il sombrerait enfin dans son petit jeu, se ferait-il à l'idée de partir comme pour tous les autres ? Avec dans l'esprit juste la fierté de l'avoir souillé un peu plus ? Quelle perspective intéressante. Alors qu'en temps normal, il prévoyait déjà comment il sortirait de scène, là, c'était flou. Merde, c'était pas qu'un brouillard qu'il y avait, c'était un blizzard total ! Mais c'était tellement excitannnnnnt ! ♥

    « On n'est pas pros dans le même domaine, c'est tout, Bloody Kitty. Tu pourras admirer l'artiste quand tu feras le voyeur, le jour où tu voudras juger des mes capacités avancées ♥ »

    Il n'en rajouta guère et croisa les bras, reculant même d'un pas pour lui laisser toute la place qu'il lui fallait. Il dut même réprimer un vilain fou rire quand il le vit piquer d'autres trucs à côté. Des doigts de fée, dites-moi ! Il roula des yeux lorsqu'il remarqua le vendeur se déplacer - difficilement - jusqu'au chat errant. Il n'en attendait pas moins de lui. Il avait toujours été admiratif du visage qu'il lui avait offert à Tôkyô. Genre le mec qui n'en avait rien à foutre de ta gueule mais qui acceptait un deal avec un pauvre hôte anglais paumé. Il attendait juste la sortie de l'accessoire qu'il avait rencontré auparavant aussi... Et il dévoila ses dents dans un sourire satisfait lorsque le cutter fit son apparition. Quel suspense merdique ! REMBOURSEZ ! Oh, ouais, qu'il s'imaginait en train de brandir le poing, et quelques minutes plus tard se jeter sur l'américain pour le violer de mécontentement. Nan, Bitch, ne choisis pas la facilité. Ça n'en sera que meilleur après. Il pouffa de rire lorsque la négociation fut terminée, applaudissant presque la larme à l'œil.

    Il ne répondit pas dans l'immédiat à ce sucker, préférant le faire languir. Et il le suivit. Non pas comme un vulgaire clébard fidèle, non, mais plus comme un pervers ? Après tout, c'était ce qu'il était, alors autant de complaire dans sa fonction, même si la présence de cet être spécial était différente que n'importe quelle présence. Les autres étaient des apéritifs en comparaison à ce plat de résistance au goût douteux. Il balança en guise d'au revoir une insulte en anglais au vendeur suivie d'un rire moqueur et se colla volontairement à Kit dans le but de l'enrager.

    « Comme c'est étrange. Le jeu est fini ? FUCK MY ASS ! J'suis là pour montrer à ces connards de gamins que l'anglais c'est pas du baragouinage. Professor VS. Professor. I like this idea, what about you ? »

    Il passa sa main dans ses cheveux, collant l'autre sur sa taille. Manquerait plus qu'il se désappe et ça y est, il était exhib'. Regardez-le, mon corps magnifique ! Bavez dessus !

    « Je serais ravi de relancer la mise, mec. T'es forcé de te coucher, face à ça, pas vrai ? J'pourrais peut-être me prostituer pour arrondir mes fins de mois... Mais je suis trop magnifique pour me vendre à n'importe qui, tu vois. »

    Son regard se posa sur une autre façade. Quoi, autant visiter un peu, lui, il voulait du bondage ! Jusque là, il n'en avait pas eu des masses. Lui faudrait-il proposer au blondinet qui l'accompagnait ? Il montra du doigt un bâtiment qui semblait, au vu de la façade, un tant soit peu spécialisée dans le milieu.

    « D'ailleurs je fais des recherches pour devenir une pute de luxe japonaise accomplie. Enfile ton corset, salope, et allons donc voir ! »

    Il ne jugeait pas important de lui demander comment était sa vie à Nagoya. C'était futile. Il avait juste fait pareil à Tôkyô.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 11 Fév - 17:44

A long time ago, there were a princess and a frog.
Now there is just a frog.


    Juste un pas de plus et Kitten le plantait. Nerveux à ne plus quoi savoir en faire, excité, tremblant, il inspirait de façon saccadée, le regard glacier fuyant vers d’autres horizons. Même si, oui, avouons-le, l’horizon, dans la rue, se limitait trop vite. Les devantures des boutiques et les japonais qui flânaient dans la rue. Il soupira, croisa les bras. Décidemment, Nevaeh ne semblait pas prêt à lâcher le morceau. Pas que ça agaçait Kitten, les victoires faciles, ça ne l’intéressait pas. Seulement, il devait avouer qu’il gardait une très vive rancune vis-à-vis de cet être débauché. Ils ne supportaient pas l’abandon, ce genre de choses. Il se garderait bien de lui dire, d’ailleurs. Mais qu’importe. Il s’étira, regarda une dernière fois le corset avant de le fourrer dans son sac, n’accordant aux mots de l’autre qu’un mépris proche de l’ignorance totale. Ses yeux luisaient d’une rage incertaine alors qu’il se tendait en sentant le corps de l’homme se coller au sien. Ne me touche pas. Les yeux qui feulent, la bouche qui se tord et les doigts qui se crispent sur le cutter tandis qu’il contemple Nevaeh qui se dessape. Toujours cette même putain de classe. Toujours. Il ricana, haussa une épaule, rictus amer, regard bleu. Toujours plus bleu, comme une meurtrissure sur son visage fin. Bien sûr qu’il l’attirait. Mais lui dire ? Mais céder ? Et puis quoi encore ?! Plutôt crever que de céder. Et le sourire moqueur qui s’étala franchement sur ses lèvres carmin ne laissa aucun doute quant à ça. Toi et moi, on sait bien à quel jeu dangereux nous jouons, n’est-ce pas, Nev’ ?

    Kitten se pourlécha les babines avec un sourire qui ne laissait rien présager de bon. De toute façon, le plus généralement possible, on n’imaginait jamais rien de bon lorsqu’il souriait. Parce que ça lui donnait un air encore plus bancal. Un air de folie dangereuse. « Se coucher » disait-il ? Kitten éclata de rire en marchant dans la direction opposée à celle que semblait vouloir prendre Nev’. Pas parce que ça ne l’intéressait pas, non, loin de là. Juste par plaisir de l’emmerder. Il fit volte-face, le fixant avec un certain mépris même pas contenu :

    « I can’t love your ideas, Bitch ! Ce serait contre nature. ♥ », il lui lança un clin d’œil, joua la provoc’ jusqu’au bout avant de remettre en place une mèche derrière son oreille : « Mais je ne te laisserai pas gagner. Sache-le. Hors.de.question. D’you understand, stupid guy ? Je ne me coucherai pas face à toi. »

    Ultime sourire dédaigneux sur les lèvres parme de Kitten alors qu’il joue négligemment avec une cigarette qu’il porte éteinte à ses lèvres. Les doigts blancs qui cherchent dans les poches du jean crasseux. Alors ce briquet… ? C’est un grognement exaspéré. Et puis il tire sur son T-shirt, reprend son chemin, fourre ses doigts dans son sac, espérant le trouver, quand même, ce putain de briquet. Et voilà. La flamme qui monte, Kitten qui colle brusquement son torse contre celui de Nevaeh. Avec un sourire dangereux, la cendre incandescente de la cigarette presque appuyée contre l’oreille de l’autre.

    « Mais à quoi désires-tu jouer, monsieur le professeur, hu ? », il ricana, alterna les visages. Lui, la gamine innocente du cinquième, la future pute alanguie contre un mur. Il pouvait tout jouer. Il feignit la peur, l’amour le désespoir, sa joue s’orna d’une fossette alors qu’il se penchait un peu plus vers lui, les lèvres contre son cou, l’odeur de la cigarette, non loin : « Je ne joue pas sans règles, Bastard. I never forget. I never forgive. »

    Alors ne crois pas que ta fuite fût oubliée. Si tu veux te jouer de moi, il va falloir te racheter. Et Kitten savait qu’il n’était pas prêt de recevoir l’ombre d’un dédommagement. Il haussa les épaules, tira sur la cigarette. De ces cigarettes à la menthe dont l’odeur s’infiltre partout. Qu’on déteste ou qu’on aime mais qui ne laisse pas indifférent. Comme Christopher. Chat errant. Un peu ailleurs, un peu absent, qui contemple les passants avec cet air fondamentalement méprisant alors qu’il s’écarte de Nevaeh, lui lançant l’ultime sourire, l’ultime provocation. Et puis il lui lance un signe de la main, tourne les talons en balançant :

    « On ira boire un verre quand t’auras fini de chercher quelqu’un à qui filer ton corps. », sourire haussement de sourcil. « Pas n’importe qui » ça ne voulait pas dire « Personne », si ? « Je suppose que pute de luxe ça te va vraiment bien comme job. », il gloussa, fourra sa main dans son sac et lui lança une des bouteilles de lubrifiant piquée plus tôt : « Cadeau, Bastard. See ya later ! »

    Parce qu’évidemment, Nev’, ne le suivrait pas. Ne rêvons pas.


Dernière édition par Kitten F. Marlowe le Sam 13 Mar - 20:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Mar 16 Fév - 19:24

The very best poison, lick it up !
Devour all your sins,
Become beautiful butterflies,
Become flowers …


    N'était-ce pas mieux ainsi, silly cat ? Forcément, quelqu'un qui aimait gagner aimait les victoires faciles. Mais il y avait des proies de marque avec lesquelles il était préférable de jouer. Comme un chat avec une souris, étrangement. On la laisse glisser entre ses griffes, mais une fois qu'elle s'éloigne un peu, on lui colle un gros coup de patte sur la queue pour la retenir. Une proie qu'on use jusqu'à l'os pour mieux déguster ce qu'il en reste après. Une proie qui a plusieurs visages, par exemple. S'appellerait-elle Kitten ? Lui arrivait-il de changer de visage inconsciemment ? Parce que oui, Nevaeh comptait bien l'attraper. Tôt ou tard. Qu'importe l'avancée du jeu, peu importe celui qui finira dépouillé à la fin. Nev' cédait à toutes ses envies, que cela soit bien clair. Ça ne changerait guère pour ce drogué rachitique. Alors Kitten devrait laisser sa place de chat au nympho' aux cheveux rouges. Et il deviendrait une souris. Qui se faufile partout. Ou peut-être un oiseau ? Non, impossible, ça. Il ne pouvait être un oiseau, c'tait comme s'il donnait l'impression d'avoir les ailes brûlées. Qu'à cela ne tienne. L'Anglais se lécha les lèvres d'un air tenté. Comment résister à la tentation aussi ? Depuis Tôkyô, il se tapait des gens en pensant à lui. Ça l'avait bien fait marrer de se faire engueuler sous prétexte que ses partenaires ne s'appelaient pas « Kitten », yep. Qui a dit que ça ressemblait à de l'amour ? Pas du tout ! Ce n'était là que la preuve d'une obsession et d'un désir latent. Comme quand on a faim, notre ventre gargouille, okay ? Bah là, c'était pareil. Sauf que c'était tout son corps qui le réclamait. Come on, come on... Et il était tellement dur de faire taire ces voix, oui, tellement dur.

    Voilà pourquoi il devait à-tout-prix l'avoir. Bon, si tel était le souhait de Kittou, alors il ne se coucherait pas au sens propre du terme, voilà tout. Hell, Nev' pouvait bien se le faire debout, assis, dans toutes les positions possibles ! Il lui ferait juste croire qu'il s'était entraîné rien que pour lui ! Il planta son regard bleu dans les yeux de l'américain mal baisé en ricanant, remettant correctement le col de son kimono en place d'un air presque pur et gêné. L'air de la jeune fille timide qui ne voulait pas que le vilain monsieur excité lui saute dessus, mais qui dans le fond se disait que ça ne serait pas plus mal. Il lui accorda une légère révérence, toujours l'air mesquin et lourd pour changer les habitudes.

    « C'est justement parce que tu n'es pas d'accord que c'est drôle, tu ne trouves pas ? C'toujours plus bandant de vouloir quelque chose d'inaccessible. Le jour où tu cèderas, je serais là pour me moquer de toi en te rappelant que tu ne te tiens pas à ce que tu avances. 'You liar, you liar' ! »

    Spécialité de Nev' ; pouffer de rire. Et il ne s'en privait pas, fixant de ses yeux brillants le pauvre petit punk paumé en train de s'énerver pour trouver un briquet. Oh, il lui aurait bien proposé le sien, mais, pensez-vous, c'était plus drôle de regarder l'autre se faire une fouille au corps. Exciting. Il fut d'ailleurs bien ravi qu'il se colle à lui, et n'hésita pas du tout à lui coller sa main sur la taille. Il eut juste le temps de lui lécher la joue avant qu'il ne se décolle de lui. Et le laissa parler sans lui donner de réponse. Juste en le narguant vilainement de ce sourire à gerber. Tant et si bien que cet imbécile fini eut à peine le temps de rattraper le lubrifiant. L'air un peu con, l'air vaguement délaissé, Nevaeh le regarda s'éloigner. OUAHHHHHH ! Mais ça c'était trop attirant ! Et ce doux parfum de menthe, presque insupportable. Il prit l'initiative de marcher sur ses pas, accéléra et put le rattraper. Juste assez pour tirer le col de son pull et vider le lubrifiant froid dans sa nuque et son dos. Et profiter de son instant de "j'essaie de comprendre ce qu'il se passe" pour lui voler sa clope. Trop simple !

    « Un simple lubrifiant ne suffirait pas à payer une future Oiran, understood, bastard ? » Il tira un grand coup sur la cigarette durement gagnée et lui tapota la joue de l'autre main, plissant joyeusement ses yeux. « On pourrait jouer au poker. Ou à Chat. Qu'en dis-tu ? Celui qui a perdu est celui qui tombe dans les filets de l'autre. On n'a pas assez joui l'un de l'autre à Tôkyô. »

    A ces mots, Nev' lui attrapa le poignet et l'attira vers le bâtiment qu'il avait indiqué plus tôt. C'était pour ses recherches. Il lui fallait un cobaye ! Il réussit à le traîner jusqu'au hall d'entrée. Couleurs passion. Rouge, rose fuchsia. Tape à l'œil. Une nympho' au paradis, ça existait ?

    « Fuuuuck ! I love that place ! But I'm so scaaaared ! Please stay with me, little Kitty. Let's have fun. »

    Il enserra son cou à l'aide de ses bras faute d'avoir un collier et une laisse. Dommage.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Sam 13 Mar - 23:27

Hurt the vampire !
He sucks your soul...


    C’est un brusque hoquet. Un frisson vicieux qui court le long de la colonne vertébrale. Il aurait du le sentir venir. Il aurait du s’en douter. Le liquide gelé glissa longuement. Et c’était gras. Et c’était froid. Il aurait bien hurlé de rage. Il lui aurait bien collé son poing dans la tronche. Il lui aurait bien dit d’aller se faire voir, de se barrer, de lui foutre la paix. Il l’aurait bien insulté. Il l’aurait bien embrassé. Ce salopard. Un nouveau frisson de rage parcourut le corps de Kitten alors qu’il faisait volte-face, envoyant brusquement son poing dans la mignonne petite tronche de son vis-à-vis. Sa main trouva sa gorge, le propulsant vers le mur sans aucune pitié alors que son visage s’approchait de l’autre. Oh, non, il se moquait bien de lui faire du mal, de le marquer ou quoi que ce soit d’autre. Au contraire, cela lui ferait plaisir. Aussi effleura-t-il avec un malin plaisir le bleu qui marquait à présent sa pommette, appuyant dessus vivement. Allez, souffre mon mignon. Gémis de douleur. Fais-moi plaisir. Ses sourcils se froncèrent doucement alors que sa main se refusaient à quitter la gorge blanche. S’il serrait un peu plus, il pouvait…

    Il pouvait faire n’importe quoi. Serrer plus fort, le relâcher, le tuer tout bonnement. Ou l’amocher assez pour qu’il cesse de lui faire envie. Et Kit n’en pouvait plus, du manque de drogues, de lui. Et de l’odeur et de tout ce rouge. Ses yeux se plissèrent, agressés. Alors que sa prise se raffermissait sur le cou de Nevaeh. Expire, inspire. J’ai tes artères qui palpitent sous mes doigts, mon chou. Il ne manquait plus que le cutter. Il ne manquait plus que l’ultime apparition. Et il le plantait là. Au sens premier du terme. Il frissonna d’anticipation en imaginant la lame écarter les chairs, se lover à l’intérieur. Nouveau frisson. Et la lame qui entaille tout ce qui palpite. Tout ce qui vit. Et ses doigts se relâchèrent un peu. Juste le temps pour l’autre de prendre une inspiration. Et vivement, Kitten qui lui mord la lèvre inférieure jusqu’au sang :

    « Listen to me, Bitch… Jamais, je ne te cèderai. Never. You could die before I let you touch me, Bastard. » La voix était rauque, chargée de haine et d’envie tout à la fois. « Now, follow me. Fucker. »

    Il lui attrapa la main, le trainant hors de ce lieu, les doigts encore tremblants. Il était en manque. Déjà. Clairement. Il poussa Nev’ dans le dos en pointant du doigt une boutique de fringues. Pas le genre de boutiques chères, non, loin de là. Les fringues de marque ou autre stupidités, il n’en avait cure. Il voulait juste un truc pour remplacer ce putain de pull dégueulassé par les bons soins de son compagnon. « Mais quel bordel », marmonna-t-il. « Quel foutu bordel. » Il pencha la tête sur le côté, crispa ses doigts sur le cutter :

    « Maintenant, rembourse-moi. Les pulls ça courent pas sur les toits pas plus que le fric tombe des arbres. Tu rentres là-dedans, on va me prendre un pull. Un truc chaud, merci. »

    Il était fatigué. Par le manque, de drogues, de sommeil. De tout, en fait. Ca lui émaciait les joues, ça rendait son regard fou et hagard alors qu’il ne souhaitait pas faiblir devant lui. Et pourtant il serrait les dents pour contenir le tournis qui le gagnait. Ah oui. La faim aussi. Il faut avouer que tout son budget bouffe était passé dans les buvards. Il n’en tirait aucune honte. Aucune fierté non plus. Peut-être était-il au bout du rouleau. Certainement. Il avait en tout cas épuisé la moindre de ces économies et les cernes qui marquaient ses yeux ressortaient d’autant plus que le soleil frappait son visage.

