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 Arrête de réfléchir. [Libre]

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MessageSujet: Arrête de réfléchir. [Libre]   Mer 18 Mai - 23:50

Debbie venait de monter dans le taxi qui allait l'amener jusqu'au pensionnat Shimizu, et elle était déjà plongée dans ses pensées.
Assise sur la banquette arrière, sur des sièges confortables, recouverts de cuirs, elle se demanda si toutes les voitures étaient aussi accueillantes.
« Evidemment, ils ne se déplacent pas à dos de panda, qu’est ce que tu t’imaginais ? » se dit-elle, mais l’idée la fit esquisser un sourire. Elle avait d’un coup, l’image d’un jeune asiatique sur un gros panda, presque aussi grand qu’un éléphant, qui le regardait et lui faisait signe de monter.
Mais heureusement, les taxis étaient on ne peut plus normaux, des sièges, un conducteur, et surtout la climatisation !
Il faisait très chaud en ce début d’été, mais la jeune fille adorait sentir le soleil sur sa peau, même à travers une vitre, les rayons qui lui brûlaient la peau lui faisaient du bien.
Aujourd’hui, elle avait choisi de s’habiller simplement et n’avait pas envie d’essayer d’attirer l’intention : son japonais sommaire suffirait surement !
La demoiselle s’était donc contentée de mettre un short, un tee-shirt blanc et ses chaussures favorites, des converses en jean qu’elle avait décorée elle-même, un peu aidée par Lucas.

Jusque ici, elle avait plutôt agi sur un coup de tête, sans vraiment réfléchir. Son gros sac gris glissa et atterrit à ses pieds, comme pour approuver : il ne contenait que quelques tenues, une dizaine – elle achèterait ce dont elle avait besoin sur place -, un carnet vide, son fidèle Ipod noir rangé à côté de son portable - on ne sait jamais, si l'état de Lucas s'améliorait, il faudrait qu'elle soit au courant immédiatement pour le rejoindre - et plusieurs paquets de Lucky Strikes, les rouges pour elle.
Debbie soupira, n’ayant pas réalisé à quel point ce serait laborieux de débarquer dans un nouveau pays, avec une nouvelle culture, une nouvelle langue surtout, avant de devoir expliquer sa destination au chauffeur. Elle n'avait appris que très peu de mots, dans l'avion, avant de s'endormir profondément, et n’en avait retenu aucun. Il allait falloir qu’elle bosse là-dessus.
Heureusement, elle avait imprimé une brochure du lycée, et l’avait donc tendue au chauffeur avec un air désolé. Il l’avait regardé gentiment, avant de lui rendre le papier, et de hocher la tête : il avait compris.
Elle détailla son visage pendant qu’il conduisait tranquillement.
C’était un homme d’un certain âge, au visage calme et doux. Ses yeux souriaient, et ses cheveux courts grisonnaient un peu, ce qui lui donnait un charme. Ce qu’elle remarqua, c’était ses tics : à chaque fois, avant d’accélérer, il fronçait légèrement les sourcils, faisant apparaitre une petite ride sur son front. Il lui arrivait aussi de tapoter sur le volant, même quand il n’écoutait pas de musique. Etonnement, ce geste ne trahissait aucune impatience, c’était plutôt apaisant.
Regarder la fenêtre était un automatisme, la belle demoiselle le fit sans y penser, ni vraiment faire attention au paysage.
Elle se posait des questions, se demandant si ce pensionnat lui serait bénéfique, ou si elle allait s’y perdre et ne plus jamais se retrouver.
« Comment tu vas faire, au milieu de tous ces japonais, sans pouvoir leur dire un mot ? Les regarder bêtement, en espérant qu'ils viennent te voir, et apprennent comme par magie à parler français ? Quelle conne tu fais.
Comment tu vas faire, la nuit, quand tu te retrouveras à nouveau seule ? Te recroqueviller sur toi-même en attendant le matin ? Tu n’y arriveras pas. Tu n’en as jamais été capable.
Mais il le faut. T’as plus le choix, tu es allée trop loin pour faire demi tour.
Prends sur toi.
»
Prends sur toi.
Une phrase qu’elle avait entendue pendant des années, qu’elle s’était répétée encore et encore, mais qui avait désormais perdu son sens. Elle ne savait pas faire ça.
Elle décida d'écouter de la musique, ça la calmerait, ou du moins elle l’espérait. Ses écouteurs dans les oreilles, elle opta pour du Green Day. "Holiday". Elle poussa le volume au maximum, pencha la tête en arrière, et se laissa emporter par la voix de Billie Joe.
Quand elle rouvrit les yeux, sept chansons plus tard, l’homme s’était retourné, et lui faisait un sourire apaisant et encourageant, comme s’il savait lire ses craintes. Elle vit qu'elle était arrivée, regarda son conducteur avec douceur, hocha respectueusement la tête, paya et sortit.
Devant elle apparut un immense bâtiment, elle en eut le souffle coupé.
L’entrée était immense, mais vide. Elle regarda son portable, 15h08. « Tout le monde doit être en cours » pensa-t-elle.
Avant de franchir la grille, Debbie s'autorisa une cigarette.
Elle la prit entre ses lèvres, l'alluma, et souffla la fumée par le nez. Une habitude qu'elle avait prise, uniquement pour la première bouffée.
" Regarde où tu en es. Est-ce que c'est ça que tu veux ? "
Elle penchait très lentement la tête à gauche, puis à droite. Cela l'apaisait.
Quelques minutes plus tard, elle écrasait le filtre sur le béton, mais ses doutes étaient toujours là.
" Ta gueule Debbie. Arrête de réfléchir et entre bordel ! '"
Et c'est ce qu'elle fit. La jeune fille poussa la grande barrière en fer, et entra vers une nouvelle vie.
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