    « Je te préviens, je n’ai aucune patience, aujourd’hui. Alors soit tu rentres, soit je te jure, je te plante. »

    Et il tiendrait sa promesse. Vraiment.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Sam 27 Mar - 21:29

Blind as I am I wander the dark
"Hey Demon, over here!"
From where does your voice call...


    Nev’ poussa un cri de surprise, ne pouvant éviter le coup de poing dans son superbe visage. Et merde, quoi, s’il s’était attendu à se prendre son premier coup à cet endroit ! Ouais, bon, tout le monde n’était pas aussi malin que ce drogué, hein, qu’il soit net ou pas. Il serra rageusement les dents. Le physique avant tout, quoi, dans les contes de princesses, tout le monde était indubitablement beau et Nevaeh ne faisait pas exception… Enfin, ça, c’était AVANT qu’il ait la joue gonflée, PUTAIN. Cela dit, le doux rêveur aux cheveux flamboyants ne put réprimer un violent mais agréable gémissement bien simulé par ses soins une fois plaqué au mur. Parce que forcément, baiser tout le monde ne signifiait pas non plus que ledit « toutlemonde » baisait correctement. Alors, dans ce cas, l’anglais avait appris la simulation et aussi la satisfaction de soi-même… En pensant à autre chose pendant l’acte, pardi ! A quoi pensiez-vous, bande de pervers ?

    Quoiqu’il en soit, il essaya de se moquer de son futur trophée, qui se révélait plus qu’intéressant, mais sa voix s’étrangla et il se rendit compte que l’air lui manquait cruellement. Alors, haletant, et surtout pour montrer qu’il n’en avait rien à foutre de finir de cette façon, les bras ballants, il chercha la petite bête. Parce que c’était sa spécialité. Même à leur première rencontre, il s’était comporté de la sorte. Imbuvable, pervers, provocateur, bon à maudire, mais type beauté ténébreuse, vous voyez ? Qui, après tout, pouvait lui en vouloir d’être comme ça ? Hm… Peut-être son corps tout entier puisqu’il semblait bien qu’à l’instant il en faisait les frais. Il réussit cependant à placer une phrase, une seule, et ce avant même que Kitten ne lui laisse la vie sauve.

    « Même si tu es nécrophile, je t’aime quand même ♥. »

    Et il répondit à sa cruelle morsure en lui léchant les lèvres, saisissant vivement ses épaules pour en profiter. Because he tastes so gooooood, dear Lord ! Et le défi, d’un simple regard, le haussement de sourcils qui voulait aussi et surtout dire « je lis en toi, bastard, tu mens comme tu respires. » Et il le suivit en se léchant la lèvre couleur vermeille, bêtement ravi d’avoir cet arrière-goût Kittenesque. Ses papilles gustatives en jouissaient. Toutes à l’unisson ! Cependant il fut bien déçu de voir que ce n’était pas dans un super coin sombre trop exciting que le chat l’emmenait mais devant une banale boutique. Il soupira, agacé. Mais il ne montra pas sa profonde déception. Alors autant jouer le jeu. Le roseau ploie mais ne casse jamais. Alors c’est ce qu’il ferait ; il se plierait à ses petites envies. Mais n’oubliez pas, cher lecteur, que Nev’ menait la danse. Même sans en donner l’impression, hein ! C’était ça, l’étoffe d’un mec supra trop puissant, en plus d’être splendide ! Ses yeux pétillèrent presque comme les ampoules affreuses de la vitrine, oh oui, il était pressé de parvenir à ses fins. Et ce fut en haussant un sourcil d’un air narquois qu’il abaissa lentement la main de Kitten qui tenait son fameux cutter.

    « No offense, Darlin’, I’ll pay. But I guess I can choose ! That’s great ! »

    A ces mots il enjamba superbement la petite marche pour entrer dans la boutique, lançant un bonjour tonitruant à la vendeuse qui passait par-là. Oh. Parfait, il lui montrerait de quoi il était capable. Voir si ça le faisait rager. Cet affreux petit animal émacié. Il se colla immédiatement à la frêle jeune femme et lui susurra doucement à l’oreille une petite introduction obscène avant de simplement demander un pull. « Aussi moche que le type, là, au possible. Mais au moins aussi excitant. » Cette incapable n’avait pas compris mais, déstabilisée par le regard bleu de Nevaeh, elle le traîna au moins dans le rayon approprié. Un peu dépité de cette réaction, il l’envoya spectaculairement balader et se saisit de plusieurs pulls en tous genres, les balançant en arrière en espérant que Kitten les rattrape. Sinon, eh bien, tant pis ! Il s’en fichait, s’il pouvait se balader dans le plus simple appareil dans la rue, lui, il le ferait… NON ça ne ferait pas attentat à la pudeur ! Pour quelqu’un de laid ça serait le cas, mais reconnaissez que chacun souillerait le sol avec sa bave en le voyant déambuler à oilpé, quoi ! Et au moment où il empoigna le dernier du rayon, il afficha un air victorieux, se retournant rapidement et lui collant ledit dernier pull sur le torse.

    « Celui-ci est parfait. For women. What a shame, you’re so skinny, my love ♥… » Il croisa les bras, observant la montagne de fringues à côté. « Et après si Môssieur le souhaite, je peux lui offrir un soin pour le visage. » Il s’approcha de son oreille, murmurant : « Parce que ça a ses avantages, de ne pas vivre dans une poubelle... »

    L’air purement moqueur. Un sourire en coin, il admira celui qui pourrait le faire bander à outrance. Mais il fallait être patient, sans être ébranlé par quoi que ce soit. C’étaient bien là les règles du jeu. Quand bien même l’autre avait l’air HS, Nev’ ne lui rendrait pas la pareille en affichant quelconque faiblesse. Aussi il ajouta précipitamment :

    « Maintenant grouille, j’ai envie de retourner dans l’autre boutique, celle où je pourrais te fouetter tellement fort que tu en oublieras ton amour profond pour ton cutter ! »
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Sam 1 Mai - 17:11

You’re the only one
And I should kill you to love you.


    C’est la fureur qui prime toujours sur tout, qui emporte tout. Qui fait des hommes des bêtes et des amants, des monstres. Et il crucifiait Nevaeh du regard. Il était juste mort de rage, tremblant de colère et il lui suffirait de pas grand-chose pour finalement le plantait. Comme il mourait d’envie de le faire depuis Tôkyô. Comme il mourait d’envie de le faire de puis toujours. Trop beau. Trop décadent. Incandescent. Et Kitten refusait de s’y brûler les ailes, de s’y arrêter. De le laisser vaincre et triompher. Plutôt crever. Plutôt le suicide. Plutôt l’overdose. Et je te hais. Et je te hais. Et je te hais. Tu m’entends, connard ? Non. Non. Tu n’entends jamais. Et Kit fixe les étoffes qui volent, la colère qui gronde et le ventre retourné. Et ses mains s’enfoncent avec vice au fin fond de ses poches trouées, au fin fond de son état de merde qui fait trembler ses doigts et mourir ses cellules. Et c’est toujours pareil. Et tout vole, tout passe, tout s’envole. Et Christopher reste au milieu. Et Faust perdure, persiste. Et j’ai damné mon âme au diable. Pauvre acteur. Pauvre de toi. Pauvre amour.

    Il fut un temps où Kitten était calme, décadent et heureux. Il était toujours déliquescent mais payait son bonheur à coup de buvard qui étanchait son envie de vivre. Il était à l’image de ce mot, « déliquescent ». Délicieux bonbon suintant sa pourriture intérieure. Et ses doigts se crispèrent sur l’étoffe. You’re so skinny, my love, susurrait encore la voix à son oreille, faisant trembler tout son corps. Mais la ferme. La ferme. La ferme ! Ravale ta langue et tes chimères et pars loin. Laisse-le tranquille, ne le coule pas un peu plus alors qu’il te lance son regard de défi, te faisant un doigt en rabattant ses cheveux devant ses yeux. Ses yeux qui se troublent, qui ne voient plus grand-chose au fond. Et ses doigts touchent le fond de la poche. Sursaut. Sourire mauvais, grand rictus. Il y a quelque chose, au fond de la poche, comme un monstre tapis qui dévore le corps-squelette de Kit. Et Kit sourit.

    « Tu payes cash, connard ? Qu’est-ce que tu fais pour arrondir tes fins de mois ? » Et il se moquait, et toute sa physionomie avait changé alors qu’il jouait du bout des doigts, avec ce qui se trouvait dans sa poche. « I’m soooooo happy to see you again buuuut… »

    Mais il s’en va, mais il te laisse. Mais il prend la tangeante et plus jamais tu ne le reverras, enroulé dans le pull pour femme que tu viens de lui payer, ce sourire sardonique et terrible sur ses lèvres rendues prune par le froid. Parce qu’il crève de froid, parce qu’il crève d’envie. Et que jamais il ne le dira parce que ce serait perdre la face, parce que ce serait perdre la partie. Et Kitten est mauvais joueur, et Kitten est combatif. Et il griffe la joue de Nev’ en faisant volte face. Lui lance un dernier clin d’œil, disparaît comme une ombre derrière la porte vitrée de la boutique avec cette sorte de malice que les morts ont lorsqu’ils se suicident. Parce que c’est un suicide, parce que peut-être que non, en fait. Parce qu’il nargue Nev’ en agitant sa pilule blanche juste derrière la vitrine avant de la coller sur sa langue. Frisson d’extase, ombre d’excitation. Tu ne peux pas le retenir, Nevaeh. Trop futile, fragrance légère. Il file entre les doigts des gens.

    « Et tu sais quoi, Nev’ ? », cria-t-il, dans la rue, devant la vitrine, ne sachant même pas si son alter ego l’entendait. « Et tu sais quoi ? Va te faire foutre ! Va te faire foutre avec toutes tes histoires, tes jeux sordides ! Jamais tu ne m’auras ! Je suis miettes et poussières, au premier coup de vent je m’envole. Et tu n’es pas assez fort pour retenir ça ! Tu n’es pas assez puissant, tu n’es pas assez bien. Alors fous le camp, sors de ma vie ! », un sourire sardonique se peignit sur ses lèvres : « Et fous toi au cul toutes tes histoires de duel. Tu ne m’intéresses pas ! »

    Et même si c’était un mensonge, et même s’il était camé, et même s’il planait, jamais il ne mit plus de conviction dans une phrase que dans celle-ci. Jamais tu ne l’aurais, Nevaeh, fais-toi à l’idée. Et si même lui te le dit, en riant, brisé, les mains sur les côtes qui saillaient comme des montagnes sur son torse, c’est qu’il y croit, c’est qu’il en est sûr. Parce que Kitten mourait de peur, de se faire attraper, de se faire retenir. Il s’était fait avoir une fois. Une seule et unique fois de trop. Et plus jamais, plus jamais, plus jamais il ne laisserait quiconque recommencer. Il s’en moquait de blesser. Il se foutait éperdument des gens, des autres. Et si c’était trop dangereux alors il partait. Et s’il prenait un risque, alors il fuyait. Fils de l’air, acrobate des relations humaines. Et je te fuis, et tu me suis. Et quand je serai mort, et quand je ne bougerai plus, est-ce que tu me suivras encore ?

    « You’re just a pain, fuckin’ bitch. I hate that. I hate ya. Understood ? », marmonna-t-il en le fixant droit dans les yeux.

    Dissolution du cachet dans son estomac. Et les pupilles qui se dilatent.
    Et jamais Nev’ ne le manipulerait. Non. Jamais.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 13 Mai - 13:19

Lies that are inexplicably repeated
Faults manifested again and again
With a lethally dosed kiss
I return them to their place painful sky

    Un sourire narquois se dessina sur son visage parfaitement bien dessiné. Pourquoi tu demandes ? Tu sais ce que je fais pour arrondir mes fins de mois. J’ai peut-être eu un boulot bien payé à Tôkyô, mais you know it… Ce que je faisais à côté pour avoir plus. Ahh, mais ce que Nevaeh pouvait être accro à l’argent aussi ! L’argent faisait tout, pas vrai ? Entre le prix d’un pull pour femme et le prix d’un kimono, il n’y avait pas photo, darlin’. C’était comme comparer un dessin d’enfant avec un Picasso. Mais, honnêtement, à quoi bon répondre ? La question de Kitten était rhétorique, et Nev’ avait encore assez de jugeote dans son cerveau qui planait à quinze milles (oui, le cerveau faisait ça pour voir l’anglais de haut, vu qu’il est sexy sous tous les angles !) pour le savoir. Mais il gardait cet imperturbable silence, le genre de silence gênant, le genre de silence avec une œillade bien explicite, l’œillade moqueuse. Parce que l’homme aux cheveux flamboyants SAVAIT que l’acteur fléchissait devant lui. Et que cela se VOYAIT qu’il ne savait apparemment quel masque arborer. Il n’avait plus rien de splendide, et Nevaeh s’en délectait. C’était… cute, isn’t it ? Tellement mignon qu’il le laissa même lui griffer la joue, oh oui ! Jouissif. Voilà ce qu’il était. Tous ses agissements semblaient tellement extrêmes. Nev’ se doutait bien que bien des personnes avaient désiré ardemment Kittou par sa façon de répliquer, mais personne ne le voudrait autant que lui.

    Et alors que cet américain égoïste – parce que selon lui il fallait être égoïste pour ne pas répondre à un appel au sexe – se tirait en toute ingratitude, l’homme sourit en tendant un billet à la vendeuse. Et il ajouta bien fort pour l’imbécile qui devait encore entendre : « Gardez la monnaie, SURTOUT ! » Et alors qu’il disait ça, il remarqua ce futile cachet qui aura raison de lui. Ridicule. Comment pouvait-il être aussi faible, dear love ? Oh, il entendait très bien ce qu’il disait, et son sourire s’agrandissait à chaque mot, comme un signe funeste de ce qu’il arriverait après. Nevaeh avait déjà eu l’occasion de toucher à la came, avec quelques connaissances punks de Camden Road. Il ne faudrait plus beaucoup de temps à Kitten. Il se souvenait avoir profité de camés. Mais chaque camé était différent, comme les gens qui se soulaient. Il allait essayer. Il marcha lentement vers la sortie, parce que ce crétin ne bougeait pas. Tu ne sembles pas très sauvage pour quelqu’un sans attaches, pour quelqu’un de nomade. En revanche, j’en connais un qui pourrait te donner des ailes. Assez pour aller au septième ciel, yeah ! Le visage rougit par les coups de poings et de griffe qu’il avait eus peu avant, il ne fut jamais plus convaincu qu’à ce moment. Il sortit rapidement de la boutique, et plaqua l’acteur au mur de la boutique violemment, tenant ses deux mains, sa jambe bloquant les siennes. Et ses lèvres effleurèrent, obscènes, son oreille.

    « Nevaeh means Heaven backward… I want to be your Hell, you won’t regret it, fucker, never. All this is only a game, you know that, don’t you ? » Il croqua son lobe en pouffant, se demandant s’il pouvait le mettre backward aussi - yay! - et ajouta : « But… Maybe you think I want you to fall for me ? Pff ! Bullshit. I only want to fuck you hard, just like the others. » Son sourire s’agrandit largement. « But I’m even better, always better, sweet kitty. Je suis le meilleur dans la catégorie du sexe, ne le savais-tu pas ?! »

    A ces mots il pressa outrageusement son bassin contre le sien en ricanant, laissant courir ses doigts sur son torse. Puis il se redressa et lui attrapa fermement le poignet d’une main, fouillant de l’autre la poche du punk. Il sortit un cutter et éclata de rire.

    « Tu ne changeras donc jamais. J’garde ceci à titre d’caution, bastard ! Je tiens à ma vie, moi, tu pourras me tuer après que je t’aie baisé. »

    Nevaeh avait l’art de la mise en scène presque burlesque, tellement il jouait et sur-jouait de ses gestes. Mais c’était tellement jouissif de le faire ; la preuve, Kitten en rageait, de ses manières, ce qui, d’un côté, n’est pas totalement étonnant venant d’un acteur. Et ce fut tout en beauté qu’il lécha le manche du cutter, très sensuellement, avant de le ranger dans une poche secrète à l’intérieur de sa manche de kimono (ça avait du bon d’avoir des kimonos de femme, parfois !). Il resserra sa prise sur son poignet.

    « Faux-semblants ou non, chéri, même le vent, je l’arrête. Alors la ridicule poussière que tu es, j’en ai rien à foutre. Today, you’re mine, little dust. Accepte-le. »

    Ceci dit, il se mit à fredonner l’air d’une chanson qui parlait de prostituées mais d’amour. Etrange, n’était-il pas ? L’existence de Nev’ l’était tout entière ! Et lui, il n’était pas drogué jusqu’à la moelle. L’homme était au tiers de ses capacités, avant, aussi, là, il y mit vraiment du sien et le tira fortement pour le bouger. C’était son tour de jouer, fuck ! En deux temps trois mouvements, ils étaient à nouveau entrés dans le club que Nevaeh convoitait. Et il profitait ardemment du fait que ce crétin de yankee soit désarmé et totalement camé. A sa merci, en l’occurrence. Il l’emmena vers un fauteuil à l’écart, ne prêtant pas tant que ça attention aux japonais plus que louches qui squattaient par-ci par-là, et profita du fait qu’une paire de menottes soit mise à disposition pour attacher Kittou à la vitesse de l’éclair. Ben oui, être une bête de sexe, ça ne s’improvise pas ! Il fouilla dans le sac de l’autre et en sortit la seconde bouteille de lubrifiant.

    « Alors, mon petit chéri prude, tu sais à quoi ça sert, ça, n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 13 Mai - 14:57

Dying is so easy,
Let my soul in peace, bastard.


    Et c’était criant, que Kitten n’en menait plus large, balancé sur le fauteuil, le dos cambré pour se coller contre l’autre corps. C’était tellement flagrant, tellement évident, qu’il n’en ressentait plus la honte dévorante qui lui déchirait les entrailles peu avant. Il avait l’habitude. Il avait l’habitude. Il avait l’habitude. Tout finissait par se répéter. Il laissa l’autre parler, parler encore et encore, parce qu’il ne savait pas se taire. Ca avait toujours été un problème, chez ce type, un truc qui énervait Christopher au plus haut point. Jamais il ne la bouclait. Jamais. Le regard de Kit vacilla dangereusement alors qu’un air impassible se peignait sur son visage, masquant à la perfection son trouble intérieur. Si Nevaeh ne l’avait pas vu prendre son cachet sans doute ne se serait-il même pas douter qu’il était à présent aussi camé que possible. Ou peut-être n’était-ce qu’une excuse, après tout. Une excuse pour quoi ? Pour ça, pour autre chose, pour tout, pour qu’il cède. Et parce qu’il en crevait d’envie, qu’il en crevait tout court et que, se tendant d’un coup, il colla ses lèvres à celles de l’autre. Brutalement. Parce que c’était toujours brutal, entre eux, que ça l’avait toujours été, que ça le serait toujours.

    Rien ne changeait jamais. Kitten ne savait de toute façon pas s’il voulait que ça change. On baise un coup, on se sépare. Fous-moi la paix. Je vais te tuer. Et Kitten lui mordait les lèvres, lui suçait la langue. Et le punk le narguait avec un sourire en coin, libérant d’un mouvement agile ses poignets, bien trop fins pour les menottes, et plongeant vivement sa main dans la manche du kimono dans lequel avait disparu son cutter. Il maintenait Nev’ contre lui, un bras autour de ses hanches, ferme. Il palpa le cutter, le récupéra. Et son geste était sûr et son regard, brûlant, rivé dans celui de Nev’. Ne crois pas gagner si facilement, mon amour. Parce que Kitten brûle bien trop pour être saisissable. Et qui es-tu, toi, pour croire pouvoir l’envoler ? Ce n’est pas quelques mots de ta part qui le feront rêver. Et le cutter appuie sur la joue et il sent lentement la peau qui se tend, qui accroche la lame, qui se déchire sous elle. Et Kitten éclata de rire, nettoya la lame tâchée de sang sur l’étoffe du kimono de Nev’ et passa sous son bras, échangeant du tout au tout la situation. Il y a la proie, le chasseur, le chasseur et la proie. Et tout s’inverse, tout se retourne, c’est le lion qui saute à la gueule du fusil. Ses doigts appuyèrent violement sur les épaules de l’autre et il lui fit percuter le fauteuil, se collant contre lui avec une certaine sensualité. De cette sensualité morbide que l’on confère aux beaux corps inanimés, aux squelettes animés. A l’un ou à l’autre. Aux deux à la fois. Il lécha en ricanant le sang qui coulait sur la joue de ce foutu bâtard, laissant à présent courir la lame le long de sa gorge, assis sur ses genoux avec un sourire morgue.

    On dit Kitten dangereux de par son imprévisibilité. On se trompe. On c’est vous, on c’est lui, on c’est Nev’ et les autres. Personne n’a compris qu’il était on ne peut plus prévisible. Prenez le choix que personne ne pense qu’il fera et vous pourrez prévoir ses faits et gestes. Et là, , alors qu’il ricanait, occupé à sucer le cou de Nev’, c’était particulièrement flagrant. Et il le lorgnait du coin de l’œil avec moquerie avant de se redresser :

    « ‘kay dude. I’m okay. », articula-t-il difficilement. Oh, non, il ne renonçait pas à ses convictions. Simplement, il avait une autre idée. Il enchaina, sur un ton des plus sucré : « But your life will be mine. I could kill you when I would like. Otherwise, you can forget me. Forever. »

    Forever, tu comprends, Nev’ ? Il ne se retournera plus jamais. Il n’attendra plus que tu le rejoignes. Alors ? Que préfères-tu, bastard ? Dans l’esprit de Kitten, ça ne faisait pas un pli. L’homme avait plus de gueule que de couilles. Un pas en avant, deux en arrière, tout n’avait été que paroles en l’air jusque là. Il allait capituler, tourner les talons. Tu es trop lâche. Et lui foutre enfin la paix. Et le « enfin » le fit grimacer alors qu’il regardait ailleurs, la tête qui tournait, retombant violement de sa langoureuse torpeur. La drogue se faisait de plus en plus inefficace. Et son regard avisa enfin ses poignets écorchés par les menottes qui n’étaient pas si lâches que ça, finalement. Il releva le menton, défia Nev’ du regard. Alors, mon chou, c’est à prendre ou à laisser, je ne suis pas une de tes conquêtes à deux francs. Je suis acteur, je suis moi, je vaux mieux que tout ça.

    « Ne me compare pas à tes conquêtes insipides, s’il te plait. », ricana-t-il en enlevant son pull d’un geste lent et aguicheur, dévoilant la peau blanche et couverte de cicatrices, de tatouages, de trous et de bleus : « C’est une occasion que tu n’auras pas deux fois, tu sais. », il se pencha vers Nev’, gloussa et lança un clin d’œil à un autre homme qui passait, définitivement trop pété, finalement. « You now, bastard, I wish you’re as good as you said. I wish for you. »

    Parce que Nev’ était beau, oui. Qu’il l’attirait. Et que la déception serait à la hauteur de l’attirance, abyssale, et que Kitten n’était pas sûr de pouvoir retenir sa fureur. Déception et colère. Incessantes. Deux serpents s’entrelaçant et mordant d’un même mouvement. Et le sourire cannibale de Kitten se moquait de Nevaeh, de ce stupide métis qui croyait trop fort à sa supériorité. Comme s’il aller se laisser avoir comme ça. Comme si c’était seulement envisageable. Et ce n’était pas la drogue, qui le mettrait à genoux. Ce n’était pas non plus ces foutues menottes qui gisaient à présent au sol, mésanges mortes sur le carrelage. Il pourrait en pleurer, de la stupidité de la situation, de l’envie, de la fierté. De cette fierté immonde et intense qui brûlait en lui sans fin. Trop fier pour vivre, trop fier pour mourir. Ne l’oublie jamais, Christopher., gloussa la voix de Lyle, sans pitié, contre son oreille. Et pourtant. Et pourtant.

    Mourir est si facile, parait-il. Il aurait pu tuer celui qui avait prétendu ça. Il n’y a rien de plus difficile, que de mourir, et les marques qui zébraient les avant-bras de Kitten en était la preuve. Il avait toujours maitrisé ça, il avait toujours réussi. Il n’y avait jamais eu de ces foutus accidents auquel on peut s’attendre lorsqu’on se mutile avec autant de volonté – volonté de provoquer, certes, mais volonté quand même. Il n’avait jamais eu d’accident, n’avait jamais frôlé l’overdose malgré les drogues qui s’accumulaient dans son organisme. Jamais. Mourir est si facile… Foutaise.

    « Alors ? », l’interrogea Kit en laissant couler ses doigts le long de son torse : « Tu hésites ? Tu crèves de trouille ? Tu ne veux plus ? Prends tes responsabilités, bastard ! J’attends. »

    Et il attend sans doute même plus que tu ne le crois, pauvre Nevaeh. Scelle ton sort, laisse-le partir, sauve ta peau, ton âme. Kitten éclata de rire. De toute façon, c’était trop tard.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Ven 14 Mai - 15:47

Just say the words and
I'll become a flower
I'll become a bird
A doll too
I'll even become a whore for you

    «You know that in Hell, there are some angels ? We call ‘em Fallen Angels. It seems you’re from this category. Or not. I wonder who is the bitch, here. »

    Là, plaqué contre le fauteuil, il défiait du regard son soi-disant tortionnaire. Quelle ironie. Quelle infamie ! Pour qui le prenait-il, ce misérable ? Oh, oui, Nevaeh avait cillé quelques instants pour la balafre toute fraîche que Kitten lui avait offerte. Ça aussi, il connaissait, bien évidemment. Combien de trucs de ‘clients’ avait-il dû supporter pour les arrondir, ses foutues fins de mois ? Alors, ouais, il était le plus beau, le plus sexy, le plus magnifique. Il avait même une peau plus belle que n’importe quelle fille coquette, mais des marques traînaient encore sur son dos, le genre de marques de cigarette qu’on écrase pour le salir un peu plus. A son souvenir il n’avait plus trop de traces de griffures, cela dit. De toute façon, tant qu’on ne touchait pas à son visage ni à ses cheveux, ça allait, il n’était pas trop réticent. Nevaeh était un peu masochiste. Mais il était bien plus qu’un peu sadique. Par contre il tiqua violemment lorsque ce crétin salit son kimono. Ça, il lui ferait payer. De toute façon, il avait largement profité du baiser que cet imbécile lui avait donné. Il en était encore tout émoustillé, pour le coup ! Les lèvres de Nev’ n’étaient-elles pas agréables ? N’étaient-elles pas si délicieuses, au point que le punk les dévore à ce point ? Il se lécha les lèvres en y repensant.

    Et cette fois, quand la lame de son cutter vint s’aventurer sur sa gorge, il ferma les yeux en étouffant expressément un gémissement. Il y avait de quoi se demander, chéri. Etait-ce vraiment tes pilules qui te rendaient ainsi, ou juste l’ambiance de la pièce – murs rouges, atmosphère brûlante – qui a fait office de déclic ? Nevaeh l’avait toujours su, qu’il l’aurait. Et à la condition de Kitten, il pouffa de rire, ses éclats de voix étant presque inaudibles à cause de la musique qui régnait en maître dans le club.

    « Tu vois, je t’avais dit que ce n’était que le début du jeu, bienvenue dans la vraie vie, Kitty, celle où tu n’as pas de balai dans le cul ! »

    Et le silence dura, dura, dura. Le genre de silence qui veut dire ‘quelque chose à ajouter ?’, ‘tu es sûr ?’, ‘comment comptes-tu me convaincre’ ? Ce sourire narquois aux lèvres, il attendait. Il avait été très patient jusque là. Tout le temps qu’ils avaient passé ensemble à escroquer des gens, et ce, sans se toucher une seule fois. Comment Nev’ avait-il réussi à résister, honnêtement ? S’il n’avait pas eu d’autres personnes à se taper, il aurait sans doute fait une dépression, fuckin’ hell ! Mais lui il n’aurait pas fini dans la drogue ! Haha ! Pas au point de ce couillon ! Et il eut sa réponse. Sa contrepartie. Pourquoi lui, si parfait, voulait d’un corps si usé ? Qui sait, hm ? C’était sans doute plus jouissif. A peine Kitten eut-il ôté son pull – neuf, on précise –, les mains de l’anglais vinrent irrémédiablement s’y coller, sangsues couleur chair, glissant habilement sur chaque centimètre carré de peau. Voilà une bien belle contrepartie. Le british aux cheveux flamboyants avait le flair pour les bonnes prises. Il releva ses yeux bleus vers l’air vainqueur de Christopher. Oh ? Croyait-il s’en tirer comme ça ? Quand ce dernier éclata de rire, Nevaeh le vira sur le côté et grimpa dessus à nouveau, lui mordant violemment la gorge. Sur son visage s’affichait un air quasi angéliquement ravi.

    « Quelle joie, my love, nous voilà enfin réunis par ton accord, sous le regard du gérant d’un club SM… » Sa voix était volontairement traînante, presque niaise, et il lança un regard en coin vers une caméra qui était plantée au plafond, non loin. Il appuya sur un bleu de l’autre avant de continuer : « Tu refuses tellement ma présence que tu penses que je partirai avec cette condition. Mais la différence entre toi et moi, bloody cat, c’est que toi tu crains tout et que tu fuis. » Les yeux rivés sur les cicatrices qui marquaient ses bras, il grattait paisiblement quelques croûtes qui traînaient encore sur sa peau. « Le fait est que moi, Nevaeh Ezekiel Skyless, je n’aurais jamais accepté. » Il releva ses yeux moqueurs vers lui. « If it was not you. »

    Les coins de ses lèvres s’étirèrent doucement. Sourire de victoire. Il attrapa ses poignets et les lécha. Il jubilait presque, presque ! Mais il ne fallait pas le laisser sortir, sinon Kitten en profiterait pour s’enfuir, encore. Il se redressa doucement, sortit une Dunhill de sa manche de kimono, l’alluma calmement, et tira une longue taffe de celle-ci. Il ferma les yeux, paisible, avant d’en écraser violemment le bout sous le nombril de Kitten. Pas très longtemps. Juste assez pour qu’il y ait une marque. Parce que c’était jouissif de le voir gémir aussi.

    « J’accepte, chéri. Mais tu ne seras pas déçu. Je suis bien trop bon pour ça. Trop habile pour le petit acteur de vaudeville que tu es. » La provocation était le meilleur moyen d’attirer l’américain dans ses filets, parce qu’il y répondait sans flancher. « Tu seras tellement accro à moi que tu n’oseras pas me tuer. Que tu te prosterneras à mes pieds comme tous les autres pour que je recommence. Mes conquêtes étaient certes insipides, mais l’effet que je te procurerai sera un millier de fois meilleur que tout ce que tu peux t’imaginer, hell yeah ! »

    A ces mots, le métis défit le nœud de son obi, très soigneux, après avoir viré son haori. Et son kimono glissa le long de ses épaules, retomba mollement sur le corps écrasé de Kitten.

    « Ton règne prend fin, dear Kitten. Je domine, maintenant ! »

    L’un, la clope au bec, le torse parfait, et l’autre, brûlé, déchiqueté de partout. C’était un défi à l’amiable, non ?
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Dim 18 Juil - 23:26

Hurt and hurt, and hurt again.
Be mine, hold me. Rape me.


    Le principal problème avec le silence, songea Kitten en gémissant doucement sous les lèvres de Nevaeh, c’est qu’on ne l’entend pas venir. Et lorsque le silence était là, tout s’éteignait dans sa tête. Ses craintes, ses doutes, ses ambitions et ses haines. Même sa fierté semblait, étrangement, s’éteindre tout doucement pour laisser place au néant. Seul restait le désir. Seul persistait le besoin. Et l’envie résistait. Elle résistait à tout. Elle résistait toujours. Ca va, ça vient, et ça perdure. Et Kitten s’avilissait, enfouit contre le torse blanc de la catin. Il perdait le nord, s’offrait trop vite, électrisé par la substance qui fondait dans son organisme, électrisé par l’envie trop longtemps réprimée. Et il gémit plus fort, lorsque la cigarette grésilla contre sa peau, que cela sentit fort la chair qui brûle et qu’il se tendit en griffant les épaules de l’autre. Au fond, qu’était-il ? Une salope masochiste. Ni plus ni moins et ses lèvres réclamaient les autres avec violence, tirant sur les longs cheveux rouges de l’autre. Et il lui faisait mal pour ne pas l’implorer. Alors, quoi, vas-y, fais-moi mal, fais-moi mourir à petit feu. Pose tes mains sur moi. Arrache-moi. Et Christopher aurait pu fondre en larmes. Parce que ça enflait, parce qu’il savait que c’était bon. Parce qu’il savait qu’il le voulait, que c’était viscéral, ancré en lui, encré sur lui, tatouage indélébile. Et il aurait pu en mourir de honte, en crever de désirer ce corps. Ce type. Oui, le fond du problème était là. Ce n’était pas tant le corps qu’il voulait que l’homme qui allait avec. Ce type tordu, cet abruti de première, ce connard avec qui il avait passé un pacte et qui avait foutu le camp sans un mot. Voilà. Ce même type-là. Et il lui mordit la joue avec fureur pour protester. Fais-moi du mal. Fais-moi du mal. Mais ne me marque pas. Parce que ça voudrait trop dire. Parce que je ne veux pas. Parce que tu n’es qu’un courant d’air qui passe et qui s’en va. Alors il s’agrippa à la nuque, suça la peau de l’homme, se pressa tout contre elle. Presque avec ferveur. Et sa bouche dévala le long d’une épaule alors qu’il lui lançait un regard provocateur.

    « Le patron peut aller se faire foutre. », murmura-t-il en collant ses lèvres contre le torse de Nevaeh. « Ne me fais pas croire que toi, ça te gêne. », ricana-t-il avec une moue un peu dégoûté.

    Parce que c’est ça, d’être aimé par une étincelle. C’est sale. Elle a allumé d’autres désirs, fait brûler bien d’autres flambeaux. Et ça le rendait un peu amer. Et puis au final il s’en foutait. Il laissait glisser ses doigts le long du corps si parfait et son regard se troubla. Et il mourrait d’envie de le salir, de le marquer, de faire bleuir sa peau blanche, cette peau douce qu’il vénérait. Et s’il avait été de bonne foi, et s’il avait été tout à fait honnête, il aurait dit, il aurait avoué, qu’il avait envie de Nevaeh, que ce n’était pas que la drogue, que c’était loin d’être la drogue. Que ça venait depuis l’intérieur, que ça faisait longtemps. Parce que oui. Ca faisait longtemps. Et il refoulait ça depuis une éternité. Et là, il le voulait. Il le voulait maintenant, comme ça, d’un coup, durement, farouchement. Et il planta avec violence ses ongles dans sa nuque, déchirant la peau, tremblant de tout son long en se tortillant pour se déshabiller, le regard perdu sur lui, le regard fou, le regard ardent. Alors, tu vois, Nev’, que Kitten n’est pas une poupée de glace ? Que ces doigts adhèrent à ta peau avec envie, qu’il n’arrive plus à penser à autre chose qu’à toi. Et ça te fait jouir, hein, de penser à l’emprise que tu as sur lui. Pire que la drogue. Pire que l’alcool. Pire que la cigarette. Juste toi, toi, toi. Et encore toi.

    Kitten aimait baiser. C’était un fait. Ce que Kitten détestait c’était qu’on lui force la main. Ce que Kitten détestait c’était de désirer quoi que ce soit. Et ce qu’il détestait encore plus était que Nev’ le sache, qu’il en profite, qu’il se moque de lui. C’était insupportable. C’était haïssable. Et il mourait d’envie de le planter, mourait d’envie de le baiser, de l’envoyer bouler contre le mur et de le prendre, là, sans un mot. Et de l’abandonner là. Comme un chien, comme un truc sans importance, qu’on prend, qu’on jette, dont on se fout éperdument. Mais il était déjà trop englué, mais il tremblait déjà trop sous les doigts de Nev’. Mais il avait déjà trop envie. Et il serrait ses dents, et il collait ses hanches contre celles de l’autre. Le cutter avait volé, s’était planté plus loin lorsque, d’un geste souple, Kitten avait fait basculer Nevaeh sur lui pour lui mordre les lèvres, les mordre jusqu’au sang. Et ça sentait le fer, et ça goûtait le sang. Et c’était violent, et c’était comme eux. Ca se haïssait, ça se voulait. Et Kitten aurait pu le tuer. Il aurait pu le tuer, de lui faire cet effet là, il aurait pu le tuer, de le soumettre de la sorte. Il aurait pu. Mais non. Non. Là, il voulait juste qu’il le fasse mourir. Il voulait juste prendre son pied, se perdre dans ses bras, inspirer son odeur. Et tout oublier.

    « C’est dur de ne pas être un pro, lorsqu’on est une pute, non ? », lui lança-t-il, toutefois. « Alors, ouais, si tu gagnes ta vie comme ça, va falloir être bon, hein. » Il passa un bout de langue tentateur sur ses lèvres, les yeux mi-clos. « Alors magne ton putain de cul, bitch. You’re too slow ! » Et il serra les dents, les planta dans sa gorge brièvement avant de murmurer d’une voix tremblante : « J’ai envie de toi, connard. Putain de salopard. Alors fais-moi perdre, fais-moi mourir. On verra ce que je peux faire pour toi, après. On verra bien si je veux recommencer, oui. »

    Parce qu’on a souvent dit de Kitten que c’était une suceuse. Que c’était une petite salope. Et qu’il savait user autant de ses doigts que de sa bouche. Et il ne doutait pas, de pouvoir lui donner du plaisir. Et il ne doutait pas, de pouvoir lui faire du bien autant que l’autre pourrait lui donner du plaisir. Il était loin d’en être à son coup d’essai. Et malgré sa situation, malgré son corps tremblant et son excitation bien trop visible, il contemplait l’autre avec ce sourire morgue teinté de dégoût et de provocation. Parce qu’il jouait trop bien la comédie. Parce qu’il savait bien trop maitriser ses expressions. Et même son regard disait autre chose que son corps. Et même son regard semblait toiser Nevaeh avec mépris. Et même. Et pourtant il se vendait lui-même. Et pourtant il commettait une faute impardonnable. Quel fou pourrait croire qu’il est drogué tout en gardant une telle maitrise ?

    Personne.

    Et Kitten ne savait que trop bien à quel point Nev’ était intelligent. Malheureusement.

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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Dim 8 Aoû - 21:48

Who planted these white roses?
Paint them red with blood this instant
Listen, quickly, hide them away
Or I'll have off with your heads, I shall!


    A toi, petit lecteur, oui toi, qui te demande pourquoi Nevaeh baigne autant dans son amour propre, tant et si bien, si longtemps, qu’il en a le bout des doigts tout fripé, comme lorsque l’on reste trop longtemps dans l’eau de son bain… A toi, Nev’ répondra que s’il est comme ça, c’est parce que tout le monde, oui, tout le monde cède à ses caprices. Il aurait pu dire « presque ». Il aurait pu hurler « ALMOST, I GOTCHA ! ». Mais non, cette fois, c’était bien totalement. S’il pouvait faire céder Kitten, alors c’était vraiment qu’il était irrésistible. Qu’il était le meilleur, le plus beau, le plus bandant, le plus attirant. C’était définitif. Rien que de le voir dans cet état sous lui le rendait totalement fou. Il attrapa son menton tout en l’aidant à se déshabiller de sa main libre. Il désirait voir cette expression plus longtemps, celle qui, sur le visage du yankee, disait qu’il avait cette fois bel et bien gagné. Et qu’importe de ce que Kit’ ferait de lui ensuite, hein, tout ce que voulait Nev’, c’était profiter des autres. De tout le monde. Le reste n’avait aucune importance. Il était bien conscient que sa vie ne rimait à rien. A part la baise, il avait l’argent. Quoi d’autre ? L’envie. L’alcool. Le tabac. La drogue. Et après ? Aucune autre vraie passion en particulier, vous savez. L’anglais se contentait de peu ! EH ! Qui a ri dans le fond ! Bon, d’accord, il voulait beaucoup trop, à chaque fois il plaçait la barre plus haut. Mais, et rappelons-le, s’il arrive à avoir ce qu’il veut, alors forcément, il en veut plus. Un cercle vicieux, en outre.

    « C’est fou, comme tu te laisses aller, je n’ai encore rien fait et tu brûles déjà pour moi… »

    Il se mit à rire. Il lui rendit la pareille quand Kitten lui mordit les lèvres et la peau. Il tremblait quand il le griffait et effeuillait ses vêtements sans même prendre le temps de savoir par où ça s’ouvrait. Et enfin il vira totalement son kimono, d’un air totalement détendu et lascif, ondulant des hanches et se léchant le sang de sa lèvre inférieure avec ferveur.

    «Je SUIS un pro dans le domaine. C’est juste que ce n’est pas mon boulot principal, et que moi, je ne fais pas ça par obligation ! » Glissant ses doigts le long du torse de l’américain, il colla ses lèvres à son oreille pour y chuchotter : « Je fais ça par besoin charnel. Et si t’es déjà allé aux putes, tu comprendras bien vite que je suis et resterai le meilleur, Sweetheart ! » Et il se délectait d’avoir arraché les mots magiques de la bouche de ce pauvre camé. Ses mains glissèrent sur ses cuisses alors qu’il ricanait, l’air narquois. «Tu penses sincèrement détourner ton désir en m’insultant ? C’est mal me connaître, tu sais ? Tu as envie de moi ? Oh… » Son regard se fit plus perçant. « Alors tu vas être servi. »

    Oh, oui, bien sûr qu’il s’en foutait du patron, qui devait soit se délecter du spectacle que l’anglais lui offrait, soit envoyer des vigiles les foutre à la porte parce qu’ils allaient trop loin. Qu’à cela ne tienne ! Nev’ était bien décidé à prendre violemment ce pauvre chat errant qui hantait ses désirs depuis Tôkyô. Et au plus sa langue parcourait son torse tout déglingué, au plus il se remémorait tout ce à quoi il avait pensé faire à Kitten. Tout ce qu’il aurait aimé lui faire, violemment et méchamment, pour se venger de l’avoir repoussé à chaque fois. Mais après tout, il devait juste être bon, hein. Pas trop doux, pas trop violent. Juste le meilleur, pour prouver à cette raclure qui vit dans les poubelles que sa réputation était – effectivement – fondée. Et ses mains qui se glissaient habilement sur les maigres cuisses de l’autre ne disaient pas le contraire, yeah ! Il ne lui laissait juste pas le temps de respirer. Quand il avait fini de le toucher à un endroit et qu’au même moment il embrassait son visage, ses mains allaient directement loger ailleurs, certaines de ce qu’elles faisaient, pour ne pas laisser un seul bout de peau insatisfait. Mais ça serait trop beau s’il ne laissait pas une petite signature, quand même ! Alors l’homme aux cheveux rouges le dévorait, mordant volontiers sa gorge, griffant ses hanches, laissait des suçons violacés sur son torse. Et si le cutter n’était pas aussi loin, il aurait peut-être tracé une vulgaire croix quelque part pour signaler « I was here. », juste pour le geste. Juste pour prouver qu’il avait eu le plus têtu des humains de la terre. (Ou la plus têtue des choses) Et le plus changeant aussi !

    C’est donc pour cela qu’il accomplit le plus merveilleux et le plus subtil des viols en direct live d’une salle SM. Son but était là de bien faire tomber le masque de cet imbécile, pas vrai ? Il avait bien remarqué que ses expressions étaient différentes des réactions de son corps. Pas encore acteur parfait, hein. Et en ayant cette occasion d’enfin se faire le plus grand chieur du Japon, il comptait bien voir le visage originel de Kitten, et en l’occurrence, dans le cas présent, un visage qui montrait qu’il prenait son pied et si possible qu’il en redemandait. Nevaeh n’hésita donc pas à repousser au plus loin les limites de l’autre, ventousé à lui, dévorant ses lèvres et sa gorge, et ne cherchant point à retenir sa voix.

Pleasure time.

    Et même si l’anglais n’était pas sous l’emprise de la drogue, il semblait tout autant en transe que le camé. Et même si le moment était déjà assez intense comme ça, il s’amusait encore à jouer avec les membres de Kitten comme une poupée désarticulée, plaçant ses bras ci, et puis non, là, jouant avec ses jambes, tentant le tout pour le tout au final. Quand il eut terminé sa danse rendue publique, il continua de caresser la peau couturée de l’autre, comme pour être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un rêve vulgaire.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Ven 10 Sep - 19:27

Purge your love, dirty dirty.
‘Cause you’ve got a shattered heart.


    Christopher avait la tête qui tournait, désagréable impression, honteuse reddition. Les mains sur son corps le rendaient malade. Dégoût, nausée, son corps qui se tendait à chaque effleurement, désir, passion, son esprit qui luttait à chaque instant. Mais c’était sa respiration qui le trahissait alors qu’il enfouissait son visage contre le cou de Nevaeh, haletant et désespéré. Elle sifflait, sa respiration, entrecoupée, vagabonde, elle était là, n’était plus là, voguait et naviguait entre deux spasmes de plaisir. C’était trop fort, c’était trop bon, bien mieux que la beuh, que le LSD, le crack, les amphet’, l’ecsta. Bien mieux que les champis, la vodka, le chocolat. Bien mieux que tout ça. Et il ne pouvait pas même se mentir alors qu’il renversait la tête en arrière, offrait sa gorge, donnait son corps et que tout son être hurlait des « Je te veux » à l’infini. Parce que c’était ça. Il le voulait. Douloureusement, honteusement, violement. Il le voulait. Comme un papillon dont il crucifierait les ailes sur le matelas de son lit, un ange bafoué et déchu dont il arrachera les plumes avec sadisme, l’enfermant dans la pièce sombre de ses désirs. C’était ce qu’il voulait, le but qui guidait ses pas depuis Tokyo, depuis qu’il avait élu domicile devant ce bar à hôte mal famé, depuis qu’il avait manqué de planter son cutter dans cette gorge pâle et frémissante. Depuis que. Depuis Nevaeh. Foutu anglais. Foutu lui. Foutu tout. Il planta ses ongles dans le cou de l’homme, colla ses lèvres aux siennes, vampire avide de sensation. Et s’il n’avait pas été si fier, sans doute aurait-il imploré, à voix basse, à voix rauque, le regard plongé dans le sien : « Touche-moi. » Touche-moi, touche-moi, touche-moi fort, touche-moi encore. Allez, allez, s’il te plait, par pitié. Touche-moi à la mort. Et pourtant son cœur se serrait, tout son être se révulsait. Quoi ? Quoi ? Il se soumettait. Il se soumettait à cette foutue catin, frottait son ego à la flamme de son désir. Ça te fait bander, hein, Nev’, de le voir prendre son pieds sous tes doigts, de le voir céder, de le voir perdre pieds. Alors c’est ça, hein, lui aussi, tu peux l’avoir. Et Kitten le sait. Et Kitten, ça le fait rager, au milieu de sa jouissance, ça lui donne envie de pleurer de fureur, de hurler sa haine à ton oreille tout en te déchiquetant la peau, laissant couler ton sang sous ses ongles. Parce que Christopher était comme ça. Impudent, violent, malfaisant. Avide. Aussi. Surtout. Avide de Nevaeh, de l’aspirer en lui de mourir sous son corps, de crever de ses doigts. Parce qu’il était foutrement bon. Pire que tout, meilleur que n’importe qui. Et Kitten creva en un long cri, étouffé contre son cou.

    C’est le coin du paquet de cigarettes contre son dos plus que les mains de Nevaeh errant sur son torse qui le tirèrent de sa torpeur embrumée. Il ne fit rien, pourtant, pour repousser l’autre, s’agitant juste pour sortir le paquet, faufilant ses doigts à l’intérieur pour en extirper une clope et son briquet. Il effleura du bout des doigts la joue de l’homme, allumant de l’autre sa cigarette d’un air absent. Il aurait voulu être un peu moins cliché, un peu moins stupide. La clope après la baise, par pitié, quoi de plus banal. Rien. Et pourtant Kitten fumait, le nez perdu dans les cheveux rouges, les yeux à demi-clos, faussement assomme, faussement amorphe. Il aurait voulu garder son corps contre le sien un peu plus longtemps, un peu plus fort, sans contrainte, sans explication, sans fierté qui vient taper à la porte à la façon d’un trouble-fête pour lui rappeler, vicieusement, insidieusement, qu’il ne possédait plus rien, que son amour propre était en miette. Que Nev’ ne devait pas le savoir. Même si Nevaeh était de ces gens qu’on soupçonne d’être drogue, de ces personnalités qui poussent à la destruction, de ces passions qui font naitre l’addiction. Et il était hors de question que Kitten s’attache à quiconque à nouveau fusse-t-il anglais, fusse-t-il sublime, fusse-t-il lui. Hors de question. Alors il baisa ses lèvres, soufflant dedans une vague fumée et s’extirpa de ses bras, se rhabillant avec détachement. Il ne feignait pas. Maintenant, tout avait perdu son sens. Il s’était laissé allé. Et c’était mauvais, ça, pire que tout, pire que tout. Parce que Nevaeh allait pouvoir en profiter. Et qu’il était hors de question que cela se reproduise. Il enfila d’un geste ample le pull qu’on lui avait offert, le laissant retomber sur son torse décharné, le regard perdu sur les murs écarlates de la pièce. Voilà. C’était fini. Il tira une longue latte sur sa cigarette avant de soupirer :

    « That’s too much pathetic. Me and you. Err… », son regard se voila délicatement alors que sa bouche imprimait une moue de dégoût : « Mais au fond tu as eu ce que tu voulais, n’est-ce pas ? Un coup avec le seul type qui se refusait à toi, c’est bon ça t’a satisfait ? », il se penche, colle son front contre celui de l’autre et son regard luit d’une colère qu’il n’arrive pas à réprimer. « Et bien j’espère que oui parce que c’est la dernière fois. Si tu es aussi bon… » Sa voix se teinta d’ironie. « Avec le reste de tes conquêtes, je comprends pourquoi on ne les y reprend pas à deux fois. »

    Il haussa un sourcil, les mains tremblantes enfoncées dans ses poches avec une certaine fragilité. Sa voix, bien trop rauque, éraflait ses oreilles tant elle lui semblait étrangère. Ce n’était pas les mots qu’il aurait voulu prononcer, pas les mots qu’il aurait dû dire. Son visage se teinta d’une tristesse de passage alors qu’il se frottait les yeux, épuisé. Ce qu’il aurait voulu, là, maintenant, consistait juste à aller s’enfouir contre la peau de l’homme et à s’endormir là. Mais ce n’était pas possible, après tout, ce n’était qu’un coup pour un coup, une partie de baise, on jouit et on se tire et Kitten, malgré lui, était affecté par cette situation. Il aurait voulu plus. Beaucoup plus. Et même savoir que Nev’ courrait à l’infection mortelle ne satisfaisait pas ce désir. Alors tant pis. Partons, plantons-le là dans son exquise décadence. Sauf que Kitten ne bougeait pas. Pas d’un pouce. Pas d’un iota. Ses membres semblaient figés dans leur raideur et son regard iceberg s’enroulait avec ferveur autour du corps de son amant d’un jour.

    « Si ça t’a satisfait, tu es un bien piètre amant… », souffla-t-il avec amertume, jetant son mégot au sol et l’écrasant de sa chaussure déglinguée. « Et même en me sautant encore tu ne parviendras pas à me prouver le contraire. »

    Alors ?, interroge son regard. Me laisseras-tu fuir ?
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Dim 3 Oct - 19:06

La danse jusqu'à ce que tu meures,
Laisse de côté ta voix harcelante, et trahis moi plus.
Saisis-le, renfermes tes mains autour de moi,
Me faisant aller plus vite, rend mon corps agité.

    Se redressant, Nev’ esquissa un sourire amusé. Les coins de ses lèvres s’étirèrent dans un rictus vainqueur, ses yeux pétillaient de victoire. Il passa sa main doucement sur son front, pour chasser quelques mèches qui se bataillaient dans tous les sens. Assis, là, sur le canapé, toujours nu, il levait les yeux vers Kitten, les jambes croisées. Bien sûr que cela l’avait satisfait, et l’expression qui était comme tatouée sur son visage ne pouvait que le prouver ! Nevaeh rayonnait, littéralement, et bien plus qu’après avoir sauté un être humain lambda. Juste… Il avait réussi à obtenir ce Yankee. N’importe qui pourrait le trouver laid, inintéressant, un pauvre con drogué, en outre ! Mais pour l’anglais, c’était autre chose. Il l’avait voulu ardemment, et il l’avait eu. Et la petite crise de Kitten le faisait juste ju-bi-ler. Il attrapa le paquet de cigarettes abandonné en laissant durer le silence pesant que l’américain cutterophile venait d’installer, en tira une clope qu’il porta à sa bouche avec classe. Il chercha un briquet et enflamma le bout de la cigarette avec une grande attention. Ce fut en pinçant les lèvres autour du tube de tabac qu’il leva les bras pour détacher ses cheveux, qui étaient dans un bien piètre état après un acte intense comme celui-ci. Rapidement, il passa ses doigts dans sa tignasse rouge pour défaire les potentiels nœuds, en pouffant de rire. Quel blagueur, ce type, tout de même ! Nevaeh avait le rire moqueur facile, mais là c’était décidément trop tentant. Nev’ rattacha ses cheveux et attrapa la cigarette, crachant sa fumée en direction de Kitten, se penchant doucement. Et son regard se planta dans celui de l’autre, les sourcils haussés, le nez irrésistiblement froncé.

    « Comme c’est étrange, dear Kitty, qu’au final tu sois comme tous les autres… Rampant à mes pieds. » Il ricana en tirant un peu sur la cigarette, et tendit le pied vers l’autre d’un air supérieur. « Ah, si tu savais comme c’est jouissif de voir ça… Un connard d’américain, rongé par sa fierté, se rouler à mes pieds pour que je lui accorde de l’attention. Parce que c’est ça, n’est-ce pas ? Tu dis que c’est la dernière fois, mais… » Nevaeh se lécha les lèvres avec délectation. «Ton regard ne dit pas la même chose, yup’. »

    L’homme aux cheveux rouges se leva, ondulant des hanches pendant un quart de secondes, et caressa la joue de l’autre, affichant un air sadique, sûr de lui. Et ses lèvres errèrent doucement contre son cou, laissant passer son souffle chaud pour qu’il se dépose sur sa peau. Sa main libre alla se réfugier dans l’une des poches du yankee et attrapa ses doigts. Il claqua de la langue et, lui lançant un regard en coin, il se mit à lâcher contre son oreille, doucement :

    « You, like the others, are pityful. » Il se recula, posa sa cigarette sur le bord d’un cendrier et attrapa son caleçon avant de l’enfiler. Puis il reprit sa clope et la porta à ses lèvres. « Ca ne m’a en effet pas suffisamment satisfait, ya know… Mais le fait que tu te montres comme ça me dégoûte, parce que tu agis comme tout le monde. » Il ricana et enfila son kimono avec beaucoup de soin, même s’il était tâché de sang. « C’était plus amusant quand tu me rejetais ! Là, au moins, tu n’étais pas comme tout le monde. »

    For sure, Nevaeh savait qu’en disant ça, l’autre prendrait rapidement la mouche, lui assènerait sans doute un coup de pied entre les jambes et partirait sans demander son reste. Il pourrait aussi le planter sur le champ, pour son manque de tact ! Mais l’anglais s’en moquait, ce qu’il voulait, c’était sonner un peu ce type qui soudainement avait rangé sa fierté comme une chemise dont il ne voulait plus. Il noua son obi à l’avant du kimono et non pas derrière, signe de sa victoire personnelle pour avoir réussi à obtenir Kitten. Mais l’américain ne devait pas connaître les rites d’un nœud fait à l’avant ou à l’arrière pour un kimono, donc soit. Une fois prêt, il posa sa main sur sa joue, affichant un air effarouché.

    « But y’know, Kitty… A quoi bon être un bon amant pour quelqu’un qui ne baise personne plus d’une fois hein ? Je ne vois pas pourquoi je fournirai ce genre d’effort. » Et il se colla contre lui, tortillant une mèche décolorée du chat mal baisé autour de son index, avant de mordiller la peau de sa joue. « Il y a bien quelque chose que j’aimerais que tu fasses pour moi, mais je sais bien que jamais, au grand jamais, tu ne le ferais, pas vrai ? » Il haussa un sourcil et lui lança un regard aguicheur avant d’avancer très lentement vers la sortie. « Prouve moi que tu veux plus. More, can you hear me ? Prove it ! »

    Il le désigna du doigt et passa ses mains sur son torse. Paint my heart red ! Et il se contrefichait que Kit tremblait. Et il ne faisait pas attention à sa voix. Avoir un Nevaeh, ça se méritait. Pour pouvoir l’enchaîner ou le tenir en laisse, il fallait forcément passer par des épreuves, right ? Et même si Nev’ était à présent enchaîné parce que Kit avait le droit de le planter à sa guise, c’était tout de même plus amusant de pimenter les choses en trouvant d’autres jeux ! Au risque de tout perdre. Au risque d’attendre encore. L'anglais était prêt à partir. Que faire ? On ne trouve pas le bonheur en un claquement de doigt, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Mar 5 Oct - 19:33

If you like it violent
We can play rough and tumble.


    Le visage de Kitten s’étira en un large sourire alors que l’anglais débitait ses insultes comme autant de couteaux acérés lancés dans sa direction. You’re so insane, murmurait la voix dans sa tête. So, so, so insane. Tellement profondément atteint. Et la méprise de l’anglais sur ses intentions ne fit que raviver le sourire qui brûlait, incandescent, sur ses lèvres. Il se méprenait, il le méjugeait. Qui croyait-il donc avoir en face de lui, à la fin ? N’importe qui ? Le premier venu ? Kitten claqua de la langue d’un air agacé alors que l’anglais passait à ses côtés avec une lenteur calculé. Rictus. Prend garde, Nevaeh, il ne fait pas bon de le réveiller, pas bon de le provoquer, pas bon de l’énerver. Mais c’était trop tard, après tout, comme des dés déjà jetés dont on ne pourrait voir le résultat. Soit. Alors le corps de Kitten bloqua celui de Nev’ avec une agilité déconcertante, un sourire suffisant aux lèvres alors que, d’une main, il maintenait liés ses deux poignets. Prouve-le avait intimé la voix rauque et il aurait voulu lui faire ravaler ces mots. Parce que ce n’était pas eux, qui le faisaient réagir, parce que ce n’était pas de la colère, pas vraiment. Et si la fierté avait été moins forte peut-être l’aurait-il pris ici-même, contre la porte d’entrée, contre la porte vitrée, laissant la poignée se lover dans ses côtes. Mais il avait d’autres projets. D’autres projets on ne peut plus excitants. Ses doigts se lovèrent sous le kimono de Nevaeh, s’enfoncèrent dans la chair tendre de son ventre avec force alors qu’il collait sa jambe entre ses cuisses, l’immobilisant totalement. Et si tu veux du viol, Nevaeh, alors, moi, je vais t’en donner. With pleasure. Parce que Kitten s’était remis. Il s’était remis de la drogue, du plaisir, du corps contre les siens. Et ses doigts qui couraient agilement contre l’intérieur des cuisses de l’anglais ne tremblaient plus. Au contraire. Trop assurés, ils ne semblaient pour se détacher de sa peau plus d’un instant. Bien. Bien. Un rire rauque traversa sa gorge alors que, toujours les poignets de Nev’ dans sa main, il s’allumait une cigarette en se détachant légèrement de lui, broyant avec plaisir les os fins entre ses doigts. Il sentait leur douceur, leur finesse trompeuse et cela lui arracha un sourire satisfait. Bien. Le jeu allait pouvoir commencer.

    Il ne fallut qu’un instant à Christopher pour mettre la main sur les menottes qui s’étaient échouées un peu plus loin et un frisson de contentement remonta le long de son échine alors qu’il les refermait sur les poignets blancs au son d’un clac sentencieux. Ça ne lui avait pas pris plus de quelques secondes et déjà il toisait Nevaeh et son beau visage, une grimace mesquine aux lèvres alors qu’il époussetait son pull d’un geste négligeant. Toi ou un autre, aurait voulu dire Kitten alors qu’il tirait sur la chaîne qui reliait les menottes d’un coup sec. Ça ne change rien. Mais c’aurait été faux et il n’aurait rien pu dire si l’anglais le lui avait fait remarquer. Parce que c’était faux. Et même s’il était comédien, même s’il aurait pu jouer le dédain, le cœur n’y aurait pas été. Ça changeait quelque chose. Quelque chose d’infime, de négligeable, quelque chose d’important et Kitten n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Tant pis. Il fit volte-face, colla son front contre celui de l’autre avec un sourire amusé :

    « Ce que tu n’as pas compris, Nev’ », glissa Kit en ricanant d’un air absent. « C’est qu’il est bien trop tard pour que tu fasses marche arrière maintenant. » Les doigts de Christopher appuyèrent sur les menottes, sans pitié. « Outre ça, tu finiras par revenir vers moi… » Sa voix baissa dangereusement alors qu’il mordait son cou jusqu’au sang, sensuellement, tendrement, presque, violement. « Parce que le sexe avec moi c’est un poison addictif. Et nous n’avons pas fini pour aujourd’hui », ricana-t-il en le trainant au dehors, retirant au passage le pull qu’il lui avait offert, accablé par la chaleur du club.

    Son dos était frêle, accrochant avec tendresse les derniers rayons du soleil qui se mouraient entre les crevasses avides de ses côtes. Le bras tendu en arrière, il agrippait avec fermeté les poignets menottés de Nevaeh, l’entraînant au dehors sous le souffle frais de l’air. Il n’était pas spécialement brusque, pas spécialement méchant non plus, il les tenait juste de façon à ce que Nev’ ne puisse foutre le camp sans qu’il ne puisse réagir. Hors de question, hors de question, hors de question. Son estomac se tordait rien qu’à cette pensée, révolte interne, dégoût omniprésent. Il ne lui avait pas expliqué que son sperme était empoisonné, que tout son corps n’était que poison, qu’il risquait sa vie à se presser avec lui. Nevaeh ne le méritait pas. Il ne méritait pas qu’on lui explique qu’il l’enchaînait à lui plus qu’il ne le croyait, plus qu’il ne s’en doutait, même. Il ne méritait pas cet égard, pas cette peine. Christopher ne dirait rien. Motus et bouche cousue, le secret ancré dans tous les recoins de son corps anguleux. Le SIDA était une ombre accrochée à ses pas, flottant dans son dos avec l’impalpabilité d’un fantôme angoissant. Mais la main de Kitten ne trembla pas. Les doigts posés sur les mains de Nevaeh, Christopher avait redressé la tête.

    « A quoi tu t’attendais, Nevaeh, en me provoquant ? A une crise, des coups ? Du sang ? » Il ricana à voix basse en secouant la tête. « Tu dois être bien déçu alors. Nous allons nous occuper… Autrement. »

    Et c’était le cas de le dire. Christopher slalomait dans les ruelles à grande vitesse, foulant le sol d’un pas ferme et colérique. Et quand bien même les gens les regarderaient qu’il ne leur adresserait qu’un regard noir, empreint de la fureur et de l’envie qui l’habitait. Mur de pierres, venelle sombre, il balança son captif contre le mur, entre deux poubelles, au milieu de la saleté, les doigts appuyés contre un graffiti rouge sang, rouge envie, rouge passion. Rouge comme lui. Une mèche blonde barra son front alors qu’il se penchait vers lui d’un air tentateur, le déshabillant sans ménagement, les mains déjà passées tout contre ses hanches, tout contre sa peau. Et quand bien même Nevaeh en rirait que Kitten se sentirait tout de même supérieur. Ce n’était plus l’anglais qui menait la danse, plus lui, qui avait tous les pouvoirs, plus lui, qui contrôlait leurs ébats. Alors Kitten n’avait plus peur de perdre les pédales, plus peur de déraper. Alors il collait Nev’ contre les pierres rêches, se moquant éperdument de la douleur engendrée, éperdument de la douleur qu’il causait. Il dévora sa gorge, dénoua les nœuds, envoya valser les étoffes avec agilité alors que sa voix acide et amère murmurait au creux de l’oreille de l’homme :

    « Prêt pour un second round, buveur de thé ? » Un large sourire barbouilla ses lèvres pleines. « Parce que Darlin’, cette fois-ci, tu ne domineras pas. »

    Cette fois-ci et toutes les autres ensuite.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Dim 10 Oct - 21:19

Pour ton cadeau d’anniversaire,
Je ne pouvais rien t’acheter de grande valeur.
Alors, je t’ai offert mon corps.
Soirée obscène.

    Ce fut un ricanement amer qui répondit aux élucubrations de Kitten. Lui ? Être accro ? Et puis quoi encore ? Il était accro au sexe, en général, le Nevaeh. Pas au sexe avec quelqu’un en particulier. Bon, ça lui était arrivé une fois dans le passé, mais après tout, c’était juste en cas de dernier recours. Juste au cas où Nev’ n’aurait pas trouvé une proie journalière ET différente. Il avait un vrai disque dur à la place du cerveau, vous savez, pour se souvenir de tout le monde ! Cette jeune fille qui ne connaissait rien du monde des vicissitudes, ces yakuzas qui l’avaient payé à Tôkyô pour qu’il joue le soumis qui aime ça malgré la douleur, ces femmes qui aimaient la chair fraîche et qui voulaient même le garder comme gigolo… Et puis il y avait eu aussi de ces personnes qui s’attachaient après une nuit de folie et qui essayaient déjà de décrire à l’anglais comment ils étaient intérieurement. Peuh ! Écœurant ! En tout cas, l’autre américain ne l’y reprendrait pas. Pas aussi facilement. Et même si… Il. L’attachait ? Ah ouais. Ce n’était pas prévu au programme, ça. Nevaeh attachait les autres, nuance ! Il se mordit les lèvres pour le coup, et haussa un sourcil en plantant son regard dans celui du cutterophile. Il tira même doucement sur les menottes, mais il était loin d’être bête. Et si l’autre l’avait attaché, il ne le laisserait pas s’échapper aussi facilement. Alors ce n’était qu’un réflexe minable et trois fois trop humain. C’était juste idiot. Donc il ne tira pas bien longtemps. Il suivit même bien sagement l’autre, ne décrochant pas la mâchoire, le laissant raconter ses conneries à tout va. Kitten était idiot ou bien ? S’il voulait dégoûter Nev’, c’était peine perdue ! L’anglais pourrait jouir comme une groupie pour le comportement que le décoloré adoptait. Mais en fait… POURQUOI il se foutait torse à poil en plein milieu de la rue, à la vue de tous ?

    « Ya know, stupid, that girls are excited to see you topless ? »

    Eh ouais, le british avait beau être menotté et traîné dans la rue par un mec à moitié à poil, il n’en perdait pas son humour, que voulez-vous ? Mais il grommela cependant en voyant que les filles ainsi que des vieux pervers les regardaient avec des yeux lubriques. Restait à savoir s’il s’agissait de Kit ou Nev’. Nevaeh, ç’aurait été normal, il est bandant. Mais Kitten… Quitte à se faire menotter par lui, autant qu’il arrête de se faire reluquer, nan ? Et les questions rhétoriques de l’américain ne le faisaient que jouir plus fort, l’anglais tremblant se léchant les lèvres. Il n’était pas bon de tripoter Nev’ sans en subir les conséquences. Sa peau était parfaite n’est-ce pas, Kitten ? Douce et agréable au toucher ! Satisfait ou pas remboursé, bien évidemment. Débarquant dans la ruelle à l’ambiance nettement moins accueillante que le club, l’anglais ne put s’empêcher de l’ouvrir.

    « Ah ouais, ton poison addictif, donc, c’est du jus de poubelle ? T’as des lieux préférentiels bien plus underground que moi, Kitty. » Il se pinça le nez, toujours attaché. « Ah… Qu’est-ce que ça pue. Je comprends mieux ton odeur corporelle, maintenant ♥. Anyway, il y aura toujours du sang entre nous. La preuve. »

    A ces mots il lança un regard furtif vers son kimono tâché par les soins de l’autre. C’était sans compter qu’il serait plaqué contre le mur rouge. Heureusement que le graffiti n’était pas récent, sinon son kimono était définitivement bon pour la poubelle. Ah, quelle cruauté. Il pouffa à l’appellation ‘buveur de thé’. Ah, ce mec vivait décidément dans un monde monté de stéréotypes. Mais qui aurait seulement cru qu’un punk gay et drogué serait une star du théâtre ? L’habit ne fait pourtant pas le moine. Et Nev’ gémissait d’être touché pendant qu’on le déshabillait, et il gémissait de sentir les briques irrégulières frotter abruptement contre son dos. C’était juste si bon. Oh non, il n’était pas fait pour la réputée douceur de la première fois. La violence, il faut bien l’évacuer d’une manière ou d’une autre. Dans le cas de l’anglais, la manière était toute trouvée. Au moins, il ne se retrouvait pas totalement à poil, puisque les mains liées, le kimono ne pouvait pas être totalement retiré.

    « Cela donne un certain contraste esthétique, n’est-ce pas ? Un lieu lugubre, avec un punk affreux. Et en plein milieu du tableau, une catin rouge sang au corps parfait. Ca te fait bander hein ? » Il éclata de rire, à gorge déployée, et glissa sa cuisse entre les jambes de l’autre pour lui faire du charme. « Sache que ma fierté n’est guère comme la tienne, sale Yankee. Tu peux me sauter, moi, je ne me morfondrai pas. Pas vrai ? » Ses yeux bleus se plantèrent dans les siens d’un air narquois.

    Parce que la solution était de le narguer. Toujours. Tout le temps. Parce qu’il adorait lui faire perdre ses moyens. Et que Nev’ ne se doutait certes pas que le « poison addictif » était une expression à point nommée. Poison, certes. Et même sans que l’homme ne le sache, sachez, vous, lecteurs, qu’il ne serait pas pendu à la gorge de ce crétin pour la simple et bonne raison que s’ilaleSidaautantnepaslerefilerauxautres. Après tout, moi, narrateur, je sais que cela est faux. Ce sera plus drôle de le transmettre justement. L’anglais haussa un sourcil, enlaçant ses bras liés autour du cou de l’autre, un sourire goguenard.

    « Tu seras bien plus accro que je ne le serais jamais. Tu le seras comme à ta putain de drogue. La preuve, tu en veux encore ! » L’air provocateur, il lui lécha les lèvres et lui offrit probablement le meilleur baiser de sa vie, juste pour montrer qu’il était expérimenté dans tous les domaines « sociaux ». Et le tissu de son kimono glissa dans un bruit délicat de ses épaules. « Et le jour où tu admettras que tu ne peux plus te passer de moi, je serais là pour te rappeler à quel point tu auras été con. »

    Souviens t’en, stupide américain.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Lun 25 Oct - 20:07

Burn, burn, burn.
The sky is fallin’ down.


    Et Kitten avait sourit. Et Kitten avait joui. Il avait joui de l’incompréhension qu’il avait jeté, du tournant absurde qu’avait pris les pensées de Nevaeh, de ce qu’il avait cru comprendre, de ce qu’il pouvait bien penser. C’était un sourire dangereux et vicieux, de ces sourires qui ne prévoient que du sang et du mauvais temps. Un sourire pourri, malodorant, malsain. Un sourire à en vomir, à t’en retourner le cœur, à te rendre malade de peur. Un sourire à la Christopher. Uniquement. Kitten n’avait jamais fait les choses à moitié. Kitten n’avait jamais aimé tièdement. Kitten ne s’était jamais vengé partiellement. Et Nevaeh allait déguster. Le regard de Kitty oscilla dangereusement alors qu’il glissait ses lèvres contre la gorge du métis, n’hésitant pas à la mordre, le bassin dangereusement collé contre le sien. Il le laissait croire, il le laissait relâcher la pression, il le laissait fanfaronner. Ça n’allait pas se passer comme ça. Ce n’était pas de ça dont Kit avait le plus besoin et il se l’était cruellement rappelé alors qu’il se dirigeait par ici. Ce n’était pas de ça. Le sexe, la baise, la jouissance, Nevaeh, même, tout ça passait après et le poison que distillait l’anglais dans ses mots avaient suffi à le lui rappeler. Si ce n’était que ça. L’air suffisant du punk ne bougea pas alors qu’il tirait Nev’ avec lui, un peu plus loin, vers la gouttière, et qu’il l’y attachait sans aucun ménagement, s’écartant de deux pas, contemplant sans un mot l’homme. Ce n’était pas peu dire que de lui susurrer qu’il était parfait, assez bandant pour faire éjaculer un impuissant, assez magnifique pour faire choir les anges. Ce n’était pas peu dire. Mais Kitten n’en profiterait pas. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Pas tout de suite. Sans l’ombre d’un doute, Kit avait d’autres projets. Ça n’allait pas faire plaisir à Nevaeh, soit, mais ça remplirait les poches de Kitten et c’était amplement suffisant. Du moins pour lui. Il poussa un sifflement absent en se hissant sur le couvercle de la benne à ordure, faisant face à l’autre sans la moindre once d’hésitation. Il aurait dû, pourtant. Hésiter, reculer, arrêter. Mais non. Christopher n’était pas homme à revenir sur ses pas.

    Et l’idée était là, vicieusement implantée, les doigts crispés sur son encéphale. Trop tard, trop tard, trop tard, gémissait-elle. Déjà, il devenait fou. Il avait sorti mécaniquement son vieux cellulaire de la poche de son jean. C’était à se demander même par quel miracle le téléphone avait survécu sans jamais se casser la gueule par un des nombreux trous des poches du pantalon – de la serpillère, aurait-il corrigé d’un air absent – du punk. Toujours est-il qu’il était là. Crucifiant Nevaeh du regard, il joua un instant avec l’objet, le faisant tourner et retourner entre ses doigts longilignes, parcourant des yeux la courbe des épaules qui se perdait dans le tissu soyeux du kimono. C’était parfait. Bien trop parfait. Et oh, comme il en avait envie, comme ça le brûlait de l’intérieur, comme ça dévorait ses entrailles, les liquéfiant pour n’en faire qu’un magma brûlant et bouillonnant à l’intérieur de son corps chétifs. Quelle merde, jura-t-il intérieurement en fermant les yeux. Quelle merde. Alors il composa machinalement son numéro fétiche, le joker de son jeu de carte, Dieu et diable tout à la fois, son Enfer et son Paradis personnel. Son dealer. La voix rauque et familière qui lui murmura un « Allo » lui arracha un sourire tendre et ravi alors qu’il frottait son avant-bras nerveusement, laissant amoureusement ses doigts tracer le dessin de ses piqûres, ses adorables morts internes.

    « Chû ? », un souffle rauque lui répondit, lui attirant un rire satisfait : « J’ai un truc pour toi. Un truc qui va te rendre riche. Ramène la came, on échange. » Haussement de sourcil, Chû qui proteste, Chû qui veut des détails. « Ça a une bouche de salope, un corps habitué à toutes vos saloperies. Ça a ni seins ni vagin mais ça vaut cent femmes. Je te jure, Chû, tu vas faire une occas’ en or. Tu viens alors ? Avec la came ? Tu jures ? »

    Kitten comme un enfant, le rire hystérique au fond de la gorge, le rire de camé, le rire qui veut tout dire. Alors, Nev’, alors, dis-moi, ça fait quoi d’être pris au piège, d’être finalement ni plus ni moins qu’un objet, qu’une chose dont on se débarrasse. Parce que ce n’était que ça au fond : Christopher se débarrassait de Nevaeh, Christopher réclamait sa dose à corps perdu. Le cachet n’avait pas suffi, il lui en fallait plus, il lui fallait toujours plus. Parce que sinon il avait mal. Et posséder une nouvelle fois l’anglais ne valait pas la douleur que le manque engendrerait, non. Rien ne valait ça. Alors il attendait, les yeux, bleus à l’âme, plantés dans les autres. Il ne lui avait pas adressé un mot. Il n’avait rien dit. Il n’était plus rien, il ne voulait plus rien être pour lui. Ni passion, ni envie, ni douleur, ni haine. Ça n’en valait définitivement pas la peine. Et qu’il s’appelle Nevaeh, et qu’il soit un autre, et qu’il soit beau ne changerait rien aux règles du jeu. La came était son amante, la putain la plus fidèle, la catin la plus sensuelle. Il n’y avait rien pour la détrôner, pas l’ombre d’un sentiment, pas l’ombre d’un autre. Il n’y avait qu’elle. Et tant pis pour le monde, et tant pis pour le reste. Il n’y avait qu’elle. Il avait posé son téléphone sur le couvercle de la benne, le regard perdu dans le vague tandis que, nerveusement, il se fabriquait un garrot à l’aide des moyens du bord – un lambeau de jean. Il n’osait plus regarder Nevaeh en face, n’osait plus lui parler sous peine de reculer. Et il ne le ferait pas. Que Chû l’embarque, il s’en moquait pas mal. Tant qu’il pouvait profiter… Et pourtant. Le yankee se racla la gorge péniblement, le regard oscillant, la tête brusquement relevé pour le contempler :

    « Au final, Nev’, tu n’avais pas tort. Je ne peux pas me passer de toi. Je te remercie bien bas, grâce à toi, j’aurai plus de thunes que jamais. »

    Et c’est un poison cruel, l’ombre d’un baiser hypocrite qu’esquissent ses lèvres. Alors, Nev’, cap ou pas cap d’être pire que tout ? Cap ou pas cap de lutter contre la drogue ? Cap ou pas cap d’en finir ? Alors Nev’, ça fait quoi d’être là ? Ça fait quoi d’être toi ? Il se demande, tu sais, Kitten, il se demande à quoi tu penses, il se demande à quoi ressemblerait ton cerveau explosé sur les pavés, tes idées dispersées, la lymphe suintant sur le macadam. Il se demande. Mais il ne restera pas. Chû te prendra, Chû lui donnera ce qu’il souhaite. Et après il le partira. Du moins, c’est ce qu’il veut croire. Du moins c’est ce qu’il espère. Et pourtant il reprit la parole, absent, désolé, soupirant :

    « Nev’, dis-moi, ça fait quoi d’être toi ? Ça fait quoi d’être tellement beau que tout le monde t’arrache, que tout le monde te veut, ça fait quoi de se donner à tout le monde et de n’être à personne, ça fait quoi d’être seul même accompagné ? Dis-moi, Nev’, ça fait quoi d’être toi ? »

    Et il risquait le tout pour le tout, et il joue avec le feu. Et toi, Kit, qu’est-ce que ça fait d’être toi ?
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 28 Oct - 18:28

To put it into words is senseless! Vulgar!
Shall we step up the libido and go?

    Ce fut avec un regard on ne pouvait plus sceptique que Nev’ dévisagea l’autre. Attendez, attendez. Pourquoi il s’était reculé, là, tout d’un coup ? Cela n’était pas normal. Kitten était sensé être accro à lui, désormais ! Il avait même eu la bonté profonde de lui offrir un de ses meilleurs baisers, lui, le radin, le moqueur, le manipulateur anglais. Oh ? Le voilà attaché à quelque chose d’autre qu’à ses poignets ? Ah, ouiiiiiii… Le Yankee devait grave kiffer ça contre une gouttière, quoi de plus logique pour un chat errant, hein ? Alors il haussa les sourcils, juste, et n’ajouta rien. Seulement, cela devint encore plus bizarre quand l’autre prit place sur une benne à ordures au lieu de… Euh… Sur LUI ? What the hell ? Et lui alors ? Nevaeh ne releva pas quand il sortit son téléphone portable de sa poche. Juste que c’était assez étonnant pour ce crétin qu’il ait d’une part un objet plus cher que ses rangers, et d’autre part qu’il ait des amis à entrer en tant que « contacts » dans son appareil… Il écouta patiemment, et un sourire malsain se dessina sur ses lèvres pâles. Alors, c’était comme ça ? Qui l’aurait cru ? L’américain qui lui demande en le revoyant après des mois s’il était devenu mac’, et au final il était plus probable que cela soit lui en fait. Bien. Le british était loin d’être idiot, après tout. Peut-être même – sans doute, même – était-il plus intelligent que l’autre acteur, là. Ce n’était pas dur. Non mais regardez-le, franchement ! Un type aussi négligé, aussi maigre, mal coiffé, qui flottait dans son pantalon, qui casserait au moindre coup de vent (bien qu’il ait absolument bien résisté aux coups de hanches, ce qui est assez surprenant), qui sentait la vie du dehors, un type au regard si froid, si fou. Qui voudrait de lui sinon lui, hein ? Hein ? Justement, on vous le demande. Vous ne savez pas, hein. Triste histoire que celle-ci.

    Nev’ n’essaya guère de faufiler ses mains hors des menottes, après tout il était totalement inutile de s’abîmer plus. Il était juste à moitié à poil dans une ruelle sombre et abandonnée, attaché à une gouttière à moitié bouffée par la corrosion, entre les flaques d’eau sale et autres solutions liquides douteuses. Cela était sans compter une éventuelle visite de rats ou chats curieux, et encore Nevaeh n’osait pas imaginer les maladies que ces bêtes-là pouvaient véhiculer. Génial. Il passa sa langue avide sur ses dents parfaitement bien alignées et lança un regard légèrement déçu vers l’autre. Le genre de regard qu’un parent pourrait envoyer sans scrupule envers son enfant qui a échoué.

    « Chû, hein… C’est ton mec ? » Il ricana amèrement. « Non, évidemment, non. Mais cela va sans dire que son nom aussi absurde que gerbant est un pseudonyme. Aucun japonais sensé n’appellerait son enfant ‘Chû’. C’est trop naze. L’homme haussa un sourcil en se redressant, s’adossant mieux contre le mur, un peu mal positionné à cause de ses liens. Il le désigna du menton alors qu’il faisait son garrot de fortune. « Tu vas m’échanger contre de la came alors, hm ? Vu mon charisme, mon cher, tu en aurais pour plusieurs vies… Tu crèveras dix fois avant d’avoir pu tout consommer. »

    Il renversa la tête en arrière en se mordant la lèvre inférieure, et soupira longuement, comme pour lui rappeler tout ce qu’il raterait avec sa connerie profonde. Parce que oui. Oui. Forcément, il ratera quelque chose d’inestimable. Il avait déjà eu l’incroyable chance d’être pris par cet homme aux cheveux rouges, ce putain de papillon qui parlait trop. Et là, une chance inestimable s’offrait à lui ; celle de le prendre sans qu’il ne rechigne. Dommage, n’était-il pas ? Il rit. Il se mit à rire nerveusement tant, au final, cela le frustrait de voir la drogue le dépasser alors que la drogue, la meilleure, c’était lui. C’était lui, et il le savait ! Oh bien sûr, Nevounet était toujours trop sûr de lui, mais on ne change pas une équipe qui gagne. Et là, en toute amitié, il offrait à Kitten ce que tout le monde voulait. Trop généreux, quoi, le gars, merde ! Et là, le cutterophile lui fit un speech sur être lui blablabla, c’était gonflannnnnt ! Sérieux. Nev’ roula des yeux en gonflant des joues, ce qui avait le don de lui faire un petit air d’enfant. Cela serait presque mignon à regarder, mais il ne le savait pas, ça, sinon il ne ferait pas cette tête. Puis il fixa l’autre d’un de ces regards langoureux que toutes les putes savaient faire. L’air aguicheur qui disait « je te veux » alors que ce n’était pas forcément vrai.

    « La réponse à ta question ennuyeuse est simple, my lovely darlin’… Ca me donne l’impression d’être Dieu. On me vénère, je suis divin, supérieur, on m’aime et on demande toujours plus de moi. Mais on dit que Dieu est bon, et pas dans le sens charnel. Voilà la différence que j’ai avec lui. Moi, je suis un ingrat. Je jouis de vous et ne pense qu’à moi. Au final, c’est absolument bandant de vivre comme ça ! »

    Il lui sourit d’un air mesquin, sachant très bien que sa captivité dépendrait de sa réponse. Mais son côté effronté restait toujours présent, et se coucher face à ce yankee, ça, non.

    « La vraie question, Kitty, c’est qu’est ce que ça fait d’être toi ? Une raclure pondue en Amérique et qui pose un pied au Japon, on ne sait pourquoi. Un gars qui est sans doute tellement flippé de la vie qu’il se promène H24 avec un cutter et qui se drogue toutes les 5 minutes pour oublier à quel point il est insignifiant sur cette planète. Toi, t’es loin d’être une star, au final, tu es encore pire que tout ce que j’ai jamais pu voir. » Un sourire odieux dévoila ses dents blanches et il lui envoya un baiser volant. « J’espère que c’est ce que tu voulais entendre de ma bouche de salope ! »

    A ces mots, l’anglais se mit à chanter un air plus ou moins connu, finalement persuadé qu’il serait vendu à ce Chû. Au moins, s’il devenait une vraie prostituée, il augmenterait plus facilement encore son tableau de chasse. Mais il y avait le risque de ne plus jamais, jamais se faire l’autre. Parce qu’une pute de luxe, et même avec toute la came du monde, il ne pourrait plus jamais se l’offrir une seconde fois. Et il ne ferait pas crédit.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Jeu 28 Oct - 19:28

Sucker love is heaven sent
You pucker up our passion spent.


    Il le contemplait sans mot dire, un nœud au fond de la gorge, des cheveux plein les yeux. Il l’écoutait en silence, accusait les coups, mutique, absent, fantomatique. Il aurait voulu lui dire que ça n’avait pas d’importance. Il aurait voulu lui dire qu’il s’en moquait éperdument. Il aurait voulu l’aimer, là, sur le champ, se presser contre son corps, se laisser aller. Mais Nevaeh avait beau dire, rien ne concurrençait sieur LSD, lady Ecstasy. Pas même lui. Pas même lui. Et la question le brûlait, et le doute l’étouffait. Pas même lui ? Mais qui alors ? Et c’est un semblant de panique qui faisait trembler Kitten, et c’est ce semblant d’envie, qui faisait palpiter son cœur, qui le transformer en moineau affolé qui tenterait de lui échapper. Parce qu’il n’y avait plus de retour en arrière, maintenant, parce que Nevaeh disparaitrait, parce qu’il cesserait de le hanter. Parce que Christopher n’avait plus le choix. La fascination qu’avait fait naître en lui l’anglais n’avait eu de cesse de croitre tout le temps où ils avaient été séparé, devenant tout à la fois odieuse et insoutenable. Ça ne se passerait pas comme ça. Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Il lança un regard trouble à Nevaeh et replia ses jambes sur la benne à ordure, appuyant son menton sur ses genoux, vacillant entre l’infantilisme désespérant et le sérieux effrayant. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose clochait. Considérablement. Et c’est lorsqu’il remarqua que ses doigts tremblaient qu’il comprit ce qui n’allait pas : l’anglais était définitivement toxique. Il avait infiltré son cerveau, jouant impitoyablement avec ses nerfs, écrasant avec rage tout ce qu’il trouvait devant lui. Et ça ne t’a pas suffit, Nev’, aurait-il voulu lui hurler, de m’avoir une fois ? Tu me veux tout entier, tu veux m’asservir, me détruire, me jeter ? C’est ça ? Un rire secoua la carcasse du yankee alors qu’il passait une main fine dans ses cheveux emmêlés, à bout de nerfs. Nevaeh le rongeait de l’intérieur encore plus rapidement que le SIDA, Nevaeh le bouffait de l’intérieur encore plus rapidement que la drogue. Nevaeh le tuerait un jour, s’il le laissait faire. Ça ne se passerait pas comme ça. Et pourtant, Christopher lui répondit. Calmement, paisiblement, sans bouger, même, faisant tourner entre ses doigts gelés le téléphone muet.

    « Ça te donne le pouvoir de disparaître, Nevaeh. De pouvoir être tout le monde et n’importe qui. De pouvoir aller ou tu veux, de pouvoir recommencer autant de fois qu’il le faut. » Son regard accrocha les pupilles du métis alors qu’il lançait un regard lassé au ciel gris de Nagoya : « Ma vie c’est un grand jeu vidéo, Nev’. Il suffit d’un claquement de doigt pour tout dévaster, encore mieux que le bouton reset des consoles. Et il faut croire que… » Il eut à nouveau le regard qui vacille, les doigts qui tremblent de plus belle : « Que tu es l’acteur principal d’une partie qui va reprendre à zéro. Farewell, dirty love. »

    Peut-être le croyait-il vraiment. Personne n’aurait pu vous le dire, au fond, personne n’aurait même eu le pouvoir de dire avec certitude que Christopher mentait. Pas même lui. Et pourtant, dans ses mots, transparaissait avec douleur la petite maladie qui lui rongeait la vie. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, elle serait toujours là, à lui sucer les sangs, à le faire vomir au petit matin, à se presser contre lui la nuit, à réchauffer son lit. Jamais elle ne le quitterait, jamais elle ne partirait. Et Christopher mourrait de ses doigts, si Nevaeh disparaissait. Et Christopher ne risquerait plus rien, si Nevaeh partait. Alors le yankee cligna patiemment des yeux, laissant choir sur le couvercle métallique l’antiquité qui lui servait de téléphone avant d’étirer longuement ses jambes maigres, se laissant glisser sur le sol, adossé contre la benne alors qu’il murmurait, tout doucement, cruellement, insidieusement, violent comme le plus doux des poisons :

    « Tu m’appelles Kitten, Nev’, mais tu ne sais rien de moi, si ce n’est ce que j’ai bien pu te dire. J’aurai pu te raconter n’importe quoi. Je pourrai m’appeler Satoshi, avoir cinq ans de moins, être juste un gamin perdu, avoir une maison, jouer la comédie. Je pourrai ne rien y connaître en théâtre, je pourrai juste être un foutu menteur, un foutu bon menteur. Je pourrai même avoir le SIDA, toi, tu n’en saurais rien. Alors c’est mieux pour toi si tu disparais. »

    Et Kitten se moquait bien de la façon dont Nevaeh disparaissait. Et Kitten se foutait pas mal de la façon dont il s’en allait. Il pouvait bien fuir Chû, il pouvait bien s’enfuir là, même, Christopher s’en moquait pas mal. Mais qu’il cesse de le suivre, mais qu’il cesse de le harceler. Parce que l’américain ne le supporterait pas. Il avait déjà trop donné, sur l’autel de l’affection, il y avait déjà sacrifié trop de temps et de douleur. Il ne voulait plus. Il ne voulait plus que ça recommence, plus que ça se passe comme ça. Et Chû n’arrivait pas. Et Chû traînait. Et plus le temps passait, et plus Kitten perdait pied, tremblant de tout son long, face à Nevaeh, face à lui. Parce que c’était trop fort, parce que c’était trop dangereux. Et il donna un violent coup de pied dans la benne à ordure, éclair vicieux de colère dans les yeux. Et le voilà qui se collait contre Nevaeh, front contre front, dent serré, corps tremblant. Le voilà qui inspirait son odeur, qui fermait bien trop fort les yeux, qui n’en menait dès à présent plus large. Et les clés tintèrent entre ses doigts, alors qu’il détournait les yeux, alors que, lèvres rageusement collées contre les autres, chair de poule le long de la colonne vertébrale. Et les menottes qui tombent au sol alors que Christopher se décolle, alors qu’il le défie et le foudroie du regard, s’affalant contre la benne, à nouveau :

    « Maintenant casse-toi, Nev’. Je me moque pas mal d’où tu vas, mais casse-toi. Je veux plus te voir, fous le camp. S’il te plait. Fous le camp. »

    Parce que ses nerfs lâchaient, que son coeur tapait trop fort. Parce que Nevaeh lui faisait définitivement trop d’effet.

    Parce que l’avoir dans sa vie était intolérable.

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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Mar 2 Nov - 21:18

Can't get back.
A loser of the uncontrollability.
Enjoy a vulgar play !

    Se pincer les lèvres n’était sans doute pas suffisant pour se retenir d’hurler de rire. Cela allait sans dire qu’il était le meilleur manipulateur, le roi de la persuasion, dans l’histoire. Il dominait d’une main de fer, et en être conscient pourrait le faire bander s’il n’avait pas un minimum de tenue. C’était tellement bon de le voir hésiter ! Et cela grâce à quoi ? Grâce à ses mots insipides, à son ton affreusement dur et sec. Grâce à son corps à moitié nu qui s’offrait à lui probablement. Je vous le demande, qui pourrait le vendre, sérieux, sans penser une seule seconde à le garder pour lui, hm ? Nevaeh savait bien que personne n’en serait capable. Il fit claquer sa langue contre son palais délicat, encore attaché alors. Ah, que les yeux de l’autres étaient beaux ! Bon, les siens à lui étaient bien plus agréables à regarder, deux saphirs somptueux en outre, mais ceux de l’américain étaient juste deux foutus iceberg qui lui prodiguaient ce regard glacial et tranchant… Brrrrr. Excitaaaant. Il en frissonna. Juste avant de manquer de s’étrangler quand il parla de jeu vidéo. Nev’ haussa un sourcil en penchant la tête, le laissant doucement dire. Après tout, c’était tout de même plus bidonnant de se faire passer pour un abruti total qui n’a rien compris pour mieux frapper après, non ? Kittou avait-il compris que l’anglais agissait de la sorte depuis le début pour le déstabiliser puissance mille juste ensuite ? Ou alors lui aussi jouait à ce petit jeu ? Nan parce que sinon on n’a pas fini, hein, juste qu’ils continueraient dans cette voie encore, et encore. Et encore. Juste éternellement. Après réflexion cela pourrait être amusant, délectable, même ! Mais, à l’instant on ne saurait pas qui gagnerait la partie. Et ce serait frustrant pour Nev’ de ne pas savoir, même s’il sait qu’il remportera toutes les manches haut la main.

    Mais l’homme ne décrocha pas la mâchoire. Oui, il était grande gueule, mais pour la cause, il attendrait qu’on le détache. Un point c’est tout, voilà ! Et il se foutait que Kitten hésite en son for intérieur, il se foutait que Kitten se fasse du mal dans ses choix, dans ses doutes. Lui, il voulait juste avoir une mesure d’avance, le narguer alors qu’il est sans cesse devant lui dans leur course folle. Lui faire un doigt d’honneur alors qu’il franchit la ligne d’arrivée et pas l’autre. Ça, c’était une belle image ! Il esquissa un sourire béat au moment où, cette fois, l’autre l’embrassa. Il en profita grandement pour lui sucer les lèvres et onduler des hanches contre lui. Mais il se décida juste enfin à le relâcher. Et à faire genre « je ne te connais pas, on s’est jamais rencontrés ».

    « Ne sois pas en colère, dis donc ! », dit-il en se frottant les poignets. Et il commença à refermer sensuellement son kimono. « Tu parles de jeu vidéo, mais au final, le héros de ton jeu vidéo, c’est toi. Comment peux-tu prétendre être assez doué pour jouer MON personnage, hm ? T’es une raclure, ne l’oublie pas, ♥ tu ne peux donc pas faire cela, vois les choses en face. » Il s’inclina après avoir refermé son obi, bien bas, même. « Ravi de te rencontrer, alors, Satoshi ! » Il ricana amèrement. « Ne te moque pas de moi. Tu n’as absolument rien d’un ‘Satoshi’, et puis d’ailleurs, je ne suis pas sûr que tu connaisses la devise monétaire du pays où tu te trouve actuellement ! » Il passa la main devant sa bouche pour bâiller avec glamour. « Oh, et puis, laisse-moi te dire que tu ne sauras jamais comment je vais agir. Et pour l’heure… »

    Comme l’autre semblait plus ou moins désarmé, il en profita pour attraper brusquement la paire de menottes qu’il tenait pour l’attacher à son tour à la gouttière, ce qui correspondait bien mieux au teint de Kittou qu’un téléphone portable ! Il gonfla les joues. Le traîner de la benne à son lieu de détention provisoire avait été facile, au final. Un poids plume ! Et puis Nev’ avait été entraîné dans sa jeunesse à soulever des personnes plus ou moins fortes et lourdes de muscles aussi, au passage. Puis il se colla devant lui, poings sur les hanches, et au possible à une distance de sécurité qui protégeait ses précieux bijoux de famille d’un éventuel coup de pied chaussé de rangers perdu dans la nature.

    « … Pour l’heure, je n’ai pas envie d’accéder à ta requête fantasque, mon brave ami. Sache que dans l’histoire, c’est moi qui décide de jeter ou pas, de partir ou pas. Je ne te ferai guère de traitement de faveur parce que tu es un américain qui en plus a l’air de faire une sacrée crise d’identité ! » Si Nevaeh avait eu un calepin, il aurait noté les aspects étranges du caractère de Kitten sur plusieurs pages. Il se pencha sur lui en esquissant un sourire des plus mauvais, mais aussi des plus beaux sur ce faux visage d’ange. « Je me fiche éperdument de qui tu es en réalité, ou même de ce que tu es. J’ai envie de décider de ce que tu seras. Un jouet est trop familier… » Ses yeux roulèrent lentement dans ses orbites. « Cela dit, je n’avais jamais tenté la zoophilie avant d’être entré dans ce club SM dont tu m’as sauvagement tiré… Si tu étais mon chat, ça pourrait le faire. »

    Il souleva son menton et ses lèvres se réfugièrent contre son oreille, pendant que ses mains agiles soulevaient son T-shirt et déboutonnaient déjà son pantalon défoncé. Et il murmura d’un air doucereux, d’une voix rauque et excitée :

    « Mon fantasme serait que tu miaules de toutes tes forces dans mon pieux, you know why ? » Son regard se planta dans le sien. « Parce qu’à ce moment, le glas de ma victoire aura définitivement sonné. Rendons les choses plus amusantes, veux-tu ? Au moment où tu ronronneras, où tu miauleras, où tu cèderas face à moi, ça sera le moment où tous tes paris, défis et autres trucs stupides finiront en cendres. Et j’aurais touché le jackpot. »

    Kit ou double. Le british adorait surenchérir.


Dernière édition par Nevaeh E. Skyless le Lun 3 Jan - 18:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Dim 2 Jan - 16:49

I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.


    Des mots comme des aiguilles de douleur. Ça murmurait dans ta tête, Christopher, ça frissonnait, ça tremblait, où as-tu mis ton amour propre, Junky ? T’en avais plus que ça, pourtant. Tu te battais mieux que ça, avant. C’était pas un foutu bridé qu’aurait pu te soumettre, hein ? Et pourtant. Pourtant tu baisses la tête, collé contre ta gouttière, le regard rivé sur le mur devant toi, pourtant tu le laisses dire, pourtant tu le laisses faire. Et il te susurre ces mots de catin alors que tu jubiles. Oui, au fond, tu jubiles. Tu ne le pensais pas si stupide, tu ne le pensais pas si prévisible. Et pourtant. Et pourtant, au final, il tue ton envie. Il te dit ce qu’il faut, il te fait l’effet qu’il faut. Petit à petit, tes velléités s’éteignent, ton sourire s’élargit. Ton ego est démesuré, dirty cat, et tu le sais. C’est là-dessus que tu joues, c’est sur cela que tu comptes. Tu te manipules consciemment. Tu te tritures le cerveau. Tu fais de toi ce qui te chante. Et tu vaincs. Parce qu’à présent, tu n’es plus que répulsion. Alors tu secoues la tête, alors tu t’agrippes à autre chose. Et c’est une voix qui t’alpague, qui se niche dans ta tête avec délice, investissant les synapses de ton cerveau. Il parait que c’est la voix de Lyle. Il parait que tu le connais. Toi, tu ne sais plus.

    T’sais Kitten, c’pathétique, là. T’as cru voir la vierge et au final t’es r’tombé. Le choc est rude j’espère. Pathétique. Pathétique. Pathétique. C’toujours comme ça avec toi. Tu t’emballes, tu t’emballes, tu t’emballes. T’avales de l’oxygène à faire exploser tes poumons noirs et tout c’que t’y gagnes c’est d’passer pour un abruti. Abruti qu’t’es r’marque. C’désagréable pour tout le monde de te voir tirer cette tête. Alors r’dresse les yeux, alors sois un peu digne pour une fois, alors sois potable. C’quoi c’sourire timide ? Tu t’es pris pour qui ? T’es plus une pucelle d’puis longtemps Christopher et même si t’en étais une personne voudrait de toi. Hey Chris. T’es laid. Ravale ta salive. Sois moche et réplique. Explose lui sa tronche, boy, bourre-lui son visage de pute de grands coups de pompes. Allez Kitten. Reprends-toi. T’es un homme ou pas ?

    Fais ce que tu sais si bien faire.


    Il l’écoutait parler en serrant fort les lèvres, l’écoutait débiter conneries sur conneries sans réagir le moins du monde. Il aurait pu qualifier ça de Black Out, il aurait pu qualifier ça de débilité profonde. Il s’en foutait pas mal, au fond ; ça n’avait aucune importance. Alors Nevaeh continuait à parler, à le prendre de haut, à penser qu’il n’avait pas conscience du petit jeu auxquels ils jouaient, alors Nevaeh continuait d’être lui, putain absurde et méprisable. Cela allait parfaitement à Kitten. Il aurait moins de scrupules. Il aurait moins d’envie. Il ne risquerait pas de s’attacher, de se fondre dans la masse, de risquer une nouvelle fois d’être celui qui reste sur la touche, solitaire et désespéré. Parfait. Un sourire flotta sur ses lèvres alors qu’il se redressait, les mains collées derrière sa nuque, la tête penchée en arrière, sardonique poupée de verre à la peau rêche et coupante, aux os saillant tant la maladie a rongé la moindre once de graisse, tant le manque fait de toi un zombie. Ce n’est pas important. Ça ne le sera jamais. Quand bien même est-ce lui qui te regarde.

    T’sais Kitten c’pathétique, là. Il parait que t’ressens des trucs mais moi j’y crois pas. T’as jamais rien r’ssenti, t’es qu’un p’tain d’égoïste qui part sans demander son reste et c’comme ça que tu d’vrais rester. T’as rien à faire là, t’as rien à faire avec lui et t’sais très bien comment ç’va finir. Il va te quitter. Il va t’laisser. Et toi tu crèveras comme un chien dans ta ruelle. Mais tu t’en fous hein ? Toi t’es un boss, toi t’as pas peur de mourir, hein, Christopher ? C’le mensonge que tu t’répètes en boucle tous les soirs, hein, Christopher ? J’ai pas peur de la mort, j’ai pas peur de la mort, j’ai pas peur de la mort. Foutaises. T’es qu’un trouillard, Kit, un foutu trouillard. De ceux qui m’colle la gerbe.

    Cap ou pas cap de jamais l’aimer ? Cap ou pas cap de plus jamais céder ? Cap ou pas cap d’un jour le tuer ?


    Cap.

    En tout cas c’est ce qu’il dit. En tout cas c’est qu’il pense. C’est pour ça qu’il prend subitement Nevaeh de haut, le visage tordu en un rictus sarcastique, les yeux plongés dans les siens comme si ça avait une quelconque importance. C’est les mots qui effleurent, les mots qui roulent dans sa gorge avec tendresse. Parce qu’il n’y croit pas le moins du monde, parce que ça le fait rire, d’imaginer ça, au fond. Lui miauler dans le lit de Nevaeh ? Et puis quoi encore ? Ça n’arrivera pas. Rien de tout ça ne se reproduira. Parce que lorsqu’il sentira qu’il y a des risques, parce que lorsqu’il pensera aux conséquences, Kitten prendra la fuite. Parce qu’il file, qu’il se défile, qu’il est là et plus jamais tout à la fois. Parce qu’il s’en moque, Kitten. Parce qu’il nie. Il se ment à lui-même avec ferveur, se protège sans rien dire. Ce n’est pas un mensonge, argue-t-il. Juste de l’omission. Uniquement de l’omission. Il se taira sur son cœur qui accélère, sur son corps qui ne semble rien demander d’autre. Il se taira sur sa gorge qui s’assèche, il niera sur tout ça. Il ne se laissera pas prendre au piège. C’est pour ça qu’il ose, c’est pour ça qu’il risque.

    « Le jour où ça arrivera, tu pourras faire ce que tu veux de moi. » Il déglutit. « Mais n’y compte pas trop. Parce que dès que je pourrai, je m’en irai. Que ce soit dans trente secondes ou dans trois ans, maintenant ou plus tard, je partirais. Quand tu baisseras ta garde, au moment où tu t’y attendras le moins, je disparaitrais. Au moment où tu croiras refermer tes doigts sur moi, j’aurai déjà filer. » Il penche la tête sur le côté, il provoque. Il chuchote. « Je serai déjà trop loin pour toi. »

    Et il rit à s’en déchirer la gorge, à s’en briser le corps, ça secoue tout son corps de brindilles asséchée, ça parcourt ses veines, ça le rend vivant. Il prend forme, ses contours se font plus net et, pour la première fois depuis le début, il semble mettre un pied dans la réalité. Et c’est très désagréable. Haut-le-cœur.

    T’es trop faible, Kitty, dieu qu’c’est pathétique. T’as cru quoi, qu’tu pouvais l’impressionner avec tous tes jolis mots ? Il s’en fout. Il s’en fout. Il s’en fout. T’qu’un numéro d’plus sur une longue liste, l’dernier avant tous les autres, t’es remplaçable, usable à merci. Il veut d’toi juste parce qu’tu résistes. Si tu pars, il trouvera quelqu’un d’autre. C’est pathétique, pathétique, pathétique Kitten. Tu t’donnes à lui, tu t’voiles la face, est-ce qu’t’auras même le courage de mettre ta menace exécution ? J’suis sûr qu’tu sais même pas. T’es qu’un putain de beau parleur, t’as plus de gueule que de couilles. Où elle est passée ta foutue rage ? T’devrais avoir honte.

    En tout cas, moi, j’ai honte pour toi.


    Lui, pas.

    Kitten, honte ? Mais de quoi ? Tout ce qu’on lui reproche n’atteint jamais son cerveau, tout ce qu’on lui murmure n’a jamais d’écho. Sa vie n’est qu’un putain de jeu qu’il peut remettre à zéro. Parce que c’est si facile de disparaître. Parce que c’est si facile d’être quelqu’un d’autre, de tout lâcher, de tout envoyer balader. C’est presque trop simple, un jeu d’enfant si séduisant, un tango sans lendemain, la vie comme elle vient. Kit, il est libre. Du moins il le croit. Kit il est pas au courant qu’on n’est jamais aussi libre que l’on croit. C’est un peu un utopique borné, un type sans avenir, la caricature même du type qui verra pas le lever de soleil de ses trente ans. Il aura tout juste frôlé la vie et il s’en foutra pas mal. On regrette pas c’qu’on connaît pas. Alors le peu qu’il a vu lui suffira. C’est triste, immonde, dégueulasse, mais c’est Kitten, on s’en satisfera. Après tout, il ne peut pas donner plus.

    « De toute façon, tu n’essayeras pas de me rattraper. Et même si tu essayais, tu ne saurais même pas où chercher. Mais pour que tu t’acharnes tant à m’avoir, Nev’, c’est qu’il doit y avoir un sacré trou dans ta vie. » Sourire fatigué, paroles acerbes. « Ce sera drôle quand tu devras le combler, faute d’avoir su garder ta proie. »

    Pas si faible que ça, moins trouillard qu’on aurait cru, il nargue, poignets sciés par les menottes, regard troubles, sourire dément. Il se doute que cela sera sans effet, que l’autre s’en moquera. Il s’en fout pas mal. Ce n’est pas le but. Ce n’est pas ce dont il a envie. Lui attend juste l’arrivée de Chû. Pour sa dose, pour tout le reste, parce que Chû est plus doué que l’on ne le croit pour crocheter des serrures, parce que le nippon a de l’or dans les doigts. Et peut-être que s’il le faisait boire après, Kitten pourrait lui faire oublier qu’il n’a pas de frics pour sa dose mais que son corps peut bien payer. Allez savoir.

    C’de pire en pire, Christopher. De pire en pire. T’es haïssable. Détestable. Pas mieux qu’ta catin de bas étage. Pas mieux moi.

    T’es pire que tout.


    Et il le sait. Alors il ne dit rien lorsque des pas se font entendre dans la ruelle. Rien du tout.

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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   Lun 3 Jan - 19:15

Soyez les bienvenus,
Dans la maison close de rêve
De Madame Rosa...



    Les bras croisés, l’air d’être simplement l’homme de la situation, le plus puissant et le plus intelligent du monde, Nevaeh lorgnait Kitten en haussant un sourcil incrédule. Ce dernier avait en effet l’air un peu trop perdu dans ses pensées. Songeait-il au corps magnifique de l’anglais en train de le faire grimper aux rideaux ? Après tout, qui n’y avait pas songé une fois que c’était déjà arrivé ? Et puis repenser à sa voix cassée en train de partir dans des tons improbables était totalement délectable. C’avait été une grande victoire pour Nev’, mais trop petite encore par rapport à ce qu’il voulait. Il en voulait toujours trop, malheureusement. S’il devait choisir entre des vêtements hors de prix et se nourrir convenablement, c’est dans un haussement d’épaules qu’il répondrait bêtement que c’était évident qu’il voulait les deux choses. Et puis quoi encore ? La vie est trop courte pour se priver. Ce qui explique aussi pourquoi Nevaeh voulait battre le record de conquêtes sexuelles des histoires de Saikaku. Qui croirait que cette lubie étrange de vouloir se faire tout le monde pourrait affreusement le nuire ? Il avait eu l’occasion de croiser le chemin de drôles de personnes par le passé, aux lubies plus étranges encore que les siennes, à mettre un point d’honneur sur l’intrusion d’objets insolites et autres calcinations de chair, aussi somptueuse et douce soit-elle. Il n’aurait jamais pensé au poison viscéral dont Kitten était l’héritier avec tout ce qu’il avait déjà vu et sa tendance à trop s’amuser pour quelqu’un de son âge, qui devrait songer à se ranger. C’est tapant du doigt sur son bras couvert d’étoffes de couleurs affriolantes qu’il dévisageait l’autre, comme encore défoncé. Ça ne retombait pas si vite que ça, alors, l’effet de planer et d’halluciner ? Nev’ ne consommait pas assez de drogues pour savoir. C’était juste occasionnellement. Et surtout avec une prostituée américaine dont je tairai le nom pour l’instant, qui s’amusait à lui refourguer un peu de sa camelote en échange d’un peu de chaleur pour un soir et d’une douche et/ou d’un peu de bouffe. British, mais pas que. Il savait être bon samaritain, en quelque sorte, quand il en tirait évidemment profit.

    Mais quand ce sale Yankee se manifesta, alors là, ce fut trop. Ses lèvres s’étirèrent avec charme pour former un sourire torve. C’était quoi cette menace ? Etait-ce seulement sensée faire quelque chose à notre métis ? Non parce que ça relevait de la blague plus que d’une phrase qui faisait peur. Et l’entendre rire était encore plus pitoyable que le reste. L’homme s’accroupit, toujours à cette distance de sécurité d’un coup de pied de l’autre, et se lécha les lèvres en haussant les sourcils, l’air toujours trop sûr de lui.

    « Et là, je suis sensé pleurer toutes les larmes de mon corps et hurler pour retrouver ma maman parce que j’ai trop peur ? Tu m’insultes ! » Il prit un caillou qui traînait à côté de lui et le jeta sur l’autre, l’air d’un gamin pas terminé. « Ce que tu veux, là, c’est que je te dise que non, c’est moi qui pars, parce que j’aime te contredire et que tu le sais, hm ? Tu aimerais tellement que je m’échappe de toi, parce que toi ton trip, c’est pas la beauté, ni la classe, comme moi. » Il se releva et montra un chat non loin qui faisait les poubelles, le corps décharné et des touffes de poils en moins : « C’est quelque chose qui te ressemble que tu veux, et au possible quelqu’un sans trop de caractère pour pouvoir le dominer, parce que, chéri, t’as un sérieux complexe sexuel je crois ! »

    Après avoir lâché ses mots de son ton naturellement moqueur, il lui montra la petite clé des menottes et la mit dans sa bouche, la recrachant quelques secondes après sur Kitten d’un air négligent. Il se posa la main sur la hanche, posant à moitié, et lui lança un regard hautain.

    « Ton trip, à toi, c’est ‘personne ne m’atteint, I’m a rebel of the life, hell yeah, screw ya, je suis le meilleur même si je dors dans mes déjections’, non ? » Il pouffa de rire : « Et donc forcément en me formulant une menace, que même une fillette de quatre ans ferait mieux que ça, tu penses que je prendrai peur parce que mon petit cœur de pierre en prendra un gros coup, de ton départ sans prévenir ? Pauuuuvre chou ! » Il plaqua sa main sur son front, d’un air de tragédie grecque trop légèrement parodié, et éclata de rire : « Le pacte est fait. Mais sache que ce n’est pas en te collant que je réussirai à te voir miauler dans mon lit. C’est en te lâchant avant toi, en te laissant toucher le fond tout seul. Je me ferai un plaisir de réapparaître dans ta vie au moment où tu t'y attendras le moins. Tu n'as toujours pas compris ? Ce n'est qu'un jeu, et t'essaies d'imposer tes règles ! Pitoyable ! Mais il me semble qu’après t’avoir baisé aujourd’hui, je peux donc mettre les voiles ! »

    Il lui fit, pour seul signe de reconnaissance éternelle, un majestueux doigt d’honneur avant de tourner les talons, entendant des pas s’approcher aussi. Il esquissa un sourire et fit volte face, encore visible par l’autre à ce moment-là, et ajouta :

    « Sache que j’aime cependant ton audace, mais en tant qu’acteur, tu devrais savoir être plus méchant dans tes propos, tapette. » Et le coup de grâce, avec un petit signe de main en guise d’au-revoir : « Still, I love you ! ♥ A bientôt ! »

    Nevaeh se retourna de nouveau, fit face à un type un peu lugubre, et lui adressa un de ses meilleurs sourires, prenant même une voix féminine, et lui lécha les lèvres, avant de lui dire que son ami était entre deux bennes à ordures parce que c’était un faible, avant de filer se planquer dans un sex shop discret et où il connaissait la patronne, en espérant que son petit jeu de travesti avait pris avec le type qui s'était approché de la ruelle. Vous savez, c'est difficile de passer pour une fille, mais quand on y met la voix et avec les cheveux de Nev', c'était plus évident, tout de suite.
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MessageSujet: Re: [Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]   

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[Fuckin' Kit/YAOI] Am I your mistress, now ? [END]
